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Les Bibliothèques des princesses de Navarre au XVIe siècle – Damien Plantey

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plantey_couv_518c_v2Avec les Masse Critique Babelio en littérature & essais, c’est un peu toujours le même jeu, j’essaye de dénicher une documentation inattendue mais susceptible de m’intéresser. Pour la deuxième fois consécutive, je récidive donc avec les Presses de l’enssib, et je dois dire que mon activité dans l’édition me rend toujours les propositions de leur catalogue très attirantes. Bien plus ciblé que L’Histoire du livre de poche aux États-Unis, Les Bibliothèques des princesses de Navarre au XVIe siècle m’a tout de suite intriguée. Le risque de me trouver confrontée à un sujet bien trop spécifique était élevé, mais l’angle d’approche semblait assez original pour mériter l’attention. J’ai toujours une certaine nostalgie de l’université, alors rien de tel que la lecture d’une thèse pour réactiver un peu ses connaissances.

Résumé : “Dans ma montage, j’ay appris à vivre plus de papier que d’aultre chose” : voilà ce qu’écrit, en 1527, la nouvelle reine de Navarre Marguerite d’Angoulême à son frère François 1er.
Dans cette phrase, tout est signalé : il s’agit bien d’un ouvrage traitant des bibliothèques – des librairies disait-on – des princesses et reines de Navarre, cette province du Sud-Ouest de l’Europe. Car, en ce long XVIe siècle, les femmes incarnent le pouvoir politique, militaire, le courage et l’érudition. Pendant cette période, dont la date charnière est 1525, date à laquelle François 1er est fait prisonnier à Pavie, et depuis la fin du XIe siècle, les femmes, de Catherine de Foix-Béarn, Jeanne d’Albret et Catherine de Bourbon, jusqu’à Marguerite de Valois, qui meurt en 1615, se transmettent et enrichissent leurs bibliothèques : du château seigneurial de Nérac au château royal de Pau, elles constituent des collections d’ouvrages d’abord pieux, puis acquièrent des ouvrages de géographie, sur les routes maritimes, des ouvrages de musique, des ouvrages en langues italienne, castillane.
Ces bibliothèques sont des collections de livres, mais aussi du mobilier, des objets, des bijoux : elles symbolisent un usage de la lecture, et posent, déjà, la bibliothèque comme preuve éclatante du pouvoir politique.

Le rôle des femmes à l’époque des grandes dynasties est souvent survolé dans l’apprentissage de l’Histoire, et l’ouvrage propose une approche intéressante, en rappelant qu’elles furent souvent très occupées à faire circuler la culture dans leurs royaumes. C’est un fait important, méconnu en des temps où nos lectures dépassent à peine l’ère post-Révolution et un XIXe siècle où les hommes prennent les beaux rôles sans grand partage. Dans un monde donc, où la noblesse régnait, où les femmes de haute naissance recevaient une instruction très complète qui devait les préparer à gouverner leur domaine en temps de guerre, après la mort de leur époux et à éduquer leur héritier, elles suivaient de près les nouvelles découvertes. L’essai fait état d’une bibliothèque qui n’a cessé de s’enrichir sur trois générations. La période est idéale. Nous sommes en pleine Renaissance, des auteurs grecs et arabes, délaissés au profit des latins pendant le Moyen-âge, bénéficient enfin de traductions qui entraînent la découverte de nouveaux textes, la médecine progresse, on se passionne pour la navigation et les contrées exotiques, on philosophe avec Platon et on réfléchit à une nouvelle manière d’être chrétien. Sur ce sujet, les princesses de Navarre ont quelque peu semé la pagaille. Tout commence avec Marguerite de Navarre qui donne à réfléchir aux idées en vogue en rédigeant L’Heptameron et se poursuit avec sa fille – Jeanne d’Albret – qui prend la tête du mouvement protestant en France et implante la Réforme calviniste sur ses terres. Sa fille, Catherine de Bourbon, épouse ensuite Henri IV. Se pencher sur les ouvrages et avancées culturelles qui ont accompagné la vie de ces trois dames pourrait difficilement manquer de pertinence.

