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Une culture à deux balles : La révolution du livre de poche aux États-Unis – Kenneth C. Davis

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davis_couvIl est difficile de résister à la tentation de participer aux Masses Critiques de Babelio. On coche plusieurs livres qui retiennent notre attention, avec cependant l’espoir d’en recevoir certains plus que d’autres. En général, je ne tombe pas sur le titre qui m’inspirait le plus. Alors recevoir un document historique aussi riche que Une culture à deux balles m’a vraiment fait très plaisir. Étant dans l’édition depuis trois ans, ce livre me semblait un outil parfait pour compléter mes connaissances. J’ai donc attaqué la lecture de ce pavé certaine de profiter d’un contenu enrichissant et je ne suis pas déçue. Mon seul regret est que la limite d’un mois pour publier une critique d’un livre aussi conséquent, tant pour le texte que le format peu mobile quand on voyage justement beaucoup, ne me permettra pas de faire un retour sur sa totalité. J’ai cependant réussi à dépasser la moitié.

Résumé de l’éditeur : L’irruption du livre de poche aux États-Unis est à la fois un phénomène économique (à l’image de l’aventure de Gervais Charpentier en France au XIXe siècle), social (en permettant aux armées de se divertir), moral (de par les conceptions parfois tapageuses des couvertures) et politique. Cet ouvrage, paru aux États-Unis en 1984, est une somme consacrée à ce phénomène, devenu maintenant tout à fait quotidien, qui a bouleversé le monde de l’édition et, plus largement, de la culture et de l’éducation.

Une culture à deux balles est le genre d’initiative éditoriale qui fait très plaisir. On sent un travail de traduction important derrière, pour un public français qui restera assez limité. En effet, entre les références à la culture populaire américaine de la première moitié du XXe siècle et celles du monde éditorial, il sera difficile à un simple curieux de ne pas se sentir rapidement découragé. Mais avec quelques notions sur l’univers du livre ou tout simplement le secteur du commerce et de la communication, c’est une véritable mine d’informations.

On y trouve en vrac, de belles histoires, comme le début du poche aux États-Unis, porté par les soldats qui s’ennuyaient pendant la seconde guerre mondiale et s’échangeaient les pages avec avidité, de nombreuses citations, des statistiques de vente, impressions de couverture, success story d’éditeurs ambitieux, enjeux commerciaux d’une décennie à l’autre. Certains titres très populaires à l’époque nous sont aujourd’hui parfaitement inconnus, mais d’autres anecdotes sur les débuts de romans comme Sur la route de Kerouac ou L’Attrape-coeurs de Salinger raviront les amateurs de littérature. Du côté historique, nous avons droit à un important rappel sur la mentalité américaine de l’époque, la censure à laquelle s’est retrouvé confronté le poche, accusé de pervertir la jeunesse. Tout un contexte qui explique parfaitement la réaction d’un certain Ray Bradbury avec Fahrenheit 451. Il y a donc largement de quoi réviser ses classiques américains pour mieux comprendre le contexte de leur rédaction.
Les amateurs de romans populaires savoureront de leur côté les débuts de la culture pulp, ses titres accrocheurs, couvertures tapageuses, avec l’arrivée massive des polars hard-boiled, des western, de la romance et d’une certaine frange de la science-fiction.
Si on apprécie flâner chez les bouquinistes, Une culture à deux balles propose aussi un autre regard sur les choix d’illustration et de couleur des couvertures. En gros, le livre permet en particulier aux jeunes générations de décrypter toute une époque qui commence à se troubler.

Plus difficiles à appréhender sont les pages sur les enjeux économiques qui raviront cependant les professionnels et ceux qui aspirent à travailler dans ce monde. On peut d’une certaine manière y lire « les erreurs à ne pas faire » ou des « conseils pour le succès ». Les plus cyniques constateront certainement que, en ce qui concerne la manière d’attirer le public sur un livre, et les sujets de prédilections, les choses ont assez peu changées. Mais cela n’en soulève pas moins une question très intéressante, et remise au goût du jour avec le numérique qui entraîne les mêmes débats que le poche : une culture accessible au plus grand monde, un bien ou un mal quand cela devient aussi un argument commercial ? Le livre ne donne pas de réponse, et il n’y en a d’ailleurs pas. Il rappelle plutôt que, dans ce « commerce » là, entre besoin de faire du chiffre et volonté d’éduquer, tout est une question de compromis. Je pense que cette citation illustre bien tout ce que développe ce livre : Le monde de l’édition a toujours souffert d’un dédoublement de personnalité assez complexe. Est-ce un art qui requiert une structure professionnelle et sérieuse, ou un métier qui exige d’avoir une certaine sensibilité artistique ?

Le seul bémol que je soulèverais pour le livre est sa fabrication. Je n’ai pas l’habitude de le faire, mais j’avoue avoir été vraiment très dérangée par le choix du papier qui me semble inutilement épais. Cela donne un livre rigide, qu’on ne peut pas feuilleter, qui est très lourd et fatigue donc le poignet. C’est assez dommage parce que l’expérience de lecture est un peu gâchée malgré une bonne qualité éditoriale dans l’ensemble. Rien qui empêche de s’intéresser au document si on le veut vraiment, mais un petit dommage malgré tout.

Quoiqu’il en soit, Une culture à deux balles me semble un indispensable pour compléter la réflexion des étudiants en métier du livre d’abord, et pour tous ceux que le sujet passionne déjà, qui aimeraient avoir une meilleure approche de cet univers complexe. Le fait que les références soient américaines ajoute une petite difficulté. Mais même si les éditeurs, auteurs et contextes sont différents, il n’est pas trop difficile de trouver des parallèles en France.

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L’économie, pour quoi faire ? – Robert Benchley

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couv_I23Les éditions Wombat apprécient le bon mot, tout particulièrement quand il est anglo-saxon. Leurs publications mettent souvent en avant l’humour absurde et le non-sens, c’est un choix éditorial original que j’apprécie beaucoup. En amatrice du mordant d’Evelyn Waugh, je ne pouvais donc pas ignorer leur dernière parution de Robert Benchley pendant la Masse Critique de Babelio.

L’économie, pour quoi faire ? est la suite d’une collection de livres consacrés à l’humoriste américain du début vingtième, après Les enfants, pour quoi faire ? Et Pourquoi je déteste Noël. L’éditeur s’est appliqué à rassembler de manière thématique les articles de l’auteur pour livrer de petits recueils dont les plaisanteries, à un siècle près, restent d’actualité.

Avec onze petits textes, Benchley dédramatise le récent krach boursier de 1929 en nous invitant à rire de l’absurdité du monde industriel. Si les mots « économie » et la date peuvent faire reculer, le contenu reste très accessible. Au fond, le monde n’a pas beaucoup changé depuis. Les hommes d’affaires continuent de privilégier obstinément le téléphone quand un courrier serait souvent plus efficace, on a toujours besoin de rire de certaines relations un peu tendues avec sa banque et de s’interroger sur la raison de existence de certains commerces. L’auteur s’attarde un long moment sur la fabrication des bateaux en bouteilles… Pourquoi ? Comment ? Ce ne sont peut-être pas des questions qui méritent d’être développées, mais Benchley le fait, pour susciter un rire léger, montrer qu’un certain nombre de choses complexes ne méritent pas toujours de l’être.

