Categotry Archives: Uncategorized

by

Questionnaire Littératures de l’imaginaire #2

No comments yet

Categories: Uncategorized

Et voici le retour – avec un peu de retard vu que j’ai sauté le mois de mai – du questionnaire SFFF. J’ai retiré quelques questions, puisque toutes ne sont pas vraiment nécessaire deux fois de suite (mes genres préférés n’ont par exemple pas changé). Avec le printemps, beaucoup de titres sont sortis chez la petite édition, et j’essaye de me mettre à jour à ce niveau. Vous trouverez donc essentiellement pour ce mois des titres d’auteurs, d’éditeurs français que je suis de près (et qui attendent sans doute avec impatience de connaître mes retours).

  1. Quel est le dernier livre de littérature SFFF que tu as lu ? Incursion, le dernier roman de Pierre Brulhet.
  2. Quel est le dernier livre de littérature SFFF que tu n’as pas terminé et pourquoi ? Tout va bien, je suis même parvenue à arriver au bout du T4 du Trône de fer ce qui n’était franchement pas gagné vu l’ennui qui traverse ce volume.
  3. Quel est le dernier livre de SFFF que tu as aimé mais que beaucoup d’autres gens n’apprécient pas ? Toujours aucun combat de causes perdues à mener de ce côté.
  4. Quel est le dernier livre de SFFF que tu n’as pas aimé mais que beaucoup de gens apprécient ? Apparemment, certaines personnes ne se sont pas ennuyées à la lecture du T4 du Trône de fer. Il m’a semblé que c’était pourtant une belle arnaque, pour que ses prédécesseurs.
  5. Que lis-tu en ce moment ? L’Homme de demain anthologie des Artistes Fous Associés et Aux douze coups de minuits… de Emmanuel Delporte.
  6. Est-ce que ça te plait ? Oui plutôt ! Je découvre ou retrouve pas mal de chouettes plumes avec les artistes fous et c’est aussi un plaisir de lire d’autres textes d’Emmanuel Delporte. Je l’ai découvert grâce à l’anthologie Maisons Hantées et, sans favoritisme aucun d’éditeur, je peux dire qu’il sait vraiment donner de beaux frissons d’effroi dans ce recueil !
  7. Quand as-tu acheté ce livre ? J’ai acheté le premier pendant sa soirée de lancement en mars et c’est Emmanuel qui m’a offert son recueil fin avril.
  8. Quel est le dernier livre SFFF que tu as acheté ? Là je viens d’acheter le volume 2 de Otherlands Continuum mais ce n’est pas tellement un livre, donc Le Baron rouge de Kim Newman.
  9. Quel est le dernier livre numérique de littérature SFFF que tu as acheté ? J’essaye toujours d’éviter vu que je n’ai encore lu aucun titre de tous ceux que j’ai déjà achetés !

by

[College Boy] Une panne d’inspiration ? La violence engagée, c’est toujours sexy

4 comments

Categories: Uncategorized, Tags: , ,

college boy imgJ’écrivais il y a quelques semaines une critique assez mitigée du dernier album d’Indochine. Avec la mini polémique suscitée par le dernier clip (College Boy), mon sentiment reste très partagé. Oh, rassurez-vous, je ne la ferai pas dame effarouchée du CSA, à vous parler d’une violence insoutenable qui risque de traumatiser chaque enfant à vie, et autres dangers fictifs que l’on se plaît à inventer dans ces moments. Seulement, le court métrage ravive une fois de plus des débats sur la liberté de l’art, avec des arguments assez réfléchis pour être soutenus par un collégien dans une rédaction de français. La défense de Nicola Sirkis est faible, celle de Xavier Dolan (le réalisateur) ne vole pas plus haut et, comme ces deux là se targuent d’apporter un grand message à nos sociétés, c’est un peu ennuyeux.

Pour ceux qui seraient passés à côté du clip, il y est question de harcèlement à l’école et, plus spécifiquement nous dit-on, d’homophobie. Un adolescent souffre donc de la méchanceté de ses camarades jusqu’à se faire, en vrac, pisser dessus, crucifier dans la cour, enguirlander, et tirer dessus par une bande de petits voyous pendant que les autres ont les yeux bandés. Face à cette surenchère de « regardez comme ils sont méchants et violents ! » cette dernière métaphore est peut-être la seule à faire mouche et à susciter un véritable sentiment de malaise. Et s’il n’en fallait pas plus pour frapper les consciences ? Ah ? Les gens peuvent donc se passer de matraquage pour comprendre ?

Sur la persécution liée à l’homophobie, je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec un clip de Sigur Rós qui traite plus ou moins de la même question…
Pas d’effusion de sang, juste des symboles, une tension palpable et les images se retiennent, soulèvent quelque chose de fort en nous et laissent une trace qui demeure longtemps après le visionnage. Pour preuve, je garde toujours un souvenir assez poignant de cette découverte. Rien de tout cela ne se passe avec College Boy, et j’en viens au point qui m’agace le plus : la paresse intellectuelle de plus en plus visible des artistes qui cherchent la transgression et qui, quoiqu’ils en disent, arrivent juste avec leurs gros sabots pour faire du mauvais.

Créer de fausses polémiques sur l’aspect prétendument insupportable des images c’est donner raison aux artistes grâce à une conclusion simpliste très en vogue : « Si cela vous dérange, alors j’ai mis un doigt sur un point sensible. » Les détracteurs s’emballent, s’enfoncent dans les replis du défenseur des bonnes mœurs et personne ne posera jamais les bonnes questions.
Non, une fois pour toute, faire réagir les gens avec de la violence brute – aussi bien filmée soit-elle – ne garantit pas la pertinence d’une œuvre d’art. Choquer n’est pas toucher ni déranger (si l’on veut atteindre le subversif). Une représentation de la réalité ? Elle est trop exagérée pour fonctionner, trop bêtement franche pour susciter autre chose que de la colère chez les « coupables ». Pire est le sens d’une œuvre lorsqu’il nous apparaît progressivement. Il serait bon de remettre un jour à leur place les agitateurs autoproclamés qui s’imaginent encore réveiller les consciences avec du « trash ».
Comme ils le disent d’ailleurs si bien pour se justifier, nous en sommes gavés à longueur de journée. Bien. Curieux aveuglement que ne pas voir l’inutilité de cette démarche lorsqu’on est capable de cette observation. Ce n’est pas en allant dans le sens commun, en utilisant les mêmes outils que ceux que l’on veut dénoncer, que les choses bougeront. Ça fera du bruit, pour le petit côté scandale. Et ensuite ? On oublie, un caillou de plus dans la tourbe artistique médiatisée.