Néanmoins, le sujet reste ardu, et si je préfère donner un rapide résumé pour aborder cette critique, autant dire que plonger dans la thèse de Damien Plantey sans préparation ni bonne connaissance du sujet ne sera pas simple. Mes bases sur la question n’étaient pas d’une grande précision et, surtout assez lointaines. J’aime cependant me retrouver confrontée à des sujets d’études qui me permettent d’exploiter des savoirs laissés à l’abandon dans un coin de ma mémoire. J’ai lu et étudié L’Heptameron avec un intérêt modéré en dernière année de licence, mais, plus amusant, j’ai visité le château de Pau dont il est souvent question dans le livre un jour où j’étais de passage dans cette ville. J’aurais finalement préféré faire l’inverse car je manquais à ce moment de connaissances et n’en ai gardé que des souvenirs épars. L’ouvrage a un côté inventaire et descriptif assez rébarbatif qui donnerait parfois envie de le poser pour aller observer les choses par soi-même. Malgré des illustrations bienvenues au fil des pages, il est assez difficile, voire peu intéressant pour un lecteur ordinaire, de se représenter avec précision la composition d’une pièce et les éléments qui la composent. Le sous-titre «Livres, objets, mobilier, décor, espaces et usages » ne ment pas. Il sera malheureusement davantage question d’énumérations que de détails et aventures sur la vie des princesses. Des anecdotes sont heureusement là pour raviver l’intérêt et agrémenter la lecture, mais nous restons dans une thèse, avec les exigences et inconvénients que cela implique et qui ne permettent pas d’aborder le texte au même titre qu’un ouvrage historique. Avoir le produit « brut » publié peut décourager un public plus large, et sera d’un intérêt limité pour les nombreuses personnes qui s’intéresseront davantage au rôle du livre dans la vie politique du XVIe siècle qu’au mobilier détaillé des bibliothèques de princesses. L’autre inconvénient de ce format est sa mise en forme qui n’est pas du tout linéaire. Il faut s’accrocher et se familiariser avec la chronologie et les personnages du siècle que l’on traverse car, comme tout projet de recherche sur un sujet très délimité, le texte est découpé par thématiques, ce qui entraîne sans cesse des bonds temporels d’une génération à l’autre, chose assez peu confortable.

Si ces aspects arrivent à ne pas rebuter, Les Bibliothèques des princesses de Navarre au XVIe siècle est à savourer petit à petit, et on plongera avec plaisir au cœur de châteaux Renaissance encore plein de vie. Il y est question du livre échangé comme une arme politique (offrir le moyen d’acquérir un savoir nouveau était sans prix), un moyen d’acculturation du peuple (en particulier pour les amener sur la « juste voie » du culte protestant en ce qui concerne Jeanne d’Albert), ou comme bonne distraction de cour, avec les pièces de théâtre que la lecture de mythologie greco-romaine ou romans de chevalerie pouvaient inspirer. On y découvre des hommes et femmes très proches de nous, qui aiment s’identifier à leurs héros préférés, se déguiser, passent des heures à exercer leur logique sur des jeux de stratégie (dames, échecs), collectionnent de beaux objets auxquels ils attribuent une forte valeur symbolique, car le cabinet de librairie rassemble tout ce qui stimule l’esprit et fascine l’imagination. Le fait que l’auteur se concentre sur leur inventaire fera un peu regretter le passage rapide sur les « usages » de tous ces trésors d’un autre âge. Cependant, beaucoup d’éléments piquent la curiosité sans la satisfaire complètement. Pour une immersion encore meilleure, de citations d’époque émaillent le texte. Si certains pourront être ennuyés par des phrases de type « ung escriptoire de boys couvert de bert », j’ai trouvé presque amusante l’impression d’entendre les voix de l’époque à travers des passages assez courts pour être compréhensibles sans retenir trop péniblement l’attention.