On ne pourrait parler d’un humour fin, l’auteur met souvent les pieds dans le tas, en n’hésitant pas à glisser des parenthèses hors sujet au milieu d’un développement. Sa prose suit la pensée d’un homme un peu fou qui voudrait nous parler de tout et n’importe quoi, sans perdre pour autant sa ligne directrice. Je me suis d’ailleurs souvent demandée si l’effet ne serait pas encore meilleur à l’oral, puisque si cette forme d’humour s’est un peu perdue à l’écrit, elle reste assez présente en one-man-show. Autrement dit, les bases du genre sont là.

Comme on ne peut pas dire que les perspectives économiques actuelles donnent envie de sourire, ce petit livre donne une lecture assez agréable. Il se lit trop vite pour être un indispensable mais saura séduire les amateurs de ce genre d’humour et offrir à d’autre un aperçu de ce qu’était la vague non-sens américaine des années 30. Dans tous les cas, c’est un bel objet qui témoigne d’une époque pas si lointaine, et permet de constater l’évolution de l’écriture comique.

Je vous invite par ailleurs à jeter un coup d’œil au catalogue des éditions Wombat, qui est une maison indépendante de qualité, toujours prête à déterrer des textes oubliés de la grande distribution pour nous faire sourire.

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Sans âme – Gail Carriger

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On dit qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture, mais quand même...

On dit qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, mais quand même…

A l’origine, Sans âme, premier tome de la saga du Protectorat de l’ombrelle qui en compte 5, a été l’achat d’un moment de faiblesse. Je venais d’assister à une petite conférence sur les vampires pendant un salon du livre et Gail Carriger faisait partie des invités. J’ai très vite été attirée par sa vision des créatures, sa volonté de rompre un peu avec le mythe du mort-vivant ténébreux, en intégrant notamment de l’humour dans ses histoires. La dame m’a semblée fort sympathique, et quand je me suis approchée de sa table, malgré l’horreur absolue de ses couvertures, je n’ai pu résister à son grand sourire. Je n’irais pas dire que je regrette d’avoir découvert son univers, mais de moi-même, je ne serais jamais allée vers le Protectorat de l’ombrelle. Une fois en possession du roman, je me suis tout de même posé quelques questions. Je craignais de tomber sur de la mauvaise bit-lit, mais des avis d’un lectorat masculin comme féminin m’ont détrompée. Néanmoins, après avoir atrocement saigné du cerveau avec le tome 1 d’Anita Blake sous le même genre de conseils, je suis entrée dans ce roman avec une certaine méfiance. Verdict ? Nous sommes au moins sauvés sur un point, contrairement à Laurell K. Hamilton, Gail Carriger sait écrire ! Pour le reste, je ressors mitigée, ni vraiment convaincue, ni follement emballée.

Résumé :
L’Angleterre Victorienne a intégré loups-garous, vampires et fantômes à sa société. Tout semble assez bien organisé pour éviter les conflits mais, le soir d’une réception, Alexia Tarabotti, vieille fille de vingt-six ans, manque de se faire dévorer par un vampire affamé réduit à l’état de bête rampante. Le mystère est d’autant plus grand qu’aucun vampire ne semble avoir enfanté la créature, et que certains solitaires se mettent à disparaître…

Raconté de cette manière, le scénario semble intéressant. Le problème est que nous pouvons aussi faire un résumé tout autre sans être dans le faux. Nous verrons cela plus loin, lorsque j’aborderai les points négatifs. Au départ, l’écriture d’un type victorien très empesé m’a fait très peur. Les premiers gags sont franchement grotesques (un vampire qui tombe sur une tarte à la mélasse et se fait tuer par une ombrelle…) et laissent à craindre des blagues de cour de récréation. Heureusement, l’humour s’affine, donnant des passages délicieusement absurdes. Si Carriger m’a parfois fait hausser les sourcils, elle m’a aussi fait sourire en se moquant des convenances de l’époque, si peu adaptées à l’intrusion de monstres sanguinaires dans les salons et pose de justes questions de bienséance sur, par exemple, comment servir un foie cru à un gentleman loup-garou. De ce point de vue, si on veut se moquer un peu de l’ère Victorienne, de son écriture féminine insupportablement dégoulinante, l’auteur réussit assez bien son pastiche. Malgré les lourdeurs du début, on se prête vite au jeu, et les touches d’esprit deviennent distrayantes.

L’univers est bien pensé également et m’a rappelé Anno Dracula de Kim Newman, qui propose aussi un Londres victorien qui a intégré les vampires à son quotidien. Certaines personnes peuvent survivre à la transformation, d’autres non. Il s’agirait d’une histoire d’excès d’âme, mais il apparaît vite évident que cette explication religieuse n’est pas suffisante. Pour une raison mystérieuse, Alexia Tarabotti fait perdre leurs pouvoirs aux créatures magiques, elle serait donc une « sans âme ». Seules les femmes peuvent offrir le don ténébreux mais elles sont aussi difficiles à transformer, ce qui entraîne une société matriarcale qui les place à l’opposé de la soumission des épouses anglaises de cette époque. Un personnage américain nous permet également de découvrir que tous les pays n’ont pas intégré vampire et loup-garou de la même manière. Ceux-ci sont violemment chassés aux États-Unis, où l’on persiste à les voir comme des œuvres du démon. Le protectorat de l’ombrelle propose donc un monde plutôt riche et travaillé, une révision du mythe assez bien pensée, qui interroge, et donne plusieurs pistes à explorer. On a très envie d’en apprendre davantage sur l’organisation de ce monde et de plonger dans l’intrigue. Or, cette intrigue, qu’est-elle vraiment ?

Un autre résumé : A vingt-six ans, Alexia Tarabotti est toujours vieille fille à cause de son teint trop bronzé pour la bonne société anglaise et de son caractère trop affirmé. Cependant, une forte tension sexuelle la lie à un beau Lord loup-garou. Sauront-ils mettre de côté leur fierté pour s’aimer ? Une aventure riche en émotion les aidera-t-elle à s’unir ? Alexia parviendra-t-elle à perdre enfin sa virginité ?

Tout de suite, le ton change. Il apparaît rapidement, gros comme un château-fort dans un village de trois pelés, que Lord Woolsey et Miss Tarabotti risquent de finir ensemble avant la fin de l’histoire. Mais ce n’est pas le plus gênant. Le plus agaçant surtout, est de commencer notre roman en apprenant que Alexia serait rejetée parce qu’elle est… attention folle révélation… de type italien. Elle n’est manifestement pas laide, on nous précise qu’elle a une forte poitrine, qu’elle est de bonne naissance, mais j’ai pu découvrir dans ce livre que les anglais du XIXe siècle considéraient les italiens comme des parias, un peu comme des roumains. Ce postulat, totalement faux et de mauvaise foi pour donner un prétendu « malus » à un personnage qui doit cependant rester proche d’un lectorat féminin est d’emblée exaspérant. Alexia est aussi énervante, comme l’ensemble des protagonistes. Si je disais plus tôt que l’écriture empesée victorienne n’était pas si mal, j’ai été plus dérangée par le côté très caricatural de tous les personnages présents. Nous n’échapperont donc pas au beau lord bourru et ténébreux, à la femme forte mais maladroite et grande gueule, à sa meilleure amie vieille fille bien plus coincée qui sert de faire-valoir, ou au vampire extravagant du type gay flamboyant. Certes, c’est amusant. Mais l’ensemble manque de finesse et ne permet pas de grandes envolées sur la profondeur des psychologies de chacun. Du coup, en ce qui concerne les relations entre les personnages, tout semble joué d’avance.