Dans le cas de ce clip d’Indochine, autre chose me dérange profondément, et je pense que, finalement, College Boy m’aurait laissée  indifférente, serait passé aussi à côté de la vigilance du CSA, sans cet élément. Je suis assez étonnée que personne n’en parle, qu’on ne pointe pas du doigt le pire du clip, illustration même de toute la mauvaise foi de Sirkis et Dolan (même si je ne mets pas en doute leur bonne volonté). Entre toutes les sévices, la plus brutale est évidemment la crucifixion, le reste n’étant qu’une surenchère assez inutile pour enfoncer le clou (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots.)
Analysons ce choix de plus près, puisqu’il n’a rien d’anodin… Deux segments deviennent possibles. Le premier, le plus évident, est de jouer sur la thématique chrétienne du martyr, ou, plus loin encore, comparer ce pauvre adolescent à une sorte de messie. L’ennui, c’est qu’à force de vouloir surjouer le pathos, plus rien n’a de sens. Arrêtons les envolées lyriques un instant. Un martyr, dans la vision chrétienne,  n’est pas une personne qui se contente d’être persécutée mais quelqu’un qui préfère se laisser tuer plutôt que renoncer à sa foi. Foi en quoi ici ? Canoniser un enfant dont le « crime » est d’être différent me semble jusque quelque peu… ridiculement exagéré. Et, d’un autre côté, pourquoi cette imagerie religieuse ? Pour montrer aux vilains croyants qu’ils font subir aux homosexuels les mêmes tortures qu’à leurs chères idoles ? Franchement, je doute que ce scénario digne d’un lycéen dont l’agenda se constelle de pentagrammes ait quelques effets sur les intéressés. Au contraire, une fois encore, rien de tel pour faire bouillir en eux les esprits les plus obtus.
Voir en quelques minutes un garçon subir sans transition tant de violence, n’est pas insoutenable, c’est juste ridicule et grossier. Je suis même déçue puisque le clip était assez prometteur jusqu’à cette scène. J’ai l’impression qu’un réalisateur essaye de m’enfoncer un message dans le crâne à coups de burin faute d’avoir trouvé un chemin détourné pour créer du sens, faire un véritable objet d’art en fait. Dire ensuite qu’on ne s’attendait pas à une telle réaction de la part des médias me fait doucement rire. Mais, après tout, ce n’est peut-être qu’une preuve supplémentaire de la naïveté assez puérile de Sirkis et Dolan.
Que des gens se sentent rassurés, entendus, grâce à ce court métrage, tant mieux. Il y en aura toujours, surtout dans le jeune public du groupe. J’aurais sans doute trouvé cela cool à 15 ans. Mon problème, c’est que Sirkis a 50 ans passés, et que l’on pouvait peut-être attendre un peu mieux de Dolan (qui a déjà fait des choses plutôt bien).

Faux débats, fausse subversion, victimisation mal dosée, … Ma critique tombe sur Indochine, qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. A chaque nouvel album, c’est désormais une sorte de tradition, le groupe dédie toujours au moins une chanson à l’homosexualité ou à la transsexualité. Mais, comme le reste de l’album, College Boy me fait, tout au plus, hausser un sourcil très sceptique… Mieux traité, le sujet n’avait nullement besoin de frôler la censure. Or, la prise de risque ne me semble pas justifiée. Je considère que c’est un échec.
Trêve de paresse créative et de primitivisme. Scandaliser les esprits les plus conservateurs pour se vanter d’avoir réveillé des attitudes très violentes ? Nous ne sommes pas au cirque (du moins, j’aimerais le croire). Le bon sens tendrait à me faire croire qu’on gagne bien plus en troublant ces personnes que l’on dénonce intrinsèquement. Nous aurions pu parler d’un clip bouleversant, ne reste que l’image d’un garçon aux veines explosées par des clous. Cela vous convient ? Pas moi.

by

Le tag démoniaque

1 comment

Categories: Uncategorized

Comme la prochaine chronique littéraire risque de se faire attendre (je lis beaucoup de choses, mais rien qui puisse faire l’objet d’un article) voici un questionnaire plus ‘ludique’ sur lequel j’ai été tagguée le mois dernier par  Chinchilla. Je vais donc essayer de me prêter à ce jeu étrange…

Les règles :

– Poster les règles sur le blog
– Répondre aux 11 questions
– Inventer 11 nouvelles questions
– Partager le tag avec 11 personnes en mettant un lien vers leurs blogs et leur annoncer la nouvelle !

Mes réponses :

1) Quel est ton auteur préféré et pourquoi ?
Un seul auteur ? J’aurais bien du mal à faire un choix, trop de noms ont une place assez particulière dans ma « vie ». Mais, pour n’en garder que trois (c’est déjà assez difficile) je donnerais ceux que je cite le plus souvent (me semble-t-il), Georges Bataille, Balzac et Francis S. Fitzgerald.

2) Quel est ton parfum de glace préféré ?
Noix de coco.

3) Quelles sont tes névroses ?
Une certaine anxiété je suppose.

4) Dans quel pays aimerais-tu vivre ?
Allemagne.

5) Y a-t-il des émissions de télé honteuses que tu aimes regarder ?
Oui, il faut toujours se tenir informé des référents du petit peuple pour savoir contre quoi s’élever.

6) DC ou Marvel ?
La grande fan de l’univers x-men que je suis pourrait répondre difficilement autre chose que Marvel.

7) Le dernier livre que tu n’as pas réussi à finir ?
Il y a quelques livres mis en pause depuis 1 an faute de temps (le souci de commencer un tas de lectures en même temps à cause des exigences universitaires) par contre, je crois pouvoir dire qu’après trois ans de « pause » je ne reprendrais jamais Les versets sataniques, le style m’a vraiment trop ennuyée.

8) Tu parles combien de langues ?
On va dire trois avec le français, l’italien (que j’ai peu d’occasions de pratiquer) et l’anglais (plus en théorie qu’autre chose).

9) Une nouvelle série à me conseiller ?
Etant donné que je regarde à peine une série entière par an ça sera difficile !

10) Si tu pouvais voyager dans le temps, tu aimerais retourner dans le passer ou découvrir l’avenir ?
Pour l’instant, je vois un futur plus qu’un avenir… Donc je retournerai complètement dans le passé. Pas trop loin non plus, disons début XXe.