Un beau sujet d’étude, qu’il faudra davantage apprécier en tant que travail de recherche que livre d’Histoire. On en ressort avec un certain nombre de réflexions nouvelles, l’envie de poursuivre la découverte avec d’autres études, ou la visite de châteaux Renaissance pour mieux appréhender les descriptions. Je dois confesser ne jamais être venue à bout de L’Heptameron et ses presque 800 pages en vieux langage, mais ça m’a presque donné envie de lui redonner une chance pour prolonger encore l’expérience avant de revenir dans le présent.

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Séraphîta – Honoré de Balzac

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seraphita-honore-de-balzac-precedee-de-la-philosophie-de-balzacPour certains, le souvenir de la découverte de Balzac évoque un traumatisme littéraire, une lecture forcée du lycée. Mon premier contact avec l’auteur a été légèrement plus tardif. Pendant ma première année universitaire, j’ai dû lire Le Médecin de campagne. Le titre ne me disait trop rien, et ce fut une petite claque. Je me souviens encore du nombre de passages notés à la hâte dans les transports, ou des pages que je cornais pour y revenir plus tard. Balzac a souvent des mots justes pour parler des gens, des formules brillantes qui, d’un coup, éclairent toute une réalité. J’y suis retournée quelques années plus tard, toujours pour les études, avec Le Cousin Pons, puis je me suis attaquée au monument que sont Les Illusions perdues et là, on peut dire que j’ai tenu entre les mains le roman qui restera à vie l’un de mes préférés. D’autres œuvres de Balzac patientent tristement dans ma bibliothèque mais voilà des années que je ne trouve pas l’élan ou le temps pour m’y mettre. Alors, quand on partenariat pour un texte peu connu de l’auteur a été proposé sur Livraddict, je me suis dit que ce serait l’occasion de m’y remettre, avec l’espoir d’avoir une nouvelle bonne surprise. Malheureusement, je crains que la lecture de Séraphîta n’ait cet arrière-goût désagréable que garde Le Père Goriot pour plusieurs personnes.

Résumé : Dans l’histoire de la littérature français, La Comédie humaine est sans doute la démonstration en acte la plus monumentale et la plus aboutie d’un système de pensée. Conçue comme la couronnement des « Études philosophiques », Séraphîta constitue le point culminant de l’œuvre de Balzac. C’est dans ce récit que se dévoile la vision balzacienne de l’homme et du monde, et que se trouve assurée la cohérence (quasi parfaite) de La Comédie humaine tout entière. Symbole mythique de l’androgyne, le personnage de Séraphîta représenta le diversité dans l’Unité, incarne l’idée de l’Absolu et du rappor entre le corps et l’esprit, le matériel et le spirituel, le fini et l’infini, l’homme et Dieu. D’inspiration mystique, s’appuyant sur les travaux et la pensée de Swedenborg, Séraphîta vise une explication totale du monde et de l’homme, où l’Amour constitue le point central.

Sans être une grande lectrice de philosophie, j’y ai fait d’assez nombreuses incursions. Mais il faut dire qu’à part Nietzsche, Bataille et, dans une moindre mesure, Sade, peu d’auteurs m’ont réellement passionnée. J’ai sans doute pour cette matière un point de vue trop rationnel et scientifique. Peu de choses me semble du coup plus inutile qu’une vision purement mystique du monde, ou ayant en tout cas la volonté de rester sur des idées abstraites.