Le scénario tombe par conséquent assez vite à plat puisque l’auteur préfère passer d’assez longs chapitres à mettre notre couple en devenir dans une pièce et voir ce qui va bien pouvoir arriver. On ne sait plus très bien à quelle intrigue se raccrocher : la disparition des vampires ou savoir si, enfin, Alexia et ce maudit loup-garou vont faire autre chose que se bécoter et se peloter en respirant très fort. En lisant quelques critiques, d’autres lecteurs avaient souligné le caractère trop sexuel de ce livre. Eh bien j’ai été presque déçue. Je m’attendais, au moins, à des scènes de tournures violemment arrachées et de levrettes sauvages sur un piano. Mais rien de tout cela ! Rien que du touche-pipi pour faire mouiller la culotte des adolescentes en fleur. C’est profondément ennuyeux. On voudrait que cela s’arrête enfin, que les deux imbéciles passent à l’acte une fois pour toute, et permettent à l’intrigue de reprendre un rythme décent. Sauf que, l’auteur semble décider en cours de route que cette affaire-là sera plus intéressante que son scénario… Alors, même si beaucoup de choses interrogent, les questions de fond sont passées à la va-vite, et surtout, le final est un ratage magistral où tout devient d’une violente incohérence, ou d’une facilité honteuse pour qui est en train d’écrire une histoire érotique déguisée en enquête.

Alors pour ceux qui ne veulent pas être spoilés, je dirais juste qu’il ne faut surtout pas s’attendre à ce que les méchants de cette aventure aient des réactions intelligentes ou même logiques, sauf si leur intention inavouée est juste de rapprocher les deux héros du roman.

Pour ceux qui ont lu le livre ou qui s’en fichent, voici quelques points plutôt édifiants : Apprenez que pour attraper un vampire, fût-il millénaire, c’est en réalité très simple, il suffit de leur mettre un mouchoir imbibé de chloroforme sous le nez. Donc, les mort-vivants respirent. Soit, on fait ce qu’on veut avec une espèce imaginaire, mais il faut reconnaître que l’extrême facilité de la solution est décevante. Les disparitions et apparitions de vampires contre-nature coïncident avec l’ouverture d’un club de scientifiques, mais personne n’a l’idée de mener une enquête là-bas. Le nom choisi a aussi de quoi laisser perplexe, club hypocras… Sérieusement, pourquoi ? Mais l’absurdité atteint tous ses sommets quand après avoir capturé toutes les créatures avec une honteuse facilité et bloqué un très vieux vampire avec des menottes (pas si terrible ces bêtes là franchement), les « méchants » ne reconnaissent absolument pas Alexia Tarabotti. Ils savent qu’une « sans âme » vit à Londres, connaissent son nom, mais ont été incapables de l’identifier alors qu’elle fréquente des vampires, des lycans et les milieux huppés de la société anglaise. Sûr que ça demandait une enquête violente ! Mais, malgré le fait qu’ils l’aient vue en si bonne compagnie à plusieurs reprises, ils pensent pouvoir la rallier à leur cause et lui faire confiance. Normal. Pour vérifier si son pouvoir fonctionne réellement, ils choisissent le loup-garou le plus féroce de tous, la laissent seule dans une cellule avec et vont se balader une heure en attendant. Je… Mais, ne venait-on pas de dire à quel point Alexia serait importante pour leurs recherches ? Non, les mecs prennent le risque de la tuer. Pire, si son pouvoir fonctionne, ils la laissent une heure avec le chef de meute qui n’est autre que son grand ami Lord Woolsey. A ce stade, j’ai voulu pleurer des larmes de sang, déchirer ce livre et insulter l’auteur de tous les noms. Je voulais y croire un petit peu quand même, pour l’univers, mais j’ai rarement vu une intrigue aussi improbable même dans un très mauvais film d’action. Donc, Gail Carriger offre une nouvelle scène de haute tension sexuelle dans les cachots et nous dit clairement qu’elle n’en a plus rien à foutre d’écrire un scénario crédible tant que ses personnages peuvent s’avouer leur amour dans une situation « originale ».

Sans âme donne beaucoup de promesses, et autant de déceptions. J’aurais pu pardonner l’aspect romance s’il ne dévorait pas impitoyablement une partie de l’intrigue. Objectivement, il s’agit d’un bon titre, à côté du reste de la production Bit-lit. Je ne suis pas sûre de donner sa chance au deuxième tome même si j’aurais aimé obtenir d’autres précisions sur l’univers (mais les aura-t-on réellement ?). En revanche, cette lecture m’a rappelé que Anno Dracula proposait la même chose avec plus de maturité et que le tome 2 est sorti en poche récemment, donc le temps est peut-être plutôt venu d’aller découvrir Le baron rouge.

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Alternative Rock – Collectif

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alternativeL’Histoire de la science-fiction et de la musique rock s’est souvent croisée. Avec une nouvelle collection, Folio SF rend hommage à deux genres intimement liés, où musiciens et écrivains ne cessent de se renvoyer la balle à travers leurs romans/nouvelles ou chansons. Avec cinq nouvelles d’anglo-saxons, l’anthologie Alternative Rock rappelle donc l’amour de quelques figures emblématiques d’une littérature souvent mal comprise en France pour les icones populaires que sont Elvis, les Beatles, Janis Joplin, Jimi Hendrix, … Une bonne initiative en somme, preuve que la science-fiction continue sa conquête hexagonale en s’intégrant enfin dans une culture identifiable par tous !

Critique :
Avec son petit format, son nombre raisonnable de pages (200) et son sujet, Alternative Rock semble très vite un cadeau idéal pour un nostalgique de la grande époque 60/70 un peu en froid avec la science-fiction. On regrettera cependant une cible principale vieillissante pour toucher un public large. Beaucoup de jeunes lecteurs assez peu portés sur l’histoire détaillée d’Elvis ou des Beatles pourraient être déçus par les références pointues d’auteurs contemporains (ou presque) aux groupes, à la scène et aux phénomènes de mode de ces années-là. Rien sur les 80’s ou 90’s, pas même un avant goût du punk. Non, nous restons aux fondations du rock et, si cela a l’avantage de faire réviser les classiques, j’ai cependant regretté de ne pas rencontrer des figures auxquelles m’identifier.

Sur les cinq nouvelles, la formule n’a pas toujours pris non plus, bien que seule la première me paraisse un réel mauvais choix. En effet, Le douzième album de Stephen Baxter est une entrée très abrupte dans le recueil. A coups de références très spécialisées, le narrateur essaye d’imaginer ce qu’aurait pu être le douzième album des Beatles. J’ai davantage eu le sentiment d’écouter une discussion entre fans sur-référencée et très ennuyeuse quand on ne se sent pas concerné que celui de lire une histoire dont on attend un dénouement intéressant…
En tournée, écrit à trois mains par Gardner Dozois, Jack Dann et Michael Swanwick, apporte déjà plus de légèreté bien que nous restions dans un fantasme d’admirateurs à très faible portée. On appréciera l’effort de mise en scène des personnages d’Elvis, Buddy Holly et Janis Joplin qui vont se retrouver à la croisée de leur carrière. Plutôt touchant.
Elvis le rouge de Jon Williams propose une histoire alternative où Elvis aurait refusé de s’engager dans l’armée, devenant un artiste communiste. Si le concept est amusant, je n’ai pas été réellement convaincue par l’uchronie. L’idée d’un frère jumeau décédé à la naissance (le vrai Elvis) avec lequel communique son frère m’a laissée sceptique tout le long. Je ne suis vraiment pas preneuse de ce genre de ficelles scénaristiques qui frôlent très souvent la mièvrerie. Ensuite, les conclusions tirées par l’auteur sur les conséquences de la décision d’Elvis m’ont semblées plus clichées que réalistes, et, surtout, arrivent en une sorte de résumé final qui bâcle un peu la réflexion de fond à laquelle on aurait pu s’attendre.