11) Quels sont tes films « doudou » à regarder en cas de déprime ?
Je n’en sais trop rien. Si je déprime vraiment j’ai tendance à m’aliéner un peu dans des dessins-animés.

Mes questions :

1) Un livre qui, d’une certaine façon, a changé ta vie ?

2) Si tu devais avoir le pouvoir d’un personnage de fiction connu, lequel prendrais-tu ?

3) Ton voyage pokémon va commencer, quelle créature t’accompagnera dans ton périple ? (légendaires exclus bien sûr)

4) Y a-t-il une personne célèbre que tu aimerais rencontrer par delà la mort ?

5) Si tu pouvais te coiffer du choixpeau de Poudlard, que voudrais-tu l’entendre crier ?

6) Une ville, un lieu dans lequel tu ne veux vraiment plus retourner ?

7) Plutôt neige ou soleil ?

8) En quel animal pourrais-tu te réincarner ?

9) Un jeu vidéo qui a marqué ton enfance ?

10) Quelle est la dernière chanson vraiment nulle que tu as eu en tête ?

11) Et sinon, le corps dans la cave, on en fait quoi ?

Les tags :
Le terrible Dany the Red, Laura, Nyx, Ashaya, luckyxclover, Nadège, Dallas, Neault, Elsinka, Tim, the travelingirl

by

Littérature infantilisée, contre l’ennui et les mots compliqués

8 comments

Categories: Uncategorized, Tags: , , , ,

Une expression très à la mode chez les éditeurs et commerciaux est apparue ces derniers mois pour parler d’un phénomène qui, avec des titres comme Hunger Games et Twilight, frappe le monde du livre ces dernières années : la littérature dite pour jeunes adultes.

bouquins20

Dans dix ans parents et enfants pourront se prêter leurs livres !

« Je ne veux pas grandir ! »

Avec un public vieillissant peu décidé à se tourner vers des genres plus matures, il fallait bien y venir et encourager les 20/30 ans à acheter les aventures de quelques héros adolescents. Au-delà de la qualité très relative de ces séries – qui rejoignent de toute façon les autres romans populaires – je trouve la démarche marketing assez préoccupante. Pourquoi ? Me dira-t-on. Parce qu’un texte adressé à des enfants ou à des adolescents ne devrait pas parler de la même façon à des adultes. J’ai aimé Harry Potter et A la croisée des mondes plus jeune, mais je ne pense pas que ces livres me toucheraient autant si je les découvrais maintenant que mon imagination et rapport au monde sont devenus plus complexes. On ne me fera pas croire avec un changement de collection que, finalement, toutes les tranches d’âge peuvent les apprécier de la même façon… Néanmoins, la démarche fonctionne assez bien. J’ai le sentiment depuis quelques années d’une infantilisation du lectorat et, quoique ça fasse vendre et assure une certaine survie au livre, je n’y vois aucun motif de réjouissance, bien au contraire. Que personne n’en parle m’étonne beaucoup. Donc, polémiquons un peu mes chers car, soyons francs, je rejette de toute mon âme ces nouveaux sous-genres bâtards que sont la littérature pour jeunes adultes, la bit-lit et la chick-lit (que du bonheur quand on nous rabâche les oreilles avec l’égalité des sexes !).

Une littérature qui se lit vite avec pour seul objectif celui de divertir a favorisé l’émergence d’une blogosphère très riche où nombre de personnes peuvent se prétendre grands lecteurs (on voit la même chose, à peu de chose près, du côté des consommateurs de séries et films à succès qui s’imaginent déjà critiques de cinéma). Le but n’est plus de juger la qualité ou la pertinence d’un texte mais de savoir si oui ou non les personnages sont attachants, si le roman se lit bien – comprendre : une écriture assez simple pour moi – et si l’intrigue est prenante. La problématique se résume à : ce titre est-il un bon produit ? Répond-il efficacement aux critères normalisés de l’écriture d’une saga à succès ? On évalue sa capacité à amuser.
Je ne doute pas que les amateurs du genre soient de bons conseillers pour ceux qui cherchent ce type de lecture. Ils en ont assimilé les codes et savent reconnaître un bon titre d’un autre. Un texte léger de temps en temps ne fait jamais de mal. L’ennui, c’est que, parfois, ces consommateurs frénétiques vont vers une littérature de fond (c’est-à-dire, une littérature où les péripéties des personnages ne sont pas une fin mais le moyen d’amener une réflexion critique). En recherchant ce qui, à leur sens, fait un bon livre, ils vous rangeraient Les illusions perdues de Balzac  dans les romans désagréables, alourdis d’une intrigue trop lente et de personnages peu attachants. Une lecture dont on se passerait bien.

Un vieux ringard obligé de se rendre intéressant pour cacher l'ennui de sa prose.

Un vieux ringard obligé de se rendre intéressant pour cacher l’ennui de sa prose.

La distraction à tout prix ?

Voir ces critères appliqués à un monument de la littérature fait doucement sourire. Nombre d’études et chroniques sérieuses seront là pour vous dire le contraire, ce n’est pas dramatique. Mais ces billets font surtout un sort aux bons auteurs moins connus, notamment à cause de partenariats avec les maisons d’éditions.
Obtenir un partenariat n’est pas très compliqué, il suffit d’avoir une dizaine d’articles sur son site. Pour le reste, les maisons semblent assez peu regardantes. Du coup, lorsque je fais des recherches sur des œuvres méconnues du grand public, je suis de plus en plus dérangée par les critiques ineptes qui arrivent au top des recherches.
L’article sur Ces corps vils m’a poussée à écrire ce billet. Les larmes brûlaient mes yeux à cause de bloggueuses qui le conseillaient aux amateurs de « gossips » en précisant que l’écriture était vraiment compliquée et ennuyeuse, et, en omettant, évidemment qu’elles étaient face à un livre de 1930 et non des années 2000… J’ai beaucoup de mal à voir l’intérêt commercial derrière. Les rééditions sont toujours une joie pour les amateurs de littérature mais, l’appréciation d’un roman non-contemporain qui mérite de survivre à l’oubli du temps demande souvent une remise en contexte. Attirer les lecteurs est essentiel, mais si les chroniqueurs n’ont pas les outils pour apprécier une œuvre et sont, par conséquent, suivis par des personnes qui n’en ont pas plus, la démarche tombe à l’eau, le grand public passe à côté. Je vais prendre l’exemple d’un livre que j’ai mis un certain temps à digérer, Mrs Dalloway de Virginia Woolf. Imaginons-le sous la plume d’un auteur laissé de côté par les éditeurs ces dernières années… Avec des partenariats aussi aveugles, aucune chance pour attirer le lecteur qui, intrigué par la quatrième de couverture, cherchera des critiques sur internet avant de lire.