Je pensais avoir de l’intérêt pour Séraphîta étant justement fascinée par l’aisance avec laquelle Balzac arrive à se glisser dans l’intérieur de personnages très différents, en sortir toute la complexité, et garder à chaque fois de l’ambivalence pour dépeindre un monde où personne n’est jamais strictement mauvais ou absolument bon. J’ai aimé le fait de travailler sur un personnage androgyne, tour à tour perçu comme un homme et une femme selon les attirances des êtres qui le désirent. C’est un bel exercice de style et, d’ailleurs, les moments de narration purs sont un plaisir pour qui aime la plume de l’auteur. Mais, au-delà de ça, Séraphîta est un texte très rébarbatif. Au final, j’ai eu ce sentiment désagréable et fréquent à ma lecture d’essais philosophiques que, sous le coup d’une révélation, l’auteur développait de long en large un concept évident qui ne me semble pas mériter tant d’explications. Notre perception d’homme est limitée, c’est un fait. Ces 200 pages ne disent pas grand-chose de plus. Je n’ai pas non plus saisi pourquoi l’auteur prenait tant de temps à paraphraser Swedenborg. Pourquoi ne pas simplement renvoyer les lecteurs à ses textes ? Ça m’a laissée assez perplexe et c’est à ce moment que j’ai vraiment commencé à décrocher. L’une des grandes raisons aussi est que je n’ai pas été convaincue du tout par la dimension du propos. Les envolées Romantiques ne sont pas du tout une chose à laquelle je suis sensible, surtout quand elles s’enfoncent de plus en plus lourdement dans une dimension religieuse. L’avant-propos a beau proposer aux lecteurs modernes de voir cela comme une métaphore, je ne suis pas persuadée que toutes ces histoires de cieux, anges et visions christiques puissent nous éloigner d’un point de vue profondément chrétien.

Au final, j’ai trouvé le texte d’introduction plus intéressant et instructif. Il résume assez bien le contenu de l’œuvre à suivre. Je n’en ai pas découvert davantage ensuite. Ça ne me fera pas aimer moins Balzac, mais je sais en tout cas désormais que tout n’est pas destiné à trouver une grande admiratrice en moi dans sa vaste bibliographie. Je dirais que c’est un bon complément pour les personnes qui souhaitent tout connaître de l’auteur, et certainement une lecture pleine d’une belle sagesse que pourront apprécier des férus de philosophie héritière de Platon, ou des personnes touchée par une pensée religieuse. L’esprit cynique en moi n’aura fait qu’hausser les sourcils sans tirer beaucoup de plaisir du voyage.

C’est un beau projet d’édition, avec un accompagnement critique solide. Merci aux éditions Sur le fil pour le partage. Je regrette d’être passée à côté et de ne pas pouvoir faire une critique qui rendra hommage à ce travail éditorial qui trouvera certainement un public plus réceptif que moi.

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Une culture à deux balles : La révolution du livre de poche aux États-Unis – Kenneth C. Davis

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davis_couvIl est difficile de résister à la tentation de participer aux Masses Critiques de Babelio. On coche plusieurs livres qui retiennent notre attention, avec cependant l’espoir d’en recevoir certains plus que d’autres. En général, je ne tombe pas sur le titre qui m’inspirait le plus. Alors recevoir un document historique aussi riche que Une culture à deux balles m’a vraiment fait très plaisir. Étant dans l’édition depuis trois ans, ce livre me semblait un outil parfait pour compléter mes connaissances. J’ai donc attaqué la lecture de ce pavé certaine de profiter d’un contenu enrichissant et je ne suis pas déçue. Mon seul regret est que la limite d’un mois pour publier une critique d’un livre aussi conséquent, tant pour le texte que le format peu mobile quand on voyage justement beaucoup, ne me permettra pas de faire un retour sur sa totalité. J’ai cependant réussi à dépasser la moitié.

Résumé de l’éditeur : L’irruption du livre de poche aux États-Unis est à la fois un phénomène économique (à l’image de l’aventure de Gervais Charpentier en France au XIXe siècle), social (en permettant aux armées de se divertir), moral (de par les conceptions parfois tapageuses des couvertures) et politique. Cet ouvrage, paru aux États-Unis en 1984, est une somme consacrée à ce phénomène, devenu maintenant tout à fait quotidien, qui a bouleversé le monde de l’édition et, plus largement, de la culture et de l’éducation.