Heureusement, après ces trois nouvelles américaines, arrivent les anglais ! Je ne voudrais pas froisser les adeptes des auteurs outre-Atlantique, mais force est de constater que, lorsqu’il s’agit de parler rock’n’roll, les britanniques sont diablement plus dans le ton – ce qui correspond aussi à l’époque d’écriture des nouvelles, il faut le dire. Alors que les premiers gardent une écriture assez sage, des idées inspirées par le fantasme, l’admiration, les derniers y mettent la forme et le fond. Michael Moorcock n’a pas volé sa réputation puisqu’il signe avec Un chanteur mort ce qui est pour moi la meilleure nouvelle de l’anthologie. Pas le meilleur texte de sa carrière, loin s’en faut, mais en tout cas le plus fidèle à mes attentes de lectrice quand on me tend un livre sur le rock et la SF. Déjà, nous avons droit à Jimi Hendrix plutôt qu’aux Beatles et Elvis. Ensuite, il s’agit d’un road trip à l’anglaise (on a d’ailleurs droit à un taclage d’Easy Rider) avec un ex-roadie de Jimi complètement camé et le « fantôme » de ce dernier. C’est cru, ça parle de sexe, d’alcool, de drogue avec une précision qui ne relève clairement pas de l’invention. C’est cool, distrayant, et ça fait du bien.
Ian MacLeod reste dans un esprit assez proche avec Snodgrass où il nous présente un John Lennon qui, après avoir lâché son groupe au début de sa gloire, a mené une vie d’errances, de galère et de boisson. L’idée de la chute d’un musicien pendant que le reste du groupe s’élève et connaît un succès commercial est bien menée, assez universelle pour nous faire oublier le groupe dont il s’agit. Le seul problème de cette nouvelle est malheureusement sa longueur assez peu justifiée. Elle nous rend enthousiaste au début, et nous lasse sur la deuxième partie.

En conclusion, Alternative Rock est effectivement un cadeau sympathique pour les non-initiés à la SF et fans de la première heure des légendes du rock. La cible est à la fois trop large et trop pointue pour toucher un public de 20/40 ans réellement fan de rock, car celui-là attendrait une plus grande diversité dans les références, et peut-être cette liberté de ton que j’ai appréciée chez nos voisins britanniques, et qui manque cruellement aux américains.
C’est une jolie proposition, je suis heureuse d’avoir pu redécouvrir Moorcock, et eu l’occasion de me pencher plus en détail sur la bibliographie de MacLeod, mais pour une convaincue comme moi, l’ensemble reste encore trop policé.

(Mon message à folio sf serait : A quand les années fin 70 et 80 ?)

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Humpty Dumpty à Oakland – Philip K. Dick

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humptyJe le connaissais pour quelques adaptations cinématographiques et sa personnalité tordue mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire ses livres. L’un d’eux m’est passé sous la main. Depuis le temps que je guettais l’occasion, je n’ai pas hésité une seconde. Bien sûr, je ne prends pas le meilleur chemin, je me retrouve à lire l’un des rares et méconnu roman ‘réaliste’ d’un auteur de science-fiction. Mais ça me laisse au moins une certaine primauté non ? L’essentiel, de toute façon, est que le talent de Philip K. Dick n’ait pas beaucoup souffert du passage d’un genre à l’autre.

 

Résumé : Dans les années 50, lorsque le vieux Jim Fergusson prend la décision de vendre son garage automobile pour éviter la menace d’une crise cardiaque, Al Miller s’inquiète du devenir de son petit business de voitures d’occasions. Il lui faut envisager une reconversion alors qu’il n’a jamais rien réussi dans sa vie. Le salut arrivera-t-il grâce à un riche producteur de disque dont les affaires semblent plus que suspectes ?

Critique :
Même avec un contexte des plus banales, K. Dick parvient à perdre son lecteur dans une histoire de plus en plus déroutante. Le speech de départ semblait pourtant clair : un type veut continuer à vivre, l’autre essaye de survivre. Du point de vue de Jim Fergusson, tout se passe bien. Sa retraite est assurée, et un riche producteur lui offre même l’opportunité de gérer le garage d’une zone commerciale en construction. Il hésite. Sa passion pour la mécanique le laisse très tenté malgré les mises en garde de son médecin. Après tout, il aura une équipe, ce ne sera plus à lui de mettre les mains dans le cambouis.
Pour Al Miller, les choses ne sont pas aussi simples. En fait, les choses ne sont jamais simples pour ce tout juste trentenaire qui vit avec sa femme « comme un noir », et même un moins que noir, puisque les propriétaires de son misérable appartement ne sont pas blancs. Dans une Amérique encore très marquée par la ségrégation raciale, Al ne vaut vraiment rien. En découvrant l’existence du riche producteur et en entendant quelques rumeurs à son sujet, le jeune homme est convaincu d’être en présence d’un grand manipulateur. Il se met en tête de déjouer ses plans et prouver ses mauvaises intentions même si, dans le fond, il n’a aucune idée de leur nature. Pourtant, le commercial semble des plus accorts. Serait-ce un piège ?

Humpty Dumpty à Oakland rendrait n’importe qui paranoïaque. L’auteur nous perd, nous ne savons plus très bien qui croire. Faut-il faire confiance à Jim que la maladie rend peut-être un peu sénile, ou à Al, qui a tout du parfait looser ? Comme lui, nous nous surprenons à nous méfier de tout, à entrer dans les calculs très méfiants d’un petit prolétaire qui se sent pris au piège d’une logique capitaliste et cherche désespérément à sauver son libre arbitre. Derrière tout cela, une machinerie infernale le dépasse. N’est-il pas suspect de voir le riche, le puissant, essayer d’aider un pauvre type comme lui ? Les questions tournent sans cesse, les thèses se confirment à un chapitre, sont écartées au suivant. Une seule chose est certaine, cette histoire tournera mal.
Il serait difficile d’en dire plus sans spoiler. Al est un cas désespéré à la logique défaillante mais parfois surprenante de lucidité. Son combat, qu’il soit fondé ou non, semble perdu d’avance. On ne lutte pas contre sa propre société quand on n’a aucun moyen d’exister. Quant aux conclusions à tirer de ce roman, je ne saurais me prononcer. Je ne suis pas certaine que l’auteur ait cherché à faire passer un message concret tant Al inspire peu d’empathie. Ce serait plutôt une expérience de lecture, l’histoire hallucinée d’un pauvre type qui ne fait que se couler, en détruisant des choses au passage. Un Humpty Dumpty à Oakland, tout simplement…

Hors des sentiers de la science-fiction, Philippe K. Dick est un excellent auteur, maître de l’absurde et de l’humour grinçant. Ce n’est ni drôle ni tragique, c’est quelque chose entre les deux, si cela peut exister. Tout ça pour une histoire de garage à vendre ! On referme le livre avec la sensation d’avoir fait un voyage des plus curieux, même si la fin est peut-être un peu en-dessous de ce qui pouvait être espéré. Si vous voulez découvrir l’auteur dans un autre registre, ou même le découvrir tout court pour les frileux de SF, n’hésitez pas sur ce titre. A défaut d’en tirer une leçon de philosophie, vous aurez le cerveau retourné bien comme il faut.

