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Le Sauveteur de touristes – Eric Lange

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couv42366297Avec Le sauveteur de touristes, je repars pour un tour du côté des éditions Taurnada qui avaient déjà attiré mon attention sur le titre Palissade. Une fois de plus, le résumé annonçait une histoire si particulière que je n’ai pu résister à l’envie de tenter un nouveau partenariat pour découvrir un peu mieux un catalogue composé de titres résolument originaux. C’est ainsi que je me suis retrouvée embarquée dans un techno-thriller fou qui est devenu un petit coup de cœur pour moi. Je pense même pouvoir affirmer qu’il s’agit de ma meilleure expérience de partenariat jusqu’à présent.

Résumé : Journaliste-reporter de guerre spécialiste des images et vidéos choc, Tom Harlem est la cible d’un attentat pendant une mission. De retour en France et encore très marqué, il pète littéralement les plombs devant le cynisme de son employeur. Viré, ruiné, recherché par un tueur auquel il doit de l’argent, il se retrouve obligé d’accepter un étrange contrat pour sauver sa peau. La jeune héritière d’une grande fortune a mystérieusement disparu pendant son dernier voyage en Asie. Tom devra exploiter ses contacts plus ou moins fréquentables à travers le monde pour retrouver ses traces, et mettre à jour un complot totalement dingue.

Il est des livres sur lesquels on pourrait écrire des pages entières pour en souligner tous les défauts, et d’autres avec lesquels il est plus compliqué de s’étendre. Le sauveteur de touristes est un petit roman de 170 pages qui respecte totalement sa fonction, celle de distraire d’un bout à l’autre en proposant une intrigue aussi tirée par les cheveux que cohérente (eh oui, il fallait le faire !). L’écriture est agréable. On se laisse de suite embarquer par la narration à la première personne de Tom, et rien ne vient gâcher le voyage. Le ton de Eric Lange est assez grinçant, on ne passe pas à côté des critiques à peine voilée de certaines institutions modernes, mais il arrive heureusement à ne pas trop en faire. J’ai craint, au début, d’avoir droit à de la critique facile style vieux punk sur le retour. Cependant, l’humour, et la finesse de la plume permettent d’éviter les phrases « coup de poing » qui se parodient elles-mêmes. L’affaire autour d’Open Life est tellement burlesque qu’on ne pourrait pas reprocher à l’auteur de trop en faire… C’est assumé, et c’est ce qui rend l’histoire si bonne.

En fait, tout est absolument exagéré. On peine à croire qu’il est possible de tenir une bonne intrigue en allant au Moyen-Orient, en France, à Bangkok, en Inde, aux États-Unis, en Égypte, en Angleterre, en Australie en si peu de pages. Non seulement le changement échevelé de décor se passe bien, mais pour chaque pays, une nouvelle ambiance prend le relais. En quelques mots, Lange nous offre la vision, les odeurs, la vie d’un autre territoire. Le lecteur est véritablement transporté, comme assez rarement dans un récit où l’on découvre des mondes encore inconnus. J’ai souvent eu la sensation qu’un carnet de voyage s’était tout simplement glissé au milieu du scénario, mais tout s’adapte suffisamment bien à l’intrigue pour qu’elle ne devienne pas un bête prétexte à étaler des observations de globe-trotter.

Les personnages qui jalonnent la route de Tom sont aussi assez incroyables. Il fallait oser, par exemple, faire du plus gros crack de l’informatique une sorte de gourou bicéphale à double pénis terrés dans les rues miséreuses de Bangkok. Dis comme cela, on pourrait croire à une blague. Au fond, c’en est une mais, à ce moment, il semble déjà acquis que tout sera insolemment trop énorme pour être vrai.
Au final, tout en gardant le ton du roman noir, Eric Lange va nous mener peu à peu sur une intrigue qui flirte avec la science-fiction. Il serait difficile d’en dire plus, hélas, la technologie prend rapidement une place importante dans le récit.

Si vous êtes à la recherche d’une lecture sympathique, sans prise de tête mais avec un certain nombre de références culturelles pour décoller un peu de chez vous (et donner, qui sait, des idées de vacances pour les plus téméraires), je conseille la lecture du Sauveteur de touristes. Plus mitigée sur Palissade, je suis désormais convaincue que suivre les publications de Taurnada peut réserver de bonnes surprises.

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Questionnaire littérature blanche et noire #1

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En février, j’avais lancé l’idée de faire chaque mois un petit point lecture avec un questionnaire partagé en trois genre, la littérature de l’imaginaire, la littérature blanche/noire et les comics. Comme la SFFF a été faite la dernière fois, mars sera donc dédié à la B/N. Pour l’occasion, j’ai traduit le questionnaire et supprimé des questions trop générales qui m’auraient fait répéter la même chose.

