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Une culture à deux balles : La révolution du livre de poche aux États-Unis – Kenneth C. Davis

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davis_couvIl est difficile de résister à la tentation de participer aux Masses Critiques de Babelio. On coche plusieurs livres qui retiennent notre attention, avec cependant l’espoir d’en recevoir certains plus que d’autres. En général, je ne tombe pas sur le titre qui m’inspirait le plus. Alors recevoir un document historique aussi riche que Une culture à deux balles m’a vraiment fait très plaisir. Étant dans l’édition depuis trois ans, ce livre me semblait un outil parfait pour compléter mes connaissances. J’ai donc attaqué la lecture de ce pavé certaine de profiter d’un contenu enrichissant et je ne suis pas déçue. Mon seul regret est que la limite d’un mois pour publier une critique d’un livre aussi conséquent, tant pour le texte que le format peu mobile quand on voyage justement beaucoup, ne me permettra pas de faire un retour sur sa totalité. J’ai cependant réussi à dépasser la moitié.

Résumé de l’éditeur : L’irruption du livre de poche aux États-Unis est à la fois un phénomène économique (à l’image de l’aventure de Gervais Charpentier en France au XIXe siècle), social (en permettant aux armées de se divertir), moral (de par les conceptions parfois tapageuses des couvertures) et politique. Cet ouvrage, paru aux États-Unis en 1984, est une somme consacrée à ce phénomène, devenu maintenant tout à fait quotidien, qui a bouleversé le monde de l’édition et, plus largement, de la culture et de l’éducation.

Une culture à deux balles est le genre d’initiative éditoriale qui fait très plaisir. On sent un travail de traduction important derrière, pour un public français qui restera assez limité. En effet, entre les références à la culture populaire américaine de la première moitié du XXe siècle et celles du monde éditorial, il sera difficile à un simple curieux de ne pas se sentir rapidement découragé. Mais avec quelques notions sur l’univers du livre ou tout simplement le secteur du commerce et de la communication, c’est une véritable mine d’informations.

On y trouve en vrac, de belles histoires, comme le début du poche aux États-Unis, porté par les soldats qui s’ennuyaient pendant la seconde guerre mondiale et s’échangeaient les pages avec avidité, de nombreuses citations, des statistiques de vente, impressions de couverture, success story d’éditeurs ambitieux, enjeux commerciaux d’une décennie à l’autre. Certains titres très populaires à l’époque nous sont aujourd’hui parfaitement inconnus, mais d’autres anecdotes sur les débuts de romans comme Sur la route de Kerouac ou L’Attrape-coeurs de Salinger raviront les amateurs de littérature. Du côté historique, nous avons droit à un important rappel sur la mentalité américaine de l’époque, la censure à laquelle s’est retrouvé confronté le poche, accusé de pervertir la jeunesse. Tout un contexte qui explique parfaitement la réaction d’un certain Ray Bradbury avec Fahrenheit 451. Il y a donc largement de quoi réviser ses classiques américains pour mieux comprendre le contexte de leur rédaction.
Les amateurs de romans populaires savoureront de leur côté les débuts de la culture pulp, ses titres accrocheurs, couvertures tapageuses, avec l’arrivée massive des polars hard-boiled, des western, de la romance et d’une certaine frange de la science-fiction.
Si on apprécie flâner chez les bouquinistes, Une culture à deux balles propose aussi un autre regard sur les choix d’illustration et de couleur des couvertures. En gros, le livre permet en particulier aux jeunes générations de décrypter toute une époque qui commence à se troubler.