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Le trône de fer 1 & 2 – G. R. R. Martin

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Je mets la couverture la plus portable. Les éditions françaises de cette saga sont de plus en plus moches… sérieusement…

Il y a quelques années, je cherchais une série de fantasy dans un genre proche d’une saga que je venais de terminer, Les monarchies divines. Le nom – alors peu connu – du Trône de fer était alors tombé. On me promettait des intrigues royales, des personnages en demi-teinte, un univers peu axé sur la magie. Vaguement intéressée, j’ai vite été découragée par le nombre de tomes déjà édités. Je ne suis vraiment pas fan des lectures interminables. Comme je préfère les films aux séries, j’aime qu’un roman se termine vite pour atteindre un but clair et précis (trop d’auteurs à découvrir pour rester bloqué sur un seul).
Puis, l’adaptation télévisée est arrivée. Tout le monde s’est pris de passion pour Game of thrones et il devenait impossible d’y échapper. J’ai tenu bon jusqu’en mars mais, à force d’entendre le sujet revenir à chaque soirée, il fallait bien que je sache…

Pour cette critique, je passerai très rapidement sur le premier volume avant de faire un commentaire plus global sur les deux. Si vous n’êtes pas aussi loin dans votre lecture, il n’y aura pas de gros spoil, mais les plus prudent peuvent s’arrêter après la « Présentation ».

Présentation (Tome 1) :

Au risque de passer encore pour quelqu’un de trop sceptique, les premiers chapitres n’ont pas eu l’effet d’une révélation sur moi. J’avais acheté la première partie en format poche l’année dernière et je l’ai lue en septembre. C’était agréable de tomber, pour une fois, dans une histoire assez prenante (j’en lis très peu) et d’entrer dans un univers imaginaire qui cherche à nous attacher aux destins de plusieurs personnages. Un bon moment de détente qui ne m’a cependant pas tenu assez en haleine pour me donner envie d’enchaîner sur la suite.
Sans parler de la traduction hasardeuse (et de ses tournures souvent peu naturelles), l’écriture reste assez simple, l’histoire est donc le principal argument. L’univers est maîtrisé, on sent que l’auteur détient un assez bon bagage historique, les descriptions très visuelles permettent une représentation rapide des paysages, et chaque personnage principal (celui à travers lequel il nous est possible de voir l’action) se démarque suffisamment pour diversifier les expériences de lecture. Les romans à focalisations internes multiples me plaisent d’ailleurs beaucoup pour cette raison, et sont idéaux dans les récits d’aventure aussi longs, au risque de finir très fâché avec un héros unique que l’on doit subir pendant des milliers de pages.
Ici, l’archétype du héros est très vite identifié. Il s’agit bien sûr d’Eddard Stark, seigneur de Winterfell. En l’entraînant au cœur des intrigues de cour, G. R. R. Martin parvient à bousculer les codes habituels de la fantasy : pas de droiture possible en politique. Après avoir lu un nombre incalculable d’histoires menées par une personnalité bornée, butée, engoncée dans des valeurs qui devraient lui coûter la vie à chaque chapitre, le virage scénaristique a de quoi, je suppose, marquer les esprits. En tout cas, l’argument m’a fait revenir à ce genre littéraire, dont les quelques explorations m’ont souvent déçue…

Remarques générales (tome 1 & 2) :

Beaucoup vantent l’ambivalence des personnages. A ce niveau, je reste cependant plus modérée dans le sens où je n’ai jamais rencontré de caractères tout blancs ou noirs dans des lectures qui ne sont pas classées « jeunesse » (ou, à la limite, les films hollywoodiens). Donc, c’est une qualité qui me semble logique venant d’un auteur qui ne s’adresse pas aux moins de quinze ans… Je ne me suis peut-être pas suffisamment acharnée dans la fantasy pour y voir là quelque chose d’exceptionnel. Cependant, les « héros » répondent tous, me semble-t-il, à des clichés de genre très connus du côté des Stark :
–          Jon : le bâtard repoussé par sa belle-mère humble, courageux, dont on peut pressentir à l’avance un destin glorieux, malgré des chemins détournés. Le héros le plus classique après Eddard.
–            Catelyn : La femme de seigneur, mère courageuse et protectrice.
–          Arya/Sansa : D’un côté le garçon manqué qui se rebelle contre sa condition (avec le capital sympathie inévitable que cela implique), de l’autre, la sœur qui se rêve princesse et dont, on s’en doute bien, les idéaux seront vite mis à mal.
L’intérêt va donc se porter plus volontiers sur Tyrion qui, malgré son nanisme, devient rapidement le plus charismatique (quoiqu’on ait le classique du “faible” sauvé par son intelligence), et Daenerys.
Les points de vue se nuanceront peut-être à l’avenir mais, de la fin du tome 2, je ne vois pas de mouvement majeur. Là est d’ailleurs un gros souci du livre. A vouloir donner trop d’histoires personnelles, Martin allonge considérablement son scénario. Un début d’action met parfois 200 pages avant de se relancer, ce qui, à la longue, peut vite venir à bout des plus patients. A cela s’ajoute, et surtout à partir du Tome 2, énormément de scènes inutiles. Sur un chapitre, il faudra rarement s’attendre à une information intéressante avant la dernière page. L’auteur se perd dans un fouillis de scènes presque capricieuses et dans ses visions kaléidoscopiques. L’enthousiasme qui nous prend parfois à la lecture est vite déçu.
Motivée à la fin du premier tome, j’ai commencé à comprendre la lourdeur que lui reprochaient beaucoup de personnes à la moitié du second. L’action patine beaucoup trop et, à moins d’être dans le fan service pour l’un des héros, on s’ennuie… La progression est pénible, on avance souvent pour revenir à la case départ sans qu’il y ait la moindre justification scénaristique. Pour exemple, les chapitres de la fuite d’Arya qui se sont avérés ne mener à rien m’ont franchement agacée. Martin nous fait tourner en rond pour faire durer un suspens assez inutile, qui marcherait tout aussi bien sur une durée plus courte, avec des effets mieux gérés et des ellipses bienvenues. J’ai de plus en plus tendance à penser qu’il fait finalement un meilleur scénariste qu’écrivain.
Il est, en tout cas certain que le Trône de fer est très à la croisé des genres. Sa structure répond à celle d’un certain nombre de romans tout en étant trop maladroite pour tenir sur le long terme. Sans la motivation de la série et la peur du spoil, je pense que je n’irai pas au bout, et, finalement, je laisse de plus en plus les gens me révéler des informations, pour la seule raison qu’à la fin du tome 2 beaucoup de choses se déduisent facilement… sauf qu’elles se passeront peut-être dans 2 000 pages, voire plus. Sans le format télévisé, je doute que beaucoup de lecteurs seraient allés si loin (et l’on me dit que les plaintes quant à l’inanité de la saison 3 commencent à gronder…)
Les amateurs de combats épiques et sanglants aux tonalités homériques peuvent rengainer. Il n’y aura pas grand-chose à se mettre sous la dent de ce côté, ce que je regrette un peu. C’est un aspect que j’avais adoré avec Les monarchies divines.