Aujourd’hui, tout le monde peut se prétendre critique. Le travers de cette ouverture est qu’avec la course à la popularité, elle ne favorise plus la qualité, mais la recherche d’une petite gloriole sur internet. Finalement, le partenariat avec les éditeurs tend à exclure peu à peu la visibilité de romans plus ‘intellectuels’. Après tout, poussons le cynisme au bout, s’ils sont trop difficiles pour le lecteur lambda, pas de raison de leur faire une meilleure publicité, le but est de vendre, pas d’intéresser les gens. Tout a l’air trop compliqué pour les gens aujourd’hui, à faire douter du succès populaire d’un Conan Doyle ou d’un Alexandre Dumas. On me dira “c’était une autre époque, ce n’est pas comparable”. Oui, la manière d’appréhender le monde a changé, mais cela ne justifie pas l’épuration du langage et du fond ou, en tout cas, ça ne devrait pas.
Côté lecteurs-chroniqueurs, je suis assez effarée par une absence de capacité à prendre du recul et une application mécanique des codes commerciaux à n’importe quel titre. Il me semble normal, quand je ne connais pas un auteur, et surtout quand celui-ci est d’une autre époque, de chercher un minimum d’informations sur lui avant de juger son œuvre. Dire qu’un livre doit se suffire à lui-même est un postulat complètement faux lorsqu’on ne sait rien du contexte historique dans lequel il a été écrit si le texte s’appuie précisément dessus. Alors pour attirer le lectorat lambda vers les rééditions, il faudrait peut-être stimuler sa curiosité, lui donner quelques outils de compréhension et arrêter de le laisser maître en son domaine en le nourrissant avec des livres jeunesse déguisés en roman adultes parce qu’il y a un peu de sexe et de violence (je ne vise aucun phénomène récent !). Rien de tel pour entretenir l’illusion d’un avis pertinent avec des sujets simplistes et grossiers sur lesquels tout le monde peut argumenter sans jamais avoir la sensation de perdre pied. La facilité induit la paresse. Un livre bon livre qui invite à réfléchir n’est jamais abscons pour qui se donne la peine de comprendre.

by

Les souffrances des aspirants gothiques, la polémique sur “jesuisgothique”

3 comments

Categories: Uncategorized, Tags: , , , , , ,

Soyez plus tolérants, on est pas des satansites !

Soyez plus tolérants, on est pas des satansites !

Quoique fort occupée ces derniers jours, je m’autorise une parenthèse dans ma semaine pour réagir au non-événement facebook du moment qui fait quelques polémiques dans mes contacts. Si vous faites parti des quelques 480 fans de jesuisgothique, la page des VRAIS Gothiques, vous comprendrez sans doute de quoi je veux parler. Pour les non-initiés, sachez que cette page est un dérivé de jesuisgothique.com, un site humoristique sur les gothiques qui fleure bon l’internet 2.0. Dix ans plus tôt, c’était une bonne référence d’humour pour les goths et les autres, des heures de rigolade assurées. Avec l’arrivée de facebook, il semblait donc naturel de créer une page pour faire vivre cet esprit d’une autre façon, dont le contenu sert d’ailleurs d’illustration à mon billet.
Ainsi, jesuisgothique s’occupait chaque semaine de nous distraire avec les chefs-d’œuvres de ceux que j’appelle communément les « kikoogoths », une faction marginale des kikoolol qui sévit sur internet avec autant de fautes d’orthographes, et le même sens du mauvais goût en plus dark. Du coup, ils sont plutôt rigolos. Mais ils le sont malgré eux. Aussi, quand la politique du signalement donne le pouvoir à une poignée d’esprits étriqués qui voit le mal là où n’est pas sa conception du « bien », une simple page d’humour devient vite la pire aberration du web… C’est moche, c’est facebook, la loi de la masse et du plus bête.
A l’origine, je ne pensais pas en parler. Puis, j’ai vu passer dans mes actus le message scandalisé d’une « amie de » qui appelait au signalement. Jugez par vous-même !

« Merci de signaler s’il vous plait.Non seulement cette page est insultante,mais en plus l’administrateur se moque ouvertement des gens,de leur physique voir plus,mais se permet également de voler des photos non-libres de droit.Honteux.Certaines publications et commentaires m’ont beaucoup énervée! »

trop goth

Commentaire collector d’un hater : “frenchement cette image et juste tu n’y connait rien en cette matiére tu ose pas afronter la réaliter”

Bon, bon… Calmons les passions. Qu’est-il donc reproché à jesuisgothique ?
Tout est parti à cause de la publication de montages ultra-kitchs censés valoriser la profonde noirceur des figurants. Les kikoogoths étaient simplement montrés comme ils étaient, sans moquerie ouverte ni message haineux. Malheureusement, contrairement à leur cercle d’amis, les membres de cette page trouvaient ça très drôle. Parce qu’ils sont comme ça les aspirants gothiques, ils aiment s’habiller n’importe comment pour choquer les simples d’esprits, mais, si la réaction est le rire, rien ne va plus. Sûr, ça doit faire mal de devenir ridicule quand on s’imagine une classe ténébreuse.
Je peux comprendre que trouver sa photo sur la page d’un inconnu ne fasse pas plaisir. Néanmoins, pour la défense de jesuisgothique, il s’agissait de publications d’autres pages, donc sorties du cercle privé. Il serait peut-être temps d’arrêter de jouer de mauvaise foi et de reconnaître que, si l’on rend une image libre d’accès, c’est parce qu’on veut la diffuser, non ? Nous en arrivons donc à une situation absurde : des exposés volontaires se plaignent d’être exposés et de ne pas faire l’unanimité. Mais… mais seraient-ils les premiers en tort dans ce cas ? Il me semble.

