Tag Archives: Fabrice Delphi

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Vous l’aurez sans doute remarqué, ce blog est entré en sommeil depuis une quinzaine de jours. Avec un mois chargé comme celui-là, toutes les activités qui ne concernent pas mon master se doivent, hélas, d’être mises entre parenthèses. Néanmoins – que l’on se rassure – je reviendrai certainement la semaine prochaine et peux dès lors vous annoncer que les prochaines chroniques littéraires se concentreront sur des romans des années 2000.

Je profite en attendant de ce court billet pour vous tenir au courant des dernières évolutions dans mes projets. La maquette du livre sur la culture gothique est quasiment terminée et devrait finir chez l’imprimeur à la fin de la semaine. Le livre fera tout au plus 100 pages. Il sera bientôt disponible sur internet et vous pourrez rencontrer les auteurs à l’occasion de quelques événements dont je vous parlerai plus en détails plus tard. En tout cas, cette petite aventure ne fait que commencer !

Toute mon énergie est actuellement portée sur l’écriture de la biographie de mon « célèbre inconnu » Fabrice Delphi dont j’ai chroniqué l’un des livres un peu plus tôt (L’Araignée rouge). Pas simple de faire un travail aussi sérieux avec un projet de livre à côté. Les 35 000 signes demandés par mon master s’écoulent dans l’urgence, alors j’espère ne pas écrire de grosses bêtises historiques sur cette contrainte. En tout cas, je fais de mon mieux pour coller à mon texte et explorer au plus prêt le Paris des décadents de la Belle Epoque. Je ne sais si le résultat sera intéressant, mais pouvoir affiner mes connaissances sur cette période et avoir un prétexte pour lire un peu plus de Huysmans et de Villiers de l’Isle-Adam est toujours un plaisir.

IMG00130-20130312-2112Je vous parlais la dernière fois de ma contribution au journal des étudiants de Lettres, L’Effeuillé. Le dernier numéro est paru la semaine dernière avec, pour ce mois, un dossier spécial Japon ! Je vous laisse regarder son visuel ainsi que la couverture du numéro précédent qui était consacré à la fantasy. Pour rester dans le thème japonais tout en parlant d’un auteur que j’aime (malheureusement, je suis au niveau zéro en ce qui concerne la littérature orientale) je me suis servie de l’expérience de J. G. Ballard dans les camps de prisonniers à Shangaï pour écrire un article qui se rapproche de ma chronique consacrée à Sécheresse (Donc, pas la peine de vous la remettre ici).
Le prochain numéro sera consacré à la cyber-littérature. Article à paraître sur l’évolution de la critique littéraire sur internet !

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Première page de l’article sur Gormenghast

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Article Ballard page 1

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Article Ballard Page 2

 

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L’Araignée rouge – Fabrice Delphi

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Toujours à la recherche d’une littérature étrange et oubliée, j’ai profité d’une réédition de L’Araignée rouge pour découvrir l’un des plus curieux romans de l’époque décadente. Son auteur, Delphi Fabrice, n’évoquera probablement rien à personne. Il fait parti de ces écrivains plutôt talentueux auxquels l’Histoire littéraire n’a pas laissé de chances. Trop proche de personnalités comme Jean Lorrain pour se faire une place, Delphi s’est effacé derrière des collaborations et l’écriture facile de romans de gare.

Delphi Fabrice Pourtant, la lecture de L’Araignée rouge marque l’esprit et méritait, en cela, de sortir de l’ombre. Nous sommes aux frontières du fantastique, emportés tout entier dans le délire frénétique d’un fou drogué à l’éther. Le roman fit un petit scandale à sa sortie, et l’on comprend vite pourquoi.
L’histoire s’ouvre sur le témoignage inquiétant de l’auteur. Un personnage singulier rencontré dix ans plus tôt, Andhré Mordann, lui a fait parvenir un journal avant d’être arrêté par la police couvert de sang et serré contre des pierres tombales. Ainsi, commence une plongée sombre et délirante dans les jours d’Andhré. Le jeune homme n’est pas fou, mais la vie le fait souffrir. Eternel inadapté, il ne se fait pas à l’hypocrisie familiale, déteste la campagne, trouve sa contemplation vaine. L’idée du couple bourgeois l’ennuie et « le fantôme de son enfance » le poursuit. On voudrait le marier à une fille de bonne famille dont l’âme trop lisse ne l’attire pas. Lui, au contraire, cherche des personnes aussi brisées que lui. Si elles ne le sont pas, il tourmente leur sensibilité pour leur léguer un peu de sa souffrance. Ses satisfactions sont cruelles. Andhré incarne, sans compromis, la figure d’un être en rupture avec la société. Il est cynique, car il sait son mal incurable. Intelligent et cultivé, il préfère les bouges à son milieu. La salubrité du Paris populaire lui est une sorte de consolation. La misère ne ment pas. Elle le laisse s’avilir tout entier, et s’émerveiller dans l’horreur.