Tout en étant mitigée sur les choix d’écriture de G. R. R. Martin, j’apprécie la saga pour ce qu’elle est, une bonne lecture de distraction, et je me donne encore la lecture du tome 3 avant de faire une bonne pause sous peine d’indigestion. Un bon point du tome 2 est l’apparition de chapitres pour un personnage qui, à ce stade, me semble le meilleur de tous : Theon. Loin des archétypes, le garçon des îles-de-fer pose un véritable problème de positionnement et ses pages sont (de mon point de vue) les plus intéressantes à lire, celles qui me redonnaient le plus sûrement envie de prendre le livre. Sauvagerie perverse mêlée à la naïveté et l’inconscience enfantine sont un terrible mélange. On lui souhaite un revers de bâton pour le regretter ensuite, en découvrant ses pensées tout étonnées de mal-aimé.
Un caractère bien trouvé, bien maîtrisé par son auteur et qui vaut vraiment le coup d’être découvert sur papier (la série l’édulcore en partie pour épargner les âmes sensibles). Le bâtard Balon en focalisation interne devrait aussi épicer un peu les chapitres du tome 3 à côté des pâlots Stark et même de Daenerys qui, passionnante à suivre dans le premier, fut d’un ennui profond dans le T2. J’ai également gardé Bran parce que je le considère aussi à part à sa façon. Même s’il n’est pas très passionnant à suivre, je l’aime bien, je le trouve plus intelligent que ses frères et sœurs et je ne peux m’empêcher de me dire qu’il va se passer quelque chose avec lui. J’espère que ses jambes auront, en tout cas, été brisées à des fins scénaristiques utiles parce que, en attendant, on ne peut pas dire qu’il nous distraie beaucoup…

Je m’arrête là et reviendrais peut-être sur le fond même de l’histoire pour le tome 3, puisque je pense que mes remarques sur la forme seront toujours valables (hélas !).

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Gatsby le magnifique – Francis Scott Fitzgerald

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gatsby-le-magnifiqueInitiée à Fitzgerald par Les heureux et les damnés, qui furent un grand moment de découverte littéraire, je me tourne vers Gatsby sur le tard, un peu comme tout le monde en ce moment, à cause de la sortie du film.
J’attendais beaucoup de ce petit roman. Un an et demi après être tombée sous le charme de son auteur, j’allais enfin replonger dans son univers, lire ce que chaque critique annonce comme son chef d’œuvre.

Résumé : Gatsby est un parvenu dont les uns recherchent la compagnie, et dont les autres se méfient. Lorsqu’il emménage dans une maison voisine à la sienne, Nick Caraway entend toutes sortes de rumeurs sur son compte. Quels secrets terribles dissimule cet homme ?

Alors qu’une vague de chroniques enthousiastes auréole à nouveau ce titre, je ne peux retenir un avis plus mitigé. Je ressors peu marquée et même assez déçue de cette lecture. Bien sûr, la prose est agréable, les scènes s’enchâssent bien, l’intrigue, assez dépouillée, atteint une portée universelle mais, pour tout dire, je me suis plutôt ennuyée. Seule l’apothéose du dernier chapitre est parvenue à me faire un peu vibrer. Fitzerald raconte la tragédie d’une société à laquelle, comme son héros, il ne fut jamais complètement lié. Son narrateur fait le constat d’un monde terrible, sur le déclin, où l’on ne peut arriver autrement que par la naissance.
Pourquoi ce roman a-t-il remporté un si grand succès ? Peut-être à cause de sa simplicité savamment dosée. Tout passe par la suggestion, le passé trouble de Gatsby comme les tensions de la belle société américaine des années folles. En arrière fond, la prohibition, la mafia, les excès d’un monde perturbé, à moitié renversé. Le scénario est un peu fou, étonnant, d’une certaine façon, mais le ton de Fitzgerald est si détaché que rien ne dérange un seul instant. Entre la thématique de l’amour impossible et celle de l’homme seul contre les calomnies de l’élite sociale, il y avait de quoi toucher durablement un très large public. La sortie d’une nouvelle adaptation et l’engouement autour de l’œuvre le prouvent.  Gatsby est la pointe émergée de la bibliographie de l’auteur, une bonne entrée en matière, mais peut-être pas la meilleure approche de Fitzgerald.

Après Les heureux et les damnés, dont la structure peu évidente ne pouvait toucher un large lectorat, l’écrivain de la génération perdue fait, avec son troisième roman, une synthèse brillante de tous les développements du second en utilisant, cette fois, un personnage auquel il est aisé de s’identifier (quand Anthony Patch est un rejeton de l’aristocratie la plus hautaine). Comme d’autres artistes de son époque, il continue de prendre sa revanche sur un milieu huppé où règnent les cultes de l’image et de l’argent, où le démon alcool avilit tout. Dans les deux cas, la conclusion est désespérée. Cependant, moins frontalement tragique, celle des Heureux et des damnés m’a laissée une impression bien plus glaçante. Au lieu de se concentrer sur le destin d’un homme, Fitzgerald condamne au surplace un monde tout entier, celui de Daisy et Tom, qui se délite de l’intérieur sans que personne – à part le lecteur – ne le constate clairement. Sans ce titre, je ne sais si la lecture de Gatsby m’aurait incitée à avancer plus loin. Il faut dire que la barre avait été mise assez haute dans mon esprit, et voir un résumé condensé du roman précédent, plus orienté vers la compassion me satisfait moins.
D’une manière encore plus subjective, je dirais que l’idée d’un amour cristallisé peine à balayer mon cynisme et que je préfère suivre par conséquent, un Anthony Patch constamment ivre, déprimé, désabusé, qu’un Jay Gatsby larmoyant collé aux basques d’une greluche.
En parlant de mes impressions autour de moi, j’ai d’ailleurs constaté que les autres admirateurs de l’auteur n’étaient pas davantage conquis par son « chef-d’œuvre ». Comme eux, je vous inciterais donc à ouvrir des romans plus délaissés et plus mordants si ce petit roman ne vous a pas convaincus.

Arrêt sur la dernière adaptation :

L’annonce d’un film pour mai m’a motivée à me remettre dans Fitzgerald et j’étais assez curieuse pour me laisser tenter malgré quelques critiques peu élogieuses. En regardant le scénario, je me suis dit que Gatsby était véritablement fait pour être porté au grand écran et j’ai un peu mieux saisi la portée de l’œuvre, l’émotion qui m’avait manquée à la lecture m’a saisi à un point où je me suis demandée comment la lecture avait pu me laisser si insensible. L’histoire est très fidèle, Di Caprio se débrouille bien et… avouons-le, c’est davantage pour l’acteur que pour le réalisateur que l’on peut se laisser tenter par cette affiche… car les beaux passages du livre sont massacrés tout le long par un mauvais goût qui frôle bien souvent le ridicule. Avalanche de kitch à tous les étages, pluies aveuglantes de paillettes, exagérations outrées qui allongent inutilement le film et confinent à l’ennui… Des lettres qui ressortent de l’écran, un visage dans les nuages, et j’en passe… J’avais comme l’impression de voir, par moment, les séquences d’un clip pakistanais. La musique, également, fut une grande déception. Pour les années folles, on pouvait s’attendre à des musiques d’époques savamment remise au goût du jour, du jazz, du charleston, ce genre de choses. Mais non, ce fut, au contraire, une ambiance jet-set sur de la musique de boîte de nuit (c’est-à-dire, de la très mauvaise electro), du r’n’b à la sauce Jennifer Lopez et autres chanteurs en parfait décalage avec le contexte. Le résultat, loin de montrer une recherche artistique osée, est grossier, vulgaire. Et, quoique l’on dise pour le justifier, le motif est évident : on donne au public populaire ses références pour s’assurer les salles pleines. Un autre point plus anecdotique mais révélateur de l’esprit du film est le personnage de Meyer Wolfsheim, subtilement incarné par un arabe (séférade ?) avec un accent bien marqué… Avec un nom pareil ? Quand on sait, de plus, qu’il a un accent bien germanique dans le livre ? Et, surtout, un homme puissant d’une telle origine dans les années 20 ? Par pitié, que l’on arrête de prendre des gens pour des imbéciles en changeant, l’air de rien – mais avec une odieuse mauvaise foi – le personnage et le discours de l’auteur qu’on adapte.

Si vous n’avez pas encore vu Gatsby ou que vous en ressortez avec des impressions proches de miennes, je vous conseille l’adaptation méconnue en France de Ces corps vils d’Evelyn Waugh : Bright young things de Stephen Fry qui réussi parfaitement la réalisation d’un film contemporain sans dénaturer les années 20 et le ton de l’auteur.

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Nous disparaissons – Scott Heim

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nous disparaissonsAprès Mysterious Skin – porté au cinéma par Greg Araki – Scott Heim retourne une fois de plus dans le Kansas sinistre de son enfance. Plus autobiographique, Nous disparaissons soulève de nouvelles parts d’ombre. Le passé est toujours pesant, toujours difficile à avouer, marqué par la trace floue de l’oubli.

Scott, auteur de livres pour enfance à New-York doit retourner dans sa ville natale pour accompagner une mère, Donna, en phase terminale de cancer, obsédée par les enfants kidnappés, souvent retrouvés morts sur le bord d’une route. La voici qui l’entraîne dans un jeu de dupe étrange, où il s’agit d’obtenir les confidences des victimes en prétendant écrire un livre. Les souvenirs d’enfance, d’adolescence ressurgissent, nostalgiques pour le fils, troublants pour sa mère. Aurait-elle « disparue » un jour alors qu’elle n’était qu’une fillette de six ans ? Pourquoi ne l’avoir jamais dit avant ? Que s’est-il vraiment passé ? Le roman s’articule autour de ces questions inquiétantes, tandis que Donna entremêle les histoires et s’enfonce dans un délire que seule la maladie semble expliquer. Arraché à la routine de la grande ville, Scott lutte contre un autre démon, celui de la drogue, son besoin de meth qui l’oppresse en permanence et la souffrance de ne plus avoir de dealer au coin de sa rue. Il est maigre, convulsé de spasmes, terrifiant. Le plus désespéré des deux n’est peut-être pas celle qu’il pense aider.

La réalité du fils et de sa mère se perd dans le fantasme, les hallucinations, la douleur d’une mort à venir, la dépendance et la crise d’identité. Des visages d’enfants perdus défilent, accrochés dans la cuisine, dans la voiture, dans des dossiers remplis de coupures de journaux. Ils se mêlent, se confondent, les filles ressemblent à Donna, les garçons à son fils.
On retrouve les thèmes de Mystérious Skin : l’idée d’une enfance volée, les souvenirs effacés, remplacés, le parc de jeux où les jeunes garçons attendent du sexe sur des balançoires rouillées. En hommage à sa mère récemment décédée, Scott Heim écrit une sorte d’auto-fiction très intimiste. Sa plume pénétrante essaye de retenir le temps, de repousser toujours plus loin la mort d’une mère adorée. Car, malgré tout ce sinistre, amour et complicité triomphent, non sans quelques larmes.
Lire Nous disparaissons est une sorte d’épreuve à la fois belle et pénible. Avec un style bien à lui, l’auteur sait nous piéger dans un monde froid et cotonneux, nous tirer vers des rapports à l’adolescence assez compliqués, avec, toujours ce sentiment de ne pas être à sa place, de ne pas entrer dans la vie comme on le devrait. Il n’oublie pas, par ailleurs, quelques mentions touchantes à ceux qui s’habillent de noir, se maquillent et aiment « la musique et les soirées d’automne ». Une poésie indolente, toujours piquée d’angoisse, nous berce, nous étouffe, convoque, au final, une foule d’impressions contradictoires en quelques pages. Le roman ne se dévore pas, on en sort avec autant de bonheur qu’on y entre. On appréciera la retenue très néo-romantique d’un écrivain capable d’aborder les sujets les plus sombres sans jamais tomber dans la tentation facile et vendeuse du trash.

Sans doute plus facile d’accès que Mysterious Skin, il donne une excellente « suite » à ce titre et pose Scott Heim devant le fantôme de William S. Burroughs, dans une veine plus sensible, bien sûr. Sa bibliographie est malheureusement assez limitée. Nous disparaissons est arrivé treize ans après Mystérious Skin (en 2008). Il faudra sans doute attendre encore quelques années pour avoir une nouvelle histoire, au moins dans une version anglaise. Gardons son nom à l’esprit.

Actus de l’auteur :
Loin d’être inactif, Scott Heim a affirmé récemment son amour de la musique ‘ténébreuse’ en éditant une série de livres électroniques The first Time à heard où auteurs et musiciens se retrouvent autour d’un groupe. Quatre volumes sont déjà sortis : Joy Division et New Order, Cocteau Twins, Kate Bush, David Bowie et The Smiths. Puisque je vous dis qu’il est à suivre de près !

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Le temps de l’innocence – Edith Wharton

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Il fallait bien une dernière révélation littéraire pour terminer l’année 2012, et j’ai eu le bonheur de découvrir Edith Wharton. Le temps de l’innocence a ce truc qui fait que, passé cinquante pages, il m’était tout simplement impossible de m’en défaire.

le temsp de l'innocence Le résumé de l’histoire tient pourtant à peu de choses. Dans les années 1870, Newland Archer un jeune homme de la haute bourgeoisie américaine tombe sous les charmes d’Ellen Olenska, la scandaleuse cousine de sa fiancée. Difficile de ne pas redouter un autre roman à l’eau de rose et, non sans malice, Edith Wharton esquisse dans un premier chapitre le portrait d’une société absolument ennuyeuse. Archer est un personnage trop insipide pour plaire. Il est le produit de l’aristocratie américaine. Son cœur gonflé d’idéaux romantiques s’émeut à l’idée de la jeune et charmante vierge qu’il pourra initier à l’amour. Un héros comme tant d’autres que l’on rencontre à l’opéra, lors d’une représentation de Faust. Peut-on faire plus cliché ? Mais, quelque chose d’autre dérange. A travers le regard de Newman, le lecteur observe d’autres spectateurs, les éminentes personnalités de la haute bourgeoisie américaine. Tout est codifié, tout semble faux et, alors que le ton garde une certaine neutralité, on se sent vite à l’étroit dans cette société lissée à l’excès.
L’arrivée d’Ellen Olenska trouble une assemblée habituée à reproduire la même journée. Il n’est pas décent qu’elle se montre en public. En effet, la jeune femme a laissé un mari qui la trompait en Europe et espère obtenir le divorce en Amérique. Scandale ! Bien que le divorce soit légal outre-Atlantique, la pression sociale est telle qu’il est, en réalité, quasiment impossible de le réclamer.
Mais le vrai coup de théâtre n’est pas encore là. Wharton sait manipuler son lecteur pour le mener là où il faut. Le sentiment d’injustice nous gagne, tandis que les personnages s’acharnent à présenter madame Olenska comme la dernière des traînées.
Jusqu’au chapitre 5, l’intrigue progresse très paresseusement quand, soudain, lors d’un repas avec ses futurs beaux-parents, le sage Newland s’élève pour prendre sa défense : « Qui a le droit de refaire sa vie, si ce n’est elle ? Je suis écœuré de l’hypocrisie qui veut enterrer vivante une jeune femme parce que son mari lui préfère des cocottes. Les femmes devraient être libres, aussi libres que nous le sommes, déclara-t-il, faisant une découverte dont il ne pouvait, dans son irritation, mesurer les redoutables conséquences. » Terrible passage. Le revirement du personnage, le tournant tout nouveau que prenait l’histoire sous la plume d’une femme née en 1862 m’a véritablement laissée sous le choc. Il avait osé ! Impossible, après cela, de ne pas tourner la page pour ne pas passer au chapitre suivant, puis, de dévorer finalement tous les autres, car une question obsédante nous tient jusqu’à la fin : Newland pourra-t-il aller jusqu’au bout de sa pensée ?

Je vous laisse le suspens, dire serait gâcher le plaisir d’une écriture qui sait jouer sur les émotions tout en critiquant vivement l’aristocratie américaine de la Belle Epoque. Edith Wharton n’est pas tendre, son réalisme est mordant, son style ne manque pas de piquant. C’est assez jubilatoire. J’aime sa façon de souligner des énormités sur un air apparemment détaché.
Newland perd ses idéaux romantiques au moment où il les obtient. Sa fiancée, la belle et vertueuse May, n’est rien d’autre qu’une âme préformatée. Comment, se rend-il compte, une jeune fille à qui l’on empêche de vivre jusqu’à son mariage peut-elle avoir assez de maturité pour élever son esprit ? Son regard change, il voit dans les yeux de toutes les épouses de son entourage une expression vide et enfantine de personnes qui n’ont jamais grandi, jamais souffert, jamais vécues par elles-mêmes. Rien à voir avec Madame Olenska qui lui renvoie un quelque chose de douloureux et aiguisé. Edith Wharton dénonce un monde où les femmes sont condamnées à garder une âme puérile ou, comme madame Olenska – et comme elle-même – obligée de se battre pour s’extirper de codes dans lesquels on cherche sans cesse à les emprisonner.
Le portrait de May est assez édifiant. On ne peut s’empêcher de sourire aux sarcasmes froidement réalistes qui l’affligent tout au long du roman. L’épouse idéale ne devient finalement rien de plus qu’un produit de sa société, un genre de robot dont toutes les paroles, réactions et même pensées sont prévisibles. Au désespoir, Newland ne pourra qu’en arriver à ces réflexions : « en somme, elle avait toujours eu le même point de vue : celui du monde qui les entourait » « Pourquoi émanciper une jeune femme qui ne se doutait pas qu’elle fut sous un joug ? ».

Tout en se tenant à l’écart d’une amère rancune, Edith Wharton se contente d’un constat, comme un médecin établirait le diagnostique d’une maladie. Elle nous montre une société « innocente », où homme et femme pensent comme ils le devraient, enfermés dans une prison dorée qui s’acharne à ignorer les sentiments. De la même manière, la fin nous montrera à quel point la société a changé après la première-guerre mondiale, sans que cette génération vieillissante n’en ait rien vu. La voix de Wharton est forte, elle est de ces auteurs féminins forts, qui, sortis de leur condition grâce à leur intelligente, savent en montrer les travers, et savent aussi qu’elles sont des exceptions car, finalement, May n’est peut-être pas stupide, mais son esprit n’a pas la capacité de fonctionner autrement que par mimétisme. Le temps de l’innocence pose aussi la question de l’absurdité d’une vie trop protégée avant le mariage, et de la difficulté de s’entendre en amour avec une personne qui n’en connaît rien. C’est aussi un témoin important de son temps, qui a l’intérêt de nous présenter un monde à l’aube d’une mutation sociale. Lorsque, vingt-sept ans plus tard tout a changé, on ne s’étonne pas qu’une société trop fragile à force d’hypocrisie ait succombé.

Un autre conseil de lecture : Edith Wharton garde ses distances avec son récit car, écrit après la première-guerre mondiale (en 1920), Le temps de l’innocence était avant tout pour l’auteur une manière de se réconcilier avec une époque révolue. Il lui était trop pénible d’écrire sur « l’après ». Pour une critique plus acerbe des mœurs de la haute bourgeoisie, vous pouvez vous diriger sans crainte je pense vers un titre antérieur : Chez les heureux du monde, publié en 1905. J’en ferai la lecture et le chroniquerai dès que je pourrai.

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Chroniques de livres

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A
Anthologie Alternative Rock
Anthologie Créatures
Anthologie Folie(s)
Anthologie Malpertuis VI
Antho-noire… pour nuits de légendes
Anthologie Robots

B
J. G. Ballard – Sécheresse
Clive Barker – HellraiserRobert Benchley – L’économie, pour quoi faire ?
Dermot Bolger – Une illusion passagère
Ivan Bounine – Coup de soleil et autres nouvelles

C
Gail Carriger – Sans âme
Julien Cendres – A la splendeur abandonnée
Ronaldo Correia de Brito – Le jour où Otacilio Mendes vit le soleil

D
Degüellus – Pestillence

E
Patrick Eris – Le Chemin d’ombres

F
Delphi Fabrice – L’araignée rouge
Jeanne Faivre d’Arcier – L’Opéra Macabre
F. Scott Fitzgerald – Les heureux et les damnés
F. Scott Fitzgerald – Gatsby le magnifique

G
Emile Goudeau – Dix ans de bohème
Elizabeth Gaskell – Nord et Sud

H
Hallgrimur Helgason – La femme à 1000°
Scott Heim – Nous disparaissons
Grégoire Hervier – Scream Test
Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte
Huysmans – Nouvelles

J
Maxim Jabukowski – Confessions d’un pornocrate romantique

K
Philip K. Dick – Humpty Dumpty à Oakland

L
Eric Lange – Le Sauveteur de touristes

M
G. R. R. Martin – Le Trône de fer 1 & 2
Fitzroy McLean – Dangereusement à l’est

N
Kim Newman – Anno Dracula

O
Pola Oloixarac – Les théories sauvages

P
Mervyn Peake – La trilogie de Gormenghast
Mervyn Peake – Titus dans les ténèbres
Alexandre Postel – Un homme effacé

R
J. K. Rowling – Une Place à prendre

S
Lucien de Samosate – Éloge du parasite

T
J. R. R. Tolkien – La Communauté de l’anneau

V
Franck Villemaud – Palissade

W
Roland C. Wagner – Rêves de gloire
Evelyn Waugh – Ces corps vils
Edith Wharton – Le temps de l’innocence

Z
Emile Zola – Le Ventre de Paris