Une réaction tout à fait normale face à ce genre de problème est d’écrire à l’administrateur pour lui demander de retirer les photos gênantes. Les personnes concernés l’ont fait et ont obtenu la suppression des articles qui les impliquait. Jusque là tout va bien, diplomatie entre personnes intelligentes. Seulement, quand un site comme facebook donne le pouvoir de supprimer tout ce qui contrarie un peu l’imbécile, ce n’est pas suffisant, il faut en plus lancer une campagne de lynchage. Aaaah, j’aime la justice d’internet !
Les photos ne sont plus en cause, mais tout de même, disent les plaignants, on se moque de toute une communauté ! Hélas, je crains que le groupe dont ils parlent ne soit qu’une pure fiction de leur esprit. Les gothiques sont les premiers à se moquer d’eux, et avec d’autant plus de joie qu’ils batardisent leur mouvement. Non nous n’aimons pas le métal symphonique et les pentagrammes inversés, on préfère se déhancher sur Soft Cell avec un slim léopard. Là, on se sent carrément true !

Alors, pour soutenir les Vrais gothiques, n’hésitez pas à aimer jesuisgothique, en souhaitant que la vindicte populaire n’ait pas raison de son existence.

Oui, les gothiques sont plus effrayants qu'on ne le pense.

Une certaine vision gothique de la classe. Plus effrayant qu’on ne le pense.

by

J’ai découvert The Walking Dead… Episode 1

1 comment

Categories: Uncategorized, Tags: , , , , ,

Alors qu’on parle de rediffuser la série en noir et blanc aux Etats-Unis, je viens seulement de visionner le premier épisode. Plusieurs personnes m’avaient déjà vanté les mérites du comics (que je ne remets pas en cause, faute de ne pas avoir eu l’occasion de le lire) et, la série recevait beaucoup de louanges donc… ça devait être bien, assez pour me tirer de mon ennui habituel face à ce genre de production… Il se soufflait bien ci et là que le scénario n’était pas forcément palpitant mais, qu’après tout, l’important était la réaction des personnages face à la destruction complète de leur société…

Le fantasme de l’invasion zombie qui sévit de plus en plus vivement ces dernières années me laisse sur la réserve. Certes, un film de série b du genre est toujours amusant, la perspective de se défouler gratuitement sur n’importe qui dans la rue aussi mais, tout de même, il y a une problématique de fond qui me laisse plutôt mal à l’aise. The Walking Dead proposait donc une série à l’action limitée pour mettre l’accent sur les survivants. Pourquoi pas.
J’ai regardé le premier épisode, j’en suis restée sans voix. Est-ce bien la série qui fait tant de bruit ?

Les premières minutes sont très tendues. Le zombie n’est pas encore réellement là mais on sait qu’il rôde, que ça va arriver. En attendant, la police a quelques bandits en cavale à arrêter. Les dialogues s’annoncent d’emblée de haute volée lorsque nous entrons dans une voiture de service pour rencontrer un shérif adjoint et Gros Lourd, son coéquipier. Gros Lourd, d’humeur quelque peu philosophe, tient à faire partager ses dernières observations sur le sexe faible : elles n’éteignent jamais la lumière. « C’est systématique », nous apprend-il, « ces chipies allument toutes les pièces et sont prises d’hystérie s’il faut les éteindre, pire qu’un juif à shabbat te dis-je ! » A côté de lui, la patience du shérif force l’admiration. Il abrège notre souffrance en répondant un truc pseudo profond sur la différence essentielle des hommes et des femmes et, malgré son charisme de raie manta, nous pouvons en conclure, grâce à l’assimilation d’un certain nombre de clichés américains, qu’il sera le héros de l’histoire.
Ces choses établies, il est temps de poursuivre les malfrats, et d’espérer encore lorsque Shérif se faire tirer dessus. Hélas ! le bougre survit à ses blessures. Pire ! après un long comas, le voici dans un hôpital complètement vide.
La tension revient un peu tandis que Shérif découvre à la sortie de l’établissement un sol jonché de cadavres manifestement tués d’une balle dans la tête. Un peu plus loin, nous avons droit à une vision d’horreur en croisant une femme coupée en deux qui rampe avec les intestins à l’air… mais, visiblement, notre homme ne trouve pas ça très troublant. Après une petite réflexion du genre « Tiens, elle est un peu pâlotte la voisine », il rentre chez lui et s’étonne de ne trouver personne. Ah… Mince alors, encore un héros qui ne va jurer que par sa femme et son enfant perdus, mais bien évidemment vivants (et il le sait, il n’en doute pas un instant).

"Tiens, encore une droguée...", se disait Sherif.

“Tiens, encore une droguée…”, se disait Sherif.

Fort étonné, Shérif retourne dans la rue et se prend un coup de pelle de la part d’un noir qui passait par là. Notre pauvre héros ne comprend décidément pas ce qui lui arrive ni pourquoi le noir le menace à présent avec un revolver. Non parce que… Pourquoi tant d’hostilités ? Ce n’est pas comme si, par exemple, il avait trouvé des centaines de cadavres devant un hôpital et des rues totalement vides jusqu’à chez lui. Rien, absolument rien, ne laisserait prédire, par exemple, qu’une folie homicide soudaine a frappé le monde entier tandis qu’il dormait ! S’en est trop pour Sherif qui préfère s’évanouir et se fait héberger par le noir qui est finalement un type sympa, un brave père de famille seul avec son fils. Le cliché numéro trois est entré en scène !
Comme Shérif ne comprend rien à la situation, son nouvel ami lui donne le topo et il lui faut de la patience, parce que notre héros est assez long à la détente : « Ah oui ? Les morts se réveillent et tout ? Je me disais bien que la voisine avait l’air assez étrange quand elle se traînait dans l’herbe, mais je n’avais pas du tout fait le lien ! ». Puis, nous apprenons assez vite que, si le sauveur est seul avec son fils, c’est parce que la mère a rejoint les Autres. Elle leur fait souvent « coucou » par la fenêtre la nuit puisque, bien évidemment, il est trop pénible de la tuer. Mais bon, ce n’est pas un grand problème puisque la mère et l’enfant blanc sont en vie. On laisse le petit noir pleurer un peu, histoire de montrer que c’est triste mais pas trop.
Je crois que c’est à ce moment que j’ai commencé à vraiment décrocher et à oublier que j’étais censée éprouver de l’empathie pour les personnages. Ça commençait à devenir trop drôle – ou trop américain, à choisir – pour être pris au sérieux. Je ne sais pas mais… quand on me présente une série où les personnages sont le centre du sujet, je m’attends à trouver de véritables caractères, des héros auxquels on s’attache rapidement, pas ces clichés désespérément fades et creux qui ne se distinguent que par leur bravoure et sens de la famille… Je ne sais même plus si leurs prénoms sont donnés dans l’épisode, c’est dire à quel point rien n’accroche. Bref, ils m’ennuient, je n’ai déjà plus envie de les suivre.