Une culture à deux balles est le genre d’initiative éditoriale qui fait très plaisir. On sent un travail de traduction important derrière, pour un public français qui restera assez limité. En effet, entre les références à la culture populaire américaine de la première moitié du XXe siècle et celles du monde éditorial, il sera difficile à un simple curieux de ne pas se sentir rapidement découragé. Mais avec quelques notions sur l’univers du livre ou tout simplement le secteur du commerce et de la communication, c’est une véritable mine d’informations.

On y trouve en vrac, de belles histoires, comme le début du poche aux États-Unis, porté par les soldats qui s’ennuyaient pendant la seconde guerre mondiale et s’échangeaient les pages avec avidité, de nombreuses citations, des statistiques de vente, impressions de couverture, success story d’éditeurs ambitieux, enjeux commerciaux d’une décennie à l’autre. Certains titres très populaires à l’époque nous sont aujourd’hui parfaitement inconnus, mais d’autres anecdotes sur les débuts de romans comme Sur la route de Kerouac ou L’Attrape-coeurs de Salinger raviront les amateurs de littérature. Du côté historique, nous avons droit à un important rappel sur la mentalité américaine de l’époque, la censure à laquelle s’est retrouvé confronté le poche, accusé de pervertir la jeunesse. Tout un contexte qui explique parfaitement la réaction d’un certain Ray Bradbury avec Fahrenheit 451. Il y a donc largement de quoi réviser ses classiques américains pour mieux comprendre le contexte de leur rédaction.
Les amateurs de romans populaires savoureront de leur côté les débuts de la culture pulp, ses titres accrocheurs, couvertures tapageuses, avec l’arrivée massive des polars hard-boiled, des western, de la romance et d’une certaine frange de la science-fiction.
Si on apprécie flâner chez les bouquinistes, Une culture à deux balles propose aussi un autre regard sur les choix d’illustration et de couleur des couvertures. En gros, le livre permet en particulier aux jeunes générations de décrypter toute une époque qui commence à se troubler.

Plus difficiles à appréhender sont les pages sur les enjeux économiques qui raviront cependant les professionnels et ceux qui aspirent à travailler dans ce monde. On peut d’une certaine manière y lire « les erreurs à ne pas faire » ou des « conseils pour le succès ». Les plus cyniques constateront certainement que, en ce qui concerne la manière d’attirer le public sur un livre, et les sujets de prédilections, les choses ont assez peu changées. Mais cela n’en soulève pas moins une question très intéressante, et remise au goût du jour avec le numérique qui entraîne les mêmes débats que le poche : une culture accessible au plus grand monde, un bien ou un mal quand cela devient aussi un argument commercial ? Le livre ne donne pas de réponse, et il n’y en a d’ailleurs pas. Il rappelle plutôt que, dans ce « commerce » là, entre besoin de faire du chiffre et volonté d’éduquer, tout est une question de compromis. Je pense que cette citation illustre bien tout ce que développe ce livre : Le monde de l’édition a toujours souffert d’un dédoublement de personnalité assez complexe. Est-ce un art qui requiert une structure professionnelle et sérieuse, ou un métier qui exige d’avoir une certaine sensibilité artistique ?

Le seul bémol que je soulèverais pour le livre est sa fabrication. Je n’ai pas l’habitude de le faire, mais j’avoue avoir été vraiment très dérangée par le choix du papier qui me semble inutilement épais. Cela donne un livre rigide, qu’on ne peut pas feuilleter, qui est très lourd et fatigue donc le poignet. C’est assez dommage parce que l’expérience de lecture est un peu gâchée malgré une bonne qualité éditoriale dans l’ensemble. Rien qui empêche de s’intéresser au document si on le veut vraiment, mais un petit dommage malgré tout.

Quoiqu’il en soit, Une culture à deux balles me semble un indispensable pour compléter la réflexion des étudiants en métier du livre d’abord, et pour tous ceux que le sujet passionne déjà, qui aimeraient avoir une meilleure approche de cet univers complexe. Le fait que les références soient américaines ajoute une petite difficulté. Mais même si les éditeurs, auteurs et contextes sont différents, il n’est pas trop difficile de trouver des parallèles en France.