  1. Quel est le dernier livre de littérature blanche/noire que tu as lu ? Palissade de Frank Villemaud. Une découverte plutôt sympa.
  2. Quel est le dernier livre de littérature b/n que tu n’as pas terminé et pourquoi ? Ce n’est pas un réel abandon mais je pense que lire autant en diagonal les deux dernières histoires des Contes de Noël de Dickens peut-être considéré comme tel. Je n’ai vraiment pas adhéré à l’écriture, au fond des histoires, aux longueurs inutiles et au fait que, après Un chant de Noël, la trame et la morale de des quatre autres textes étaient désespérément semblables, donc l’intérêt diminue à chaque nouveau titre jusqu’à devenir inexistant pour le dernier.
  3. Quel est le dernier livre de b/n que tu as aimé mais que beaucoup d’autres gens n’apprécient pas ? Je serais obligée de remonter bien trop loin pour dire ça… Dès que je retourne à un gros classique qui fait peur à un tas de monde, je vous ferai signe.
  4. Quel est le dernier livre de b/n que tu n’as pas aimé mais que beaucoup de gens apprécient ? Je ne dirais pas Contes de Noël vu qu’il semble finalement indigeste pour pas mal de monde donc, No et moi de Delphine de Vigan, livre dans lequel je me suis lancée pour savoir pourquoi il s’agissait d’une lecture référence en collège, et que j’ai résisté à ne pas jeter au feu ensuite. C’est juste, une insulte à l’intelligence je crois (et ça tombe mal, le personnage principal est prétendument surdoué !)
  5. Que lis-tu en ce moment ? Les enchanteurs de Romain Gary
  6. Est-ce que ça te plait ? Pas vraiment… J’étais curieuse de faire enfin la connaissance de cet auteur mais il semble qu’il ne m’ait jamais trop inspirée pour une bonne raison. Je décroche toutes les pages, je sens qu’en venir à bout sera une expérience pénible.
    Edit : En fait, la lecture m’est agréable. Une fois que l’on passe le début très Amélie Poulain ou Bigfish qui n’est vraiment pas le genre de choses qui me parle, et donc la jeune enfance du narrateur, les choses s’améliorent.
  7. Quand as-tu acheté ce livre ? Il y a deux semaines, pour une fois, c’est une lecture rapide.
  8. Quel est le dernier livre b/n que tu as acheté ? Celui-là justement !
  9. Quel est le sous-genre de b/n que tu aimes le plus et pourquoi ? Déjà, j’irai vers la littérature blanche, étant finalement assez vite lassée par les schémas du polar en général. Et, en blanche, j’ai tendance à aimer les parcours de vie qui tournent mal, avec une écriture assez puissante pour justifier l’absence de péripéties palpitantes (ou rendre justement le quotidien fascinant). C’est très vague, je sais. En même temps, la qualification de « blanche » l’est aussi !
  10. Quel est le sous-genre que tu aimes le moins et pourquoi ? L’autobiographie au sens strict je pense. Par là, j’entends, l’auteur qui commence de l’enfance et va jusqu’à son âge adulte pour ne parler que de sa petite personne, et sans l’intention d’apporter un réel témoignage de l’Histoire qui l’entoure. Ça ne sera jamais le titre d’un auteur que je privilégierais. Il y a souvent l’aspect narcissique d’un côté, voyeuriste de l’autre qui me dérange.
  11. Quel est le dernier livre numérique de littérature b/n que tu as acheté ? Il me semble que c’était Mailman de Robert Lennon, pour accompagner le cadeau de Noël (un kindle) de ma mère.

Je n’aime pas tagger les gens, mais n’hésitez pas à le faire en retour si l’idée vous amuse aussi !

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Sans âme – Gail Carriger

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On dit qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture, mais quand même...

On dit qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, mais quand même…

A l’origine, Sans âme, premier tome de la saga du Protectorat de l’ombrelle qui en compte 5, a été l’achat d’un moment de faiblesse. Je venais d’assister à une petite conférence sur les vampires pendant un salon du livre et Gail Carriger faisait partie des invités. J’ai très vite été attirée par sa vision des créatures, sa volonté de rompre un peu avec le mythe du mort-vivant ténébreux, en intégrant notamment de l’humour dans ses histoires. La dame m’a semblée fort sympathique, et quand je me suis approchée de sa table, malgré l’horreur absolue de ses couvertures, je n’ai pu résister à son grand sourire. Je n’irais pas dire que je regrette d’avoir découvert son univers, mais de moi-même, je ne serais jamais allée vers le Protectorat de l’ombrelle. Une fois en possession du roman, je me suis tout de même posé quelques questions. Je craignais de tomber sur de la mauvaise bit-lit, mais des avis d’un lectorat masculin comme féminin m’ont détrompée. Néanmoins, après avoir atrocement saigné du cerveau avec le tome 1 d’Anita Blake sous le même genre de conseils, je suis entrée dans ce roman avec une certaine méfiance. Verdict ? Nous sommes au moins sauvés sur un point, contrairement à Laurell K. Hamilton, Gail Carriger sait écrire ! Pour le reste, je ressors mitigée, ni vraiment convaincue, ni follement emballée.