Plus difficiles à appréhender sont les pages sur les enjeux économiques qui raviront cependant les professionnels et ceux qui aspirent à travailler dans ce monde. On peut d’une certaine manière y lire « les erreurs à ne pas faire » ou des « conseils pour le succès ». Les plus cyniques constateront certainement que, en ce qui concerne la manière d’attirer le public sur un livre, et les sujets de prédilections, les choses ont assez peu changées. Mais cela n’en soulève pas moins une question très intéressante, et remise au goût du jour avec le numérique qui entraîne les mêmes débats que le poche : une culture accessible au plus grand monde, un bien ou un mal quand cela devient aussi un argument commercial ? Le livre ne donne pas de réponse, et il n’y en a d’ailleurs pas. Il rappelle plutôt que, dans ce « commerce » là, entre besoin de faire du chiffre et volonté d’éduquer, tout est une question de compromis. Je pense que cette citation illustre bien tout ce que développe ce livre : Le monde de l’édition a toujours souffert d’un dédoublement de personnalité assez complexe. Est-ce un art qui requiert une structure professionnelle et sérieuse, ou un métier qui exige d’avoir une certaine sensibilité artistique ?

Le seul bémol que je soulèverais pour le livre est sa fabrication. Je n’ai pas l’habitude de le faire, mais j’avoue avoir été vraiment très dérangée par le choix du papier qui me semble inutilement épais. Cela donne un livre rigide, qu’on ne peut pas feuilleter, qui est très lourd et fatigue donc le poignet. C’est assez dommage parce que l’expérience de lecture est un peu gâchée malgré une bonne qualité éditoriale dans l’ensemble. Rien qui empêche de s’intéresser au document si on le veut vraiment, mais un petit dommage malgré tout.

Quoiqu’il en soit, Une culture à deux balles me semble un indispensable pour compléter la réflexion des étudiants en métier du livre d’abord, et pour tous ceux que le sujet passionne déjà, qui aimeraient avoir une meilleure approche de cet univers complexe. Le fait que les références soient américaines ajoute une petite difficulté. Mais même si les éditeurs, auteurs et contextes sont différents, il n’est pas trop difficile de trouver des parallèles en France.

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Eloge du parasite – Lucien de Samosate aux éditions Ragami

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ragamiLes articles n’en finissent plus de se faire attendre sur ce blog. Mais je reprends les commandes pour vous dire quelques mots d’un livre et d’une maison d’édition récemment apparue en France. Encore une ! Diriez-vous à juste raison, avec toutes ces marques qui poussent comme des herbes folles ces dernières années. Oui, encore, seulement, celle-là est différente, et je tenais à écrire quelques lignes pour saluer sa démarche. En effet, à travers sa collection “La toge à l’envers”, Ragami n’a pas l’ambition de nous faire découvrir de nouveaux talents. Le projet est, au contraire, né de l’idée – peut-être un peu folle – de traduire des textes humoristiques latins dans un langage accessible à tous, en les accompagnants d’illustrations amusantes. Le but ? Nous faire rire avec les Anciens, montrer une face de l’antiquité moins ennuyeuse qu’il n’y paraît.