"Tremble spectateur, je menace un héros génial !"

“Tremble spectateur, je menace un héros génial !”

La deuxième partie de l’épisode est une violente chute dans le ridicule. Shérif retourne chez lui avec les noirs. Il sait que sa femme est partie puisqu’elle a retiré toutes les photos de famille de la maison. Touchant. Le noir renchérit en expliquant que sa femme a fait exactement la même chose (ce sont des clones ?), sauf que c’est un peu plus triste puisqu’elle est morte. Ah ces femmes et leur sentimentalisme à toute épreuve ! Qu’importe les tremblements de terre et autres créatures avides de chair, leur cœur ne tremble et ne bat que pour ces petites choses qui les rattachent à leur homme et leur fils unique. Je… hm… Enfin, continuons. Il le faut. Je dois m’infliger ça parce que Shérif a quitté sa chemise d’hôpital non pour des vêtements normaux, décents, mais pour sa tenue de shérif. Et il n’a pas oublié son beau chapeau. Ah ! le sens du devoir et de la fonction en toutes circonstances !
Après quelques tours dans la glace et une visite dans la réserve d’armes, il est temps de sortir, puis de se dire au revoir, Papa Noir n’étant pas prêt à chercher le camp de réfugiés d’Atlanta : il a besoin de s’entraîner au tir avec son fils.
Attendez… La logique m’échappe un peu… Depuis le début de la rencontre, le noir ne cesse de répéter qu’il faut tirer le moins possible parce que le bruit attire tous les zombies du coin (et dieu sait qu’ils sont nombreux). Alors qu’il pourrait rejoindre un camp de réfugiés en voiture, avec un type qui maîtrise parfaitement les armes à feu, et s’entraîner dans un lieu normalement sécurisé, il préfère rester ici avec son fils. Là, les scénaristes ont apparemment décidé qu’il ne fallait de toute manière pas trop interroger les réflexions d’un noir et Shérif – qui n’est pas un homme très torturé – trouve cela normal. Histoire de montrer que c’est un brave type, il en profite aussi pour tirer sur le zombie d’un homme qui fut, comme il prend soin de le préciser, un parfait abruti. Mais, pour réaffirmer son rôle de gentil héros, il ne peut le laisser dans cet état. Même les imbéciles ont droit au respect ! C’est beau, merci Walking Dead pour cette belle leçon.
Vient l’instant tragique où le noir a besoin de s’isoler dans sa chambre afin de regarder les albums de famille rapportés par sa femme. Puis, il accrocher sa photo à la fenêtre pour nous faire comprendre qu’il est prêt à la tuer. De son côté, Shérif retourne voir le zombie rampant pour lui souffler quelques mots doux avant d’abréger ses souffrances. Le noir échoue à exploser le cerveau de sa femme et s’effondre en larmes sur une musique triste… Si vous n’avez pas les larmes aux yeux sur cette scène, vous n’êtes que de vils insensible !

Bon, c’est pas tout mais il est temps de confirmer les certitudes de Shérif. Sa femme est en vie, son fils aussi, et ils sont accompagnés de Gros Lourd. Pour la femme de Shérif, l’heure est aux remises en questions… enfin, à la seule remise en question importante pour une femme qui est « suis-je une bonne mère ? » « mais oui, bien sûr, tu es un super maman, blablabla » lui explique Gros Lourd à part. Ils ont l’air assez proches. Curieusement, puisque le scénario semble cousu de fils blancs, je ne m’étonnerais pas que ces deux là nous préparent un triangle amoureux très naze.
Et, après avoir montré l’existence d’une brave épouse quelque part dans la forêt, nous pouvons retrouver Shérif sur la route. Il vient d’abandonner sa voiture. Panne d’essence ou caprice soudain ? Je ne me rappelle plus. Tout ce que je sais, c’est qu’il a repéré un cheval tout seul dans son enclos, donc ses instincts de cowboy se sont réveillés et il lui faut absolument le monter pour entrer dans la ville des réfugiés. L’intérêt ? A part faire un petit plan de western bien sympa, avec son cowboy solitaire en route vers le danger, je ne vois pas.
Arrivé dans la ville, Shérif a bien sûr la mauvaise surprise de rencontrer une horde de zombies affamés. Il perd ses armes, son cheval se fait dévorer et il trouve par miracle refuge dans un char. Fin.

De l'utilité d'un cheval...

De l’utilité d’un cheval…

Bon… ce fut long, très long, atrocement plat. Je suis perplexe, parce que je partais sans gros à priori. Je m’attendais à une saison 1 assez sympa, et j’ai déjà envie de renoncer. J’ai du mal à comprendre comment les gens ont pu accrocher après une telle mise en bouche. Si la série n’avait pas cette notoriété, je pense que j’aurais lâché l’épisode bien avant. Le scénario est vide et les personnages, censés occuper la scène, répondent à des clichés si violent qu’on ne pourrait rien attendre de leur part. Les zombies sont là, et nous devons suivre des hommes et femmes avec lesquels il semble impossible de trembler. En tout cas, l’empathie demande un minimum d’identification, et je ne retrouverais certainement pas dans cette joyeuse farandole d’outres vides. Je ne comprends pas le succès de cette série, ça me confirme juste que le fanatisme du zombie est à un point tel que les gens consommeraient n’importe quoi pourvu qu’il y ait du mort-vivant. Sans remettre en cause la qualité du comics (que je ne connais pas encore), ni les hauts moyens mis dans la réalisation, le fond de ce premier épisode me semble juste désespérant… Et on me souffle que le deuxième est un véritable festival qui se doit d’être vu dans le mauvais sens du terme. Je crains déjà le pire.

by

La BO de AirMech par Front Line Assembly

No comments yet

Categories: Uncategorized, Tags: , , , , ,

En attendant du nouveau du côté de Front Line Assembly, voici un petit projet à part qui fait bien plaisir !