Résumé :
L’Angleterre Victorienne a intégré loups-garous, vampires et fantômes à sa société. Tout semble assez bien organisé pour éviter les conflits mais, le soir d’une réception, Alexia Tarabotti, vieille fille de vingt-six ans, manque de se faire dévorer par un vampire affamé réduit à l’état de bête rampante. Le mystère est d’autant plus grand qu’aucun vampire ne semble avoir enfanté la créature, et que certains solitaires se mettent à disparaître…

Raconté de cette manière, le scénario semble intéressant. Le problème est que nous pouvons aussi faire un résumé tout autre sans être dans le faux. Nous verrons cela plus loin, lorsque j’aborderai les points négatifs. Au départ, l’écriture d’un type victorien très empesé m’a fait très peur. Les premiers gags sont franchement grotesques (un vampire qui tombe sur une tarte à la mélasse et se fait tuer par une ombrelle…) et laissent à craindre des blagues de cour de récréation. Heureusement, l’humour s’affine, donnant des passages délicieusement absurdes. Si Carriger m’a parfois fait hausser les sourcils, elle m’a aussi fait sourire en se moquant des convenances de l’époque, si peu adaptées à l’intrusion de monstres sanguinaires dans les salons et pose de justes questions de bienséance sur, par exemple, comment servir un foie cru à un gentleman loup-garou. De ce point de vue, si on veut se moquer un peu de l’ère Victorienne, de son écriture féminine insupportablement dégoulinante, l’auteur réussit assez bien son pastiche. Malgré les lourdeurs du début, on se prête vite au jeu, et les touches d’esprit deviennent distrayantes.

L’univers est bien pensé également et m’a rappelé Anno Dracula de Kim Newman, qui propose aussi un Londres victorien qui a intégré les vampires à son quotidien. Certaines personnes peuvent survivre à la transformation, d’autres non. Il s’agirait d’une histoire d’excès d’âme, mais il apparaît vite évident que cette explication religieuse n’est pas suffisante. Pour une raison mystérieuse, Alexia Tarabotti fait perdre leurs pouvoirs aux créatures magiques, elle serait donc une « sans âme ». Seules les femmes peuvent offrir le don ténébreux mais elles sont aussi difficiles à transformer, ce qui entraîne une société matriarcale qui les place à l’opposé de la soumission des épouses anglaises de cette époque. Un personnage américain nous permet également de découvrir que tous les pays n’ont pas intégré vampire et loup-garou de la même manière. Ceux-ci sont violemment chassés aux États-Unis, où l’on persiste à les voir comme des œuvres du démon. Le protectorat de l’ombrelle propose donc un monde plutôt riche et travaillé, une révision du mythe assez bien pensée, qui interroge, et donne plusieurs pistes à explorer. On a très envie d’en apprendre davantage sur l’organisation de ce monde et de plonger dans l’intrigue. Or, cette intrigue, qu’est-elle vraiment ?

Un autre résumé : A vingt-six ans, Alexia Tarabotti est toujours vieille fille à cause de son teint trop bronzé pour la bonne société anglaise et de son caractère trop affirmé. Cependant, une forte tension sexuelle la lie à un beau Lord loup-garou. Sauront-ils mettre de côté leur fierté pour s’aimer ? Une aventure riche en émotion les aidera-t-elle à s’unir ? Alexia parviendra-t-elle à perdre enfin sa virginité ?

Tout de suite, le ton change. Il apparaît rapidement, gros comme un château-fort dans un village de trois pelés, que Lord Woolsey et Miss Tarabotti risquent de finir ensemble avant la fin de l’histoire. Mais ce n’est pas le plus gênant. Le plus agaçant surtout, est de commencer notre roman en apprenant que Alexia serait rejetée parce qu’elle est… attention folle révélation… de type italien. Elle n’est manifestement pas laide, on nous précise qu’elle a une forte poitrine, qu’elle est de bonne naissance, mais j’ai pu découvrir dans ce livre que les anglais du XIXe siècle considéraient les italiens comme des parias, un peu comme des roumains. Ce postulat, totalement faux et de mauvaise foi pour donner un prétendu « malus » à un personnage qui doit cependant rester proche d’un lectorat féminin est d’emblée exaspérant. Alexia est aussi énervante, comme l’ensemble des protagonistes. Si je disais plus tôt que l’écriture empesée victorienne n’était pas si mal, j’ai été plus dérangée par le côté très caricatural de tous les personnages présents. Nous n’échapperont donc pas au beau lord bourru et ténébreux, à la femme forte mais maladroite et grande gueule, à sa meilleure amie vieille fille bien plus coincée qui sert de faire-valoir, ou au vampire extravagant du type gay flamboyant. Certes, c