La jeune éditrice à l’origine de tout cela est, en réalité, une étudiante de Rennes qui, avec un an de décalage, a suivi le même parcours que moi. Donc, comme les Luciférines, Ragami est une maison fondée à la suite d’un master. Le site Ulule a permis de rassembler les fonds nécessaires au lancement de deux premiers titres en septembre : Les Jumeaux de Plaute et L’éloge du parasite de Lucien de Samosate. Si les auteurs sont déjà familiers des latinistes, leurs éditions plus « savantes » n’ont presque aucune chance de rencontrer l’adhésion du grand public avec leurs couvertures très minimalistes qui ne s’adressent qu’aux fins connaisseurs. Elles intimident à tort, puisque le contenu ne manquera pas d’arracher des sourires à n’importe quel lecteur. Un bon moyen de faire acheter un texte daté de quelques 2000 ans sur un malentendu en librairie ou en salon du livre !
Je me suis donc procuré L’Eloge du parasite que j’ai eu le plaisir de recevoir et lire début octobre. L’ouvrage, en format de poche, tient dans la main et ne dépasse pas les 65 pages. En une après-midi, tout est lu mais rien ne s’oublie. Si le langage est modernisé, l’auteur n’en pastiche pas moins les philosophes de son époque, en se plaisant à écrire un échange entre un parasite – c’est-à-dire un homme qui maîtrise l’art de se faire inviter chez les autres – et un certain Tychiade, qui s’étonne à juste titre de sa désinvolture. Maître de l’art du convaincre et persuader, notre parasite se perd dans des sophismes, références détournées à Homère ou Socrate, et nombre de raisonnements biaisés pour faire avouer à son interlocuteur qu’il n’est pas de discipline plus noble que la sienne. Le plus consternant dans tout cela, est que son point de vue fonctionne, et que l’on serait presque convaincu comme Tychiade que l’art de savoir profiter des autres est le plus sain du monde.
Plus qu’un traité comique, L’Eloge du parasite s’affirme comme une véritable critique des procédés parfois malhonnêtes des philosophes, ou des bons rhéteurs qui, en sachant y mettre la forme, sauraient faire croire n’importe quoi. Et n’est-il pas utile, après tout, de se rappeler à quel point il est facile de faire dire à un exemple pris au hasard ce que l’on veut ? Le piège se referme impitoyablement sur Tychiade, et on serait parfois tenté de se mettre à sa place, d’imaginer comment l’habile escroc ayant toujours réponse à tout saurait nous faire perdre aussi la tête.
Le tout est accompagné de dessins caricaturaux auxquels je n’ai pas compris grand-chose en feuilletant le livre une première fois, mais qui prennent tout leur sens dès qu’on se lance dans la lecture et ne font qu’agréablement renforcer l’absurdité des thèses défendues par le parasite. Ils illustrent donc tout en finesse ce texte qui, avec son ton très grandiloquent, ne semblait à priori pas destiné à inspirer un artiste.

Si vous aimez l’antiquité, ou que vous êtes simplement curieux d’en apprendre davantage sur une période dont l’évocation a l’habitude de vous décourager d’avance, n’hésitez pas à donner leur chance aux ouvrages de Ragami ou à suivre en tout cas de près un éditeur qui porte un concept original en se proposant, chose toujours agréable, d’élargir le public de classiques qu’il serait dommage d’oublier. A noter que “La toge à l’envers” n’est pas le seul projet des éditions qui préparent aussi une série de nouvelles contemporaines aux effets “étranges”, si l’on en croit le descriptif du site internet.

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Les Luciférines, 1 an après

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VECTORISATION LOGOBien des choses se sont passées depuis la création de ce blog, au point où j’en ai même finalement oublié de vous tenir informés de mes actualités. L’année dernière, je publiais un article pour vous raconter les débuts des éditions Luciférines, l’histoire de ma première publication. Depuis, après les stages en édition, un déménagement à Paris et un rôle d’éditrice qui s’affirme un peu plus chaque mois, il est devenu délicat de tenir ce blog à jour avec un pseudonyme. Je commence à réfléchir à une refonte. En attendant, puisque j’ai fait mes premiers pas sur cette adresse, le moment est venu de faire un petit bilan.

Comment devient-on éditeur…
Quand on parle d’édition, être à la tête d’une structure est tout de suite un grand rêve inaccessible et, surtout, complètement insensé. En intégrant mon M2 édition à Rennes en 2012, je ne pensais pas du tout m’embarquer dans un tel projet. L’idée me semblait (à raison) trop précaire, et je voyais bien assez de maisons en librairie ou sur le web pour alourdir la liste d’une nouvelle marque. Cependant, il fallait un projet d’année, et deux livres aboutis à présenter aux enseignants. Je me suis lancée sans vraiment avoir le choix en décidant de me faire le plus plaisir possible. L’idée d’un petit livre sur la culture gothique est venue tout naturellement, en hommage à un monde que je fréquente depuis mes quatorze ans. Créer une ligne éditoriale horreur fut un peu moins évident puisque je songeais d’abord à me tourner vers des textes transgressifs moins orientés imaginaire. Au final, tout s’est très bien rejoint.