flaAirMech est la bande originale d’un jeu de stratégie qui vous permet d’incarner un robot… De quoi donner quelques à priori aux non-joueurs. Pourtant, nul besoin d’être plongé dans l’univers de la compagnie Carbon Games (dont les gens étaient fans de FLA) pour apprécier l’album. Après avoir écouté « Prep for combat » , j’ai tout de suite été séduite par une musique d’ambiance indus assez lente, assez froide, s’enfonçant en de lourds roulements martiaux. Alors que je n’avais pas prévu d’y regarder de plus prêt à cause de l’estampille « jeu », je n’ai pu résister à la promesse d’un tel voyage. Et le premier morceau, le bien nommé AirMech, envoie d’emblée du lourd.
C’est parti, sans mise en bouche, on est déjà dedans, du beat bien guerrier sur un fond d’electro assez aérien qui prendra le dessus sur la seconde musique (Arise). Allant subtilement de l’ambiant (très reposant Everything that was…) à l’indus en s’amusant parfois avec de la dubstep (Pulse Charge) – histoire de nous donner autre chose à manger que du Skrillex – Front Line Assembly nous offre un travail musical abouti. La variation des rythmes et des genres empêche l’ennui et le rangement hâtif du côté des BO d’ambiance qui ne serviraient que de fond sonore. L’empreinte de la formation de James Green fait toute la différence.

Personnellement, je me le laisse en boucle depuis quelques jours et je trouve que ça m’accompagne bien dans mes lectures et réflexions. Un album à ranger du côté des « bonnes choses pour écrire » et, en même temps, pour parler du jeu qu’il accompagne, je me verrais avec plaisir élaborer des stratégies militaires sur cet air. J’avoue, c’est très tentant, l’immersion doit être vraiment chouette et je me laisserais bien tenter à l’occasion…

Je trouve toujours très réjouissant en tout cas de voir de bons groupes s’impliquer dans la BO d’un jeu vidéo, déjà parce que c’est souvent une manière de faire écouter de l’indus à des gens qui n’iraient pas naturellement vers ce genre (voyez le travail de KMFDM sur Mortal Kombat !), et ensuite, parce qu’il paraît que le jeu vidéo n’est pas un produit culturel. Une création comme celle de FLA tendrait à prouver le contraire.
Je conseille vivement l’écoute de cet opus à tous les fans d’indus ainsi qu’à ceux qui s’ignorent encore !
Je vous laisse donc avec Prep for combat

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=5cRe7TSwnpo&w=420&h=315]

by

Born to be Heiled d’Hanzel und Gretyl, ou le crash des nazis de l’espace

No comments yet

Categories: Uncategorized, Tags: , , , , ,

Je ne sais vraiment pas quoi faire de cet album. Après l’excellent Uber Alles et trois autres albums plutôt bons, on pouvait s’attendre à une fournée assez réjouissante. Que s’est-il donc passé quatre ans après 2012 Zwanzig Zwolf ?

Hanzel und gretyl, born to be heiled, metal indus, death metal

Assemblage de trucs métaleux motorisés funs…

La nouvelle pochette m’a d’emblée laissée très sceptique, une plate caricature d’un groupe de métal basique, servie de son incontournable pentagramme inversé superposé sur une croix de fer. Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin, c’est à l’image de l’album, du métal sans saveur, pour adolescents non initiés.
Le premier morceau commence, rien ne se passe. Tout se suit et se ressemble. L’indus est quasiment absent, le groupe s’en allant vers un son lourd pour club de motards. Si les fans d’Uber Alles ne s’y retrouveront pas, l’intérêt sera tout aussi limité pour des amateurs de death. Hanzel und Gretyl n’innove en rien, le son est fade, cliché, on s’ennuie très vite. L’étrange choix de genre ne laisse aucune place au grain de folie que nous aimions tant chez nos chers « nazis de l’espace » et ce n’est pas le discours du Dictateur de Charlie Chaplie sous une espèce de grind qui redonnera le sourire. Non, non, non, ça ne colle pas, le côté jouissif du groupe s’est complètement fait la malle.
Déçue je suis. J’aurais souhaité vous faire une chronique plus longue, mais face à un opus aussi creux, l’inspiration me manque. Seuls les trois derniers titres arrivent à nous faire à nouveau battre le rythme du pied. Des riffs de guitare plus rock’n’roll après cette indigeste bouille de death ressemble à une véritable bouffée d’oxygène. Alors « I’m movin’ to Deutschland » fait véritablement plaisir, tout n’est donc pas perdu… Cependant, les derniers titres souffrent du même problème que les autres, trop répétitifs, ils deviennent vite lassants et n’ont rien de franchement novateur dans leur genre. HuG aurait mis de bonnes reprises que la différence aurait été à peine visible.
J’écoutais donc distraitement les derniers morceaux quand, oh ! illumination, un titre qui sonne vraiment cool ! … Ce n’était qu’une petite blague de ma playlist qui était passée à Kindermusik.
Born tu be heiled
est une erreur que je me garderai bien d’acclamer, un gros « Fuck ! » au public qui m’a, un instant, fait croire à un troll. Je m’en retourne à Uber Alles et Zwanzig Zwolf en espérant qu’Hanzel und Gretyl n’est pas en train d’entamer une lente plongée vers le cimetière des groupes qui furent bons et se délitent un peu plus à chaque nouvelle sortie.

by

Entrez dans mes autres mondes…

No comments yet

Categories: Uncategorized

Ici, vous trouverez quelques textes sortis des tiroirs (mais pas trop non plus, rassurez-vous), un projet de roman (genre de thriller) en cours ainsi que – je l’espère – de fraîches nouveautés !

De par sa nature récente, ce blog me demande encore beaucoup d’attention. Je complèterai cette catégorie très prochainement alors un peu de patience et les histoires apparaîtront…

Projet de roman
Les amants du faucheur

Genre : Sorte de thriller.
Pour l’instant, l’introduction et les deux premiers chapitres se présentent sous la forme d’un monologue : un nécrophile ouvertement amoral nous fait partager son cynisme et sa passion morbide en allant à la rencontre d’être perdus sur le pavé, déjà morts à l’intérieur… D’autres personnages seront intégrés dans le 3e chapitre, prévu pour une date non déterminée.
Introduction : un tueur ordinaire
Contient un avant-propos qui en dira un peu plus sur le contenu.