Mais, la mélancolie seule n’explique pas l’attitude d’Andhré. Elle n’est que le point de départ de son malheur. Son impossibilité à donner un sens à son existence a fait de lui un éthéromane. En bon observateur, Delphi esquisse le portrait d’un drogué qui ne pouvait ressentir la vie autrement qu’en s’empoisonnant l’âme.
« Anéanti devant mon impuissance, j’étais sans courage pour échafauder une illusion de travail. Non, je n’avais même pas le peu de volonté nécessaire pour m’employer à quelque oeuvre utile et banale dont la réalisation ne laisserait pas en moi une place pour l’inquiétude. Et des cours, et des nuits, je m’hébétais dans la monotonie d’une existence à la dérive qu’une angoisse aiguë torturait par crises. C’est alors que je connus mon ami, mon confident, mon consolateur, celui qui est toujours là, l’éther… »
D’abord envoutant, l’éther inspire les pires cauchemars après quelques prises et, bien que l’enchantement soit à jamais perdu, le consommateur continue d’en boire avec l’espoir de retrouver la volupté des premiers jours. Le journal s’enlise dans les ténèbres d’une ivresse noire, marquée de cadavres, de noyés, de fantômes et d’araignées.

Des dizaines d’araignées rouges courent le long des pages. Le plus souvent, il s’agit de mains nerveuses et agitées, parfois cerclées de bagues, qui, sous le regard du narrateur, se détachent des corps, semblent exister indépendamment de celui-ci. Elles sortent aussi des fleurs, rouges, leurs pattes s’éployant comme des pétales. Au fil des jours, la tension monte. Le personnage glisse vers un point de non retour complètement désespéré. Gogol fait pâle figure à côté de ce journal d’un fou qui impose un fantastique dérangeant, martèle l’esprit et nous rend presque suffocants.
Impossible de lâcher le livre avant la fin. L’auteur nous piège dans un vortex infernal, en arrivant presque à nous faire ressentir les effets de l’éther à coup de symboles sanglants, et de créatures rampantes qui, irrésistiblement, conduisent à la mort, aux passions assassines.
Tous les clichés du fantastique fin du siècle répondent présents. Delphi les enchaîne de manière excessivement tactile et visuelle. La lecture est brillamment indigeste et l’auteur ne s’en cache pas en annonçant, dans une lettre à Jean Lorrain (qui était éthéromane), un « récit noir, noir, noir… ».
L’Araignée rouge
est une épreuve mentale. On en sort comme d’un mauvais rêve, à bout de souffle, étourdi, l’esprit en feu et balloté. Delphi signe un livre d’une rare violence, et sans doute l’un des premiers textes psychédéliques. Les effets de l’éther sont palpables, et, je dirais même qu’il n’est plus besoin d’en consommer pour goûter ses désordres cauchemardesques.  Une expérience littéraire des plus troublantes.

Une illustration de l'Araignée rouge par Delphi Fabrice.

Une illustration de l’Araignée rouge par Delphi Fabrice.