Très vite, il m’a semblé impossible de créer un livre pour un exercice. J’avais à mes côtés deux auteurs passionnés (Chris Vilhelm et Guillaume Hantz) et Tim, un dessinateur de blog bd qui a bien voulu me faire confiance, même si je venais de surgir de nulle part avec mon petit projet d’étudiante encore hésitante. La première chose qui comptait était de ne pas les décevoir. Alors, au fil des semaines, l’idée de porter ce livre le plus loin possible s’est renforcée. Le nom des Luciférines est arrivé après de longues et pénibles recherches (la partie la plus dure, la plus décisive aussi), puis un site, un facebook, un tirage ambitieux, des libraires accueillants et plusieurs salons que Chris et Guillaume ont contacté eux-mêmes en véritables professionnels. Leur motivation a énormément joué. Deux autres personnes ont eu une grande importance en souterrain, Benjamin qui s’est occupé du graphisme et Daniel qui a cru en moi et m’a aidée à maîtriser l’interface et la communication web. Il y a bien sûr eu la famille qui a soutenu mes idées avec enthousiasme sans me prendre pour une allumée (à moins qu’ils ne se soient déjà faits à l’idée).

nouvelles peaux arrivage 1Le premier livre terminé, il m’a fallu passer très rapidement au second projet (à présenter à l’oral de fin d’année), un recueil de nouvelles dédiées à Edgar Poe et destiné à donner aux Luciférines un ton plus « horreur ». J’ai dû chercher d’autres auteurs, avec de l’expérience si possible. Quand on a passé les dernières années de sa vie à l’université de lettres, en compagnie d’écrivains morts, autant dire qu’on se sent très vite perdu. J’ai tenté quelques noms familiers, ce qui m’a amené à rencontrer Ayerdhal, qui m’a conseillé Morgane Caussarieu, qui m’a soufflé d’autres noms… Le fil était tiré pour une anthologie à laquelle se sont ajoutés les gagnants d’un appel à textes. J’ai même fini par signer une nouvelle sous le pseudonyme que vous connaissez bien. Gérer 9 auteurs n’a pas toujours été très simple mais, une fois de plus, la motivation de chacun a été déterminante pour aller au bout.

Apprendre sur le tas n’est pas toujours facile, ce qui a finalement repoussé la sortie du livre au mois de mai. En attendant, j’ai pu faire quelques salons avec mon guide gothique, rencontrer les nouveaux collègues, comme Malpertuis, La Madolière, Les Artistes Fous Associés, Trash, L’Homme sans nom, La guilde d’Altaride, … Bref, tout un monde dont il aurait été bien dommage de manquer les projets.

Aujourd’hui, Nouvelles Peaux est arrivé avec, pour le fêter, une soirée spéciale à La Cantada avec La Compagnie des Bons à Rien qui m’a surprise en adaptant mon texte (Ils iront tous à la morgue) en pièce de théâtre. Il y a deux semaines, Les Luciférines avaient leur stand à Geekopolis. Tout n’est pas encore au top niveau, mais Les Luciférines sont en progrès et ont bien l’intention de s’améliorer avec pas moins de trois nouveaux projets qui seront bientôt annoncés sur le site. Tant que les choses se présentent bien, aucune raison de s’arrêter !

Le choix d’un pseudo
On me pose parfois la question et je profite de l’article pour y répondre ici. Quand j’ai créé ce blog, je voulais présenter quelques textes personnels et ne savait pas très bien comment m’y prendre. Prendre une url à mon nom me semblait quelque peu exagéré étant donné mon absence totale de bibliographie. Je voulais aussi m’amuser à chroniquer quelques livres et n’avait pas tellement envie d’être identifiable par ma promotion ou mes enseignants. J’ai conservé « Unity Eiden » pour la nouvelle de mon anthologie afin de ne pas mêler trop directement édition et écriture. Cependant, maintenant que Nouvelles Peaux est sorti je me rends compte que cette double identité est vite assez ennuyeuse à tenir. Dans l’immédiat, j’ignore quel sera mon choix définitif. J’attends la prochaine opportunité de publication pour me décider.

04Je ne sais pas encore ce qu’il adviendra de ce blog, mais j’espère vous retrouver très bientôt pour d’autres bonnes nouvelles ! Dans tous les cas, le printemps est loin d’être terminé pour Les Luciférines puisqu’un stand sera tenu par Chris Vilhelm au Booldy Week-end en ce moment même et que je serai aux GeekFaëries la semaine prochaine. N’hésitez donc pas à suivre l’actualité sur le Site Web, le Twitter, ou le Facebook et un grand merci à tous ceux qui soutiennent le projet en achetant les livres ou, tout simplement, en prenant le temps de venir discuter sur le stand pendant les salons.

 

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Histoire d’une première publication

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livres reçusArrivé depuis une quinzaine de jours, mon premier livre en tant qu’éditeur, Une culture de l’ombre, à la rencontre des gothiques, me demande beaucoup d’attention et m’a complètement écartée de mes « critiques littéraires ». Entre la communication à assurer et mon déménagement, j’ai assez peu de temps pour mettre le nez dans un roman. Pour une fois, je vous parlerai donc plus concrètement de mes premières expériences dans l’édition. Toutes les coulisses de ma publication sont à vous !

Un premier livre

Mai fut un mois particulièrement stressant. Emballés par la sortie prochaine de leur premier livre, mes auteurs (Guillaume et Chris) avaient commencé à chercher des salons. Seulement, les dates étaient sans compter les retards de livraison et, quand les cartons n’arrivent pas, rien à faire, l’événement est fichu… à un jour près. Mais cette petite déception a bien vite été oubliée grâce à deux dédicaces réjouissantes et une table ronde que j’ai pu donner dans une librairie de Rennes (Planète Io).

Quand on crée un livre de ce type, une question inévitable se pose : va-t-il rencontrer son public ? Les premiers retours sont très encourageants. A Planète Io, un véritable dialogue intergénérationnel s’est créé autour du titre, l’occasion pour les parents de trouver enfin des réponses à leurs questions, et aux plus jeunes issus de milieux alternatifs de partager leur expérience, rapport à la société, à leur scène musicale. La bonne surprise a même été de voir des personnes issues du black metal réaliser qu’ils connaissaient finalement très mal leurs autres « cousins sombres » et se trouver des groupes en commun. Avec un lectorat très varié, A la rencontre des gothiques a permis la réunion de profils différents et l’ouverture d’un débat qui a largement dépassé la thématique gothique.

Pour juin, d’autres dates s’annoncent. Tim (le dessinateur) était en dédicaces au festival de la BD de Lyon ce week-end, les auteurs retrouveront le public à la bourse aux disques de Longwy (54) le 23 et au festival du film fantastique d’Audincourt du 28 au 30.
J’ai de mon côté commencé la rencontre des libraires et autres commerçants pour y déposer quelques exemplaires. De très bons contacts, toujours (à une petite exception près disons). Dans l’immédiat, le titre est en vente à Rennes dans deux librairies, un bar culturel et un disquaire alternatif. J’ai tenté quelques lieux plus « inattendus » pour garder l’esprit très accessible du livre. L’autre ville est Pau puisque j’y passe quelques jours en vacances. Deux librairies ont accueilli la publication, dont une de manga – ce qui rejoint le petit bémol de ma parenthèse. A l’origine, je m’étais adressée à une boutique de bandes dessinées puisque je me sens plus proche des créateurs occidentaux dans ce genre et que le dessinateur du livre est clairement de ce monde. J’ai été assez froidement envoyée à côté parce que « non, non, il n’y a pas de gothiques chez moi, ce sont les petits jeunes qui lisent des mangas. » Autant dire que je l’ai un peu mal pris, mais j’ai laissé une chance aux lecteurs de mangas. Pourquoi pas après tout ? La seconde librairie (générale cette fois) s’est montrée beaucoup plus intéressée, et même renseignée. D’une manière générale, je suis vraiment heureuse de profiter de la sortie de ce livre pour découvrir un tas de libraires qui font de leur mieux pour animer leur commerce et lui donner une belle identité.

Relation avec les auteurs, second projet

Le dialogue auteur/éditeur n’est pas toujours simple mais, sur ce premier projet, j’ai eu la chance de travailler avec trois personnes très agréables et pleines de talent. L’aventure continue d’ailleurs puisque chacun y met un peu du sien pour aider à la diffusion du livre. Je ne les remercierai jamais assez pour leur travail et leur investissement. Tim a même fait une page de présentation qui a la classe !
Pour mon deuxième projet, d’autres rencontres, toutes aussi réjouissantes, sont en train de se faire. Une seconde publication sera prévue pour octobre. Toujours dans le cadre de mes études, elle me permettra avant tout de présenter concrètement mon projet d’année qui est de créer une maison d’édition « fictive ». Son nom, Les Luciférines. Je vous invite donc à découvrir le projet sur le site internet (http://editionsluciferines.com/) où vous pourrez commander le premier livre, trouver plus de détails sur les librairies “amies” et aussi participer à un concours de nouvelles qui permettra l’édition de textes dans un recueil dédié à l’univers d’Edgar Allan Poe, une sortie qui, je l’espère, de permettre la survie associative de cette maison naissante.
La suite très bientôt !

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Une culture de l’ombre : à la rencontre des gothiques

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Pour valider mon Master, je devais réaliser un livre, c’est-à-dire, trouver auteur, illustrateur, graphiste, imprimeur, suivre un ouvrage étapes par étapes. Le sujet était libre, j’ai fait le choix d’une publication sur la culture gothique et, bonne nouvelle, vous pourrez vous la procurer très prochainement [edit juin : il est désormais disponible ici]. Je profite de ce billet pour vous donner un aperçu plus précis de son contenu et présenter chaque intervenant.

Le projet : Une culture de l’ombre, à la rencontre des gothiques

Goth batcave par Tim.

Goth batcave par Tim.

Il n’est jamais simple de parler de la culture gothique, plus nébuleuse et nuancée que le mouvement punk, toujours à la croisée des chemins, à la fois proche et éloignée des autres clans de l’underground. C’est une toile dans laquelle on se perd très vite et, comme c’est une partie de mon univers, j’ai toujours bien du mal à l’expliquer aux gens qui s’interrogent sur mes goûts. Les clichés ont la vie très dure, les reportages des médias les entretiennent régulièrement, et les ouvrages spécialisés ont le défaut de s’adresser avant tout aux initiés, à commencer par leur prix qui découragera vite les simples curieux.
Une culture de l’ombre : A la rencontre des gothiques est donc né de la volonté de publier un livre tout public sur les gothiques, écrit par des gothiques. Nous voulons répondre à tous les curieux, donner quelques clés aux petits nouveaux et satisfaire un public qui pourra retrouver son univers familier. En une centaine de pages, l’ouvrage se propose de faire le tour de la question : différents genres musicaux, évolution de la scène, amitiés partagées avec punks et métaleux, thèmes de prédilection, littérature et arts, … Les auteurs s’appliquent à contredire chaque idée préconçue, à valoriser un mouvement qui privilégie avant toute chose la musique et la culture.
Pourquoi cet intérêt pour la mort ? Que dire des groupes qui revendiquent un style nazi chic ? A partir de quel moment artistes et auteurs intéressent-ils les gothiques ? En mettant toutes ces questions en lumière, le livre montre comment, au lieu d’imposer un style uniforme au mouvement – ceci n’est qu’un mythe – ce milieu se nourrit de toutes sortes d’influences.

Les auteurs

Pas facile de trouver des personnes motivées par l’écriture bénévole d’une œuvre de commande. Il fallait des gens assez passionnés pour donner de leur temps et s’approprier une partie du projet. Je leur ai laissé la parole avec un grand plaisir, en y mettant ma main de temps en temps, pour que se confondent dans ce livre les sensibilités de trois personnes différentes, toutes proches à leur façon des scènes ténébreuses.

Guillaume Hantz
Ma rencontre avec Guillaume s’est faite un an plus tôt, pendant la Metal Ride de Nancy (un petit festival consacré au Métal). A ce moment, il venait de créer une association gothique pour organiser des soirées dans les Vosges et soutenir de jeunes artistes : Luna prod. Nous avons gardé contact, et il m’était tout naturel de lui proposer cette aventure. Je ne sais si l’idée du petit livre gothique aurait pu voir le jour sans lui, tant il est rare de trouver des personnes prêtes à s’investir jusqu’au bout malgré la charge du travail et le stress des délais à tenir (et autant dire que nous sommes en plein dedans). Guillaume est aussi l’auteur d’un recueil de poèmes, le chanteur du groupe de métal Deadly Sins, et animateur de L’antre goth art, une émission radio dédiée à la culture gothique et métal sur RCN Nancy tous les mercredis à 22h. Si vous souhaitez y prêter une oreille, certaines émissions sont disponibles en podcast.

Chris Vilhelm
Créatrice de L’Antre goth art, Chris nous a rejoints rapidement pour un livre écrit à quatre mains. Auteur amateur, elle est aussi artiste peintre. Gothique de la première heure, elle nous a principalement fait profiter de ses connaissances dans les arts, la mode, les domaines fantastiques et ésotériques.

 L’Illustrateur

Par Tim.

Par Tim.

Le choix graphique était d’importance. Entre la photographie ou le dessin, le dessin l’a finalement emporté. Je voulais éviter la froideur de clichés en noir et blanc trop estampillés « goths » ou « sérieux ». Suivre la mode des portraits de rue était une possibilité, mais c’était prendre le risque d’un livre que l’on feuillette surtout pour s’amuser du style vestimentaire des gens… De toute façon, le livre n’est pas là pour montrer du goth à la M6, avec tout dans le paraître et rien dans la tête. Le dessin a un côté plus chaleureux, plus communicatif. Il permet de donner au livre de la personnalité et de continuer à défendre une image différente. Pas de ‘corbeaux’ exubérants ni de sépultures, mais des dessins pour faire entrer le lecteur dans un autre univers, celui d’un artiste pas franchement goth (eh oui !).

 

Tim
Comme je l’avais mentionné lors d’un prédécent article, Tim, auteur du site et de la page facebook jesuisgothique a participé au projet. Même s’il s’est un peu détourné de cet univers pour se lancer dans le blog BD en développant un style poétique et coloré, Tim revient ici aux origines de ses premiers succès internet. L’identité visuelle est une chose importante, je voulais qu’elle soit forte et puisse parler à tout le monde. Faire intervenir un dessinateur à la fois extérieur au monde dark et capable de le comprendre était un bon moyen de surprendre et, je l’espère, d’attirer plus volontiers des personnes qui n’auraient jamais songé lire un ouvrage consacré à la culture gothique. C’est donc tout en finesse et légèreté que Tim tire le portrait des artistes underground à sa façon. Un regard unique sur Robert Smith ou encore Boyd Rice.

Le graphiste

A l’origine, je devais m’occuper de la mise en page toute seule, mais j’ai finalement pu confier le travail à Dallas, étudiant en graphisme à l’ESAD d’Orléans. Vous pouvez retrouver ses travaux sur dallasisnotmyname.