Les Nouvelles

Remise à zéro
Genre : Science-fiction, dystopie
« La tour de Babel n’est pas notre rêve, Ils vous ont menti… » (Janvier 2013)

La véritable histoire d’un lapin de Pâques
Genre : Un lapin en chocolat parle, mis à part ça, tout est normal !
Un lapin en chocolat attend son acheteur derrière une vitrine colorée. Le destin lui désigne un vieil alcoolique, “pour son fils”, comme il dit, en échouant dans le bistrot du coin… (Eté 2011)

Une légende germaine
Genres : Histoire d’un autre temps, quelques influences épique, et thème homosexualité/Transgenre assez présent.
Quand la femme du chef d’une tribu germaine revient avec un corps d’homme après s’être baignée dans une source sacrée, le village est sous le choc. Rien, pourtant, ne laissait prévoir l’intervention des dieux…  (Eté 2011)

Travaux Universitaires

Les heureux et les damnés, la génération perdue selon Fitzgerald
Un exposé présenté en M1 sur la génération d’après-guerre dans les années 20. Les heureux et les damnés raconte les dérives d’une aristocratie en mal de repères. C’est ce que je me propose d’analyser ici, Francis S. Fitzgerald étant un auteur qui trouve beaucoup d’échos en moi.
(Décembre 2011)

 

by

Marilyn Manson et Rob Zombie au Luxembourg

1 comment

Categories: Uncategorized, Tags: , , , , ,

Par le plus grand des hasards, le premier article parlera de musique. C’est une passion que je ne pourrais dissocier de l’écriture même si j’en parle malheureusement moins bien. Je voulais néanmoins vous toucher quelques mots sur le concert pour lequel j’ai traversé la France : Marilyn Manson et Rob Zombie à la rokhal du Luxembourg. Deux bonnes têtes d’affiches pour le prix d’une, autant dire que ça ne se refuse pas.

J’ai l’impression que les groupes qui me font vraiment envie ont monté un genre de complot pour me narguer depuis l’Est. Alors, comme toujours, on va me dire « Oui mais Rennes c’est cool, il y a ce festival de musiques electro » … Sauf que l’electro rock ou l’electro un peu conceptuelle c’est un peu rangé dans la catégorie « musiques actuelles », donc, la programmation n’est pas folle, on la retrouve un peu partout en France autour d’événements à plus petite échelle. Certain parleront du Hellfest et autres festivals impliquant groupes de rock populaires et métal mais, ce n’est pas franchement mon truc. Je me rappelle juste que, si je n’ai jamais regretté de ne pas vivre en Bretagne en regardant les dates des groupes qui m’intéressent, ce n’est finalement pas pour rien.
Après avoir manqué Hanzel und Gretyl en Moselle et autres bonnes choses à Strasbourg, je me sentais mal de manquer l’affiche du 1er décembre.

Départ en train le samedi matin, tout se passe bien jusqu’à Charleville-Mezières et, en descendant sur le quai, voilà qu’on m’annonce une grève surprise. « Pas de train ». Dans les Ardennes, ce département dont on entend jamais parler mis à part pour la chasse au sanglier, voilà qu’on se pique d’organiser des grèves sncf locales sur toute la semaine… Le concert était à 2h de là. Les seuls trains en service allaient à Sedan. Je me suis vue un instant héroïne d’un film  angoissant qui aurait pu s’appeler « Perdue dans les Ardennes ». Heureusement, les fonctionnaires ayant bien compris que personne ne voulait rester coincé dans une telle région, nous avons eu droit à un taxi.
J’ai fini le trajet avec une chauffeur à l’accent terrible et deux cinquantenaires très intrigués par le motif de mon périple, « heu je viens de Rennes pour un concert de métal industriel… » et, évidemment, j’ai eu droit au grand classique du « Ah oui, comme Métallica, je n’aime pas trop cette musique ». Comme j’avais un magazine d’Obsküre sur les genoux j’ai essayé de communiquer en leur montrant la couverture, puis j’ai finalement abandonné pour profiter du no man’s land que nous sillonnions.

Marilyn Manson

Je l’avais vu en 2010 et, en somme, il n’y a pas grand-chose de plus à noter. Manson n’est pas très démonstratif sur scène, l’ambiance ne décolle que timidement dans la salle. Mes amis ont regretté une set-liste trop axée sur le dernier album qui est apparemment très fade (je ne suis pas très au fait de son actualité). L’enthousiasme était bien sûr là sur les inévitables classiques que sont Personal Jesus, Sweet Dream, Mobscene, Antechrist superstar.

Une chouette mise en scène également, toujours étudiée avec le même soin. Après, nous restons bien évidemment dans le style du chanteur qui était très porté esthétique fasciste (avec un drapeau américain à l’encart bleu revisité sur Personal Jesus). Mais, inutile de s’inquiéter, nous avons tout de même eu droit à une apparition en costume de pape et une Bible a été littéralement mangée sur un pupitre nazi. J’ai senti davantage une volonté d’aller vers le second degré que dans la provocation. C’était plutôt agréable.

Rob Zombie, Luxembourg

Rob et son T-shirt “I love Luxembourg”.

Rob Zombie

LA véritable tête d’affiche. A la réponse « Tu es venu pour quel groupe ? » qui tournait beaucoup dans le public, tout le monde répondait « Rob Zombie bien sûr, Manson c’est le bonus ! ». Eh oui, un peu dépassé le pauvre Manson avec ses provocations trop années 90 et des albums qui ne parviennent plus à réveiller le passions de The golden age of grotesque. Avec Rob Zombie on a, comme on peut s’en douter, du zombie, de la série b, des robots géants et autres créatures déjantées.
Première musique, la fosse est complètement en feu. J’ai passé la moitié du concert à surveiller mes arrières et à essayer désespérément de rester à ma place.
Sur scène, Rob est génial, complètement fou et survolté. Ses musiciens ont de l’espace pour se défouler aussi, les solos de John 5 passent aussi bien que les chansons, et c’est un plaisir de les voir s’éclater aussi franchement. Au milieu de ce joyeux chaos musical que sont Jesus Frankenstein , Sick Bubble-Gum, Mars Need Women, etc l’écran diffuse des extraits de série b ou des personnages animés, tandis que de grands automates s’invitent sur scènes : monstres et robots de tous genre. Parfois, ce sont même des machines, comme un char géant qui sera chevauché par Rob pendant une chanson.
Le concert se termine comme il a commencé, vraiment trop vite. C’est à peine si l’on comprend pourquoi les lumières se rallument dans la salle.
Le public reste encore un peu pour fouler du pied les confettis qui recouvrent le sol à la recherche de médiators, et il est temps de partir.

Eh bien que dire pour conclure… Je n’avais plus vécu une telle ambiance depuis la dernière tournée de NIN. Ça valait bien ce voyage !

John 5, Rob Zombie, Luxembourg

John 5 et un robot qui passait par là…