Extrait :
« – Enfin, monsieur Mordann, quelles joies pouvez-vous trouver à gâcher ainsi votre existence ?
Et les yeux clairs s’attachaient sur moi, interrogateurs, si sympathiquement interrogateurs, qu’un sanglot soulevait ma poitrine et que, tout d’un trait, je criais mes secrètes tortures, la maladie du doute qui était en moi, cette maladie de la sensation à outrance, quand même et toujours, qui s’était attachée à mon âme comme une rouille, stridait à mes oreilles comme un essaim de guêpes obstinées… Oh ! mes luttes d’agonie, mon besoin de respirer, de vivre la vie de tout le monde, d’aimer et de haïr – les clamais-je assez ; disais-je assez mes souffrances, mon âme se débattant dans les mailles du réseau aranéeux ; sans cesse rompues, sans cesse resserrées, tissé par l’idée infatigable, tel un brouillard sur ma pensée ! Oh ! oui, l’expliquais-je assez ma peine, l’enlisement de tout mon être à la recherche de l’absolu dans la sensation, ma descente vers les assises immuables de la volupté, et la catastrophe certaine qui m’attendait, le jour où mon cerveau pris de vertiges allait osciller comme le plancher d’une barque sur le dos liquide de je ne savais quel chimérique océan… »

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Nouvelle SF, livre sur les gothiques, article, biographie et projets en tout genres

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Mes publications se raréfient ces derniers temps, et pour cause, depuis le début de l’année, je n’ai pas vraiment l’occasion de me reposer. Pour tout dire, voilà une semaine que je n’ai pas ouvert un seul livre, et – là ça devient tragique – le x-men universe de décembre n’a toujours pas quitté mon sac.

Peu après le nouvel an, j’achevais un dossier pour un cours sur la littérature et l’Histoire. J’ai pris les années folles et la génération d’après-guerre : Les heureux et les damnés de Fitzgerald, Chéri/La fin de chéri de Colette, et Ces corps vils d’Evelyn Waugh… Mais finalement, j’avais surtout envie de parler d’Evelyn Waugh. J’en profiterai pour lui dédier un article dans la semaine.

L’université de Rennes organisait aussi un concours de nouvelles sur le thème de Babel. 15 000 signes à rendre pour le 14 janvier. En le découvrant le mois dernier je me suis dit qu’il serait trop bête de ne pas y participer. Mais, à cause du dit dossier, je n’ai pu m’y mettre avant cette semaine. J’avais un tas d’idées, il m’a fallu faire très vite et très court, en gérant avec les soirées du week-end. Pas sûr que ça ait du succès, néanmoins, je tenais à aller au bout de ma démarche pour respecter un pacte scellé avec moi-même en premier lieu, et aussi parce qu’à force d’y réfléchir, je pense sérieusement à utiliser cette nouvelle pour en faire la base d’un roman de SF. Quelque chose d’assez sérieux, qui pourrait aussi heurter la pensée actuelle (vraiment un pile ou face pour le concours à ce niveau). Je vous en parlerai un peu plus fin mars.

Pour être dans le concret, j’ai également proposé d’écrire un article pour le journal des étudiants de lettres de Rennes 2, L’Effeuillé. Ce mois-ci, le numéro porte sur la fantasy et c’est sans surprise que je me suis attachée à présenter la trilogie de Gormenghast. La revue sera prochainement dans tous les couloirs de la fac ! J’aimerais donner suite à cette expérience en février mais le thème est sur le Japon… Très franchement, je ne vois pas encore sur quel sujet m’épandre.

Cette semaine était également occupée par un stage en informatique organisé par mon master. Nous avons créé le site de notre projet commun où nous devrons tous écrire une biographie de 35 000 signes sur une personnalité oubliée du siècle dernier. J’ai choisi Delphi Fabrice, auteur de L’Araignée rouge, et je reconnais que, sur ce plan, je suis vraiment très en retard. Je crois que je me donne un peu trop de travail, je vais essayer de lui consacrer tout la deuxième moitié de ce mois.

Mais pour ce début de semaine, mon objectif est lire et annoter les quelques 33 pages que m’ont envoyé mes auteurs pour un projet d’édition qui se doit d’être achevé à la fin du mois de mars. J’ai choisi de ‘passer la commande’ d’un petit livre dédié à la culture gothique. « N’y en a-t-il pas assez ? » me diriez-vous ? Ah, les éditions Camion Noir et les Carnets Noirs ont déjà fait un super boulot pour les sujets de fond. Ici, le but sera plutôt de donner un panorama général, sans grande prise de tête, pour tous les curieux qui voudraient explorer ce monde au-delà des clichés. En plus, nous auront l’auteur de jesuisgothique.com pour l’illustration, et ça, c’est tout de même assez cool. Je vous en dirai un peu plus très prochainement car, de ce côté, les choses vont aller très vite. Donc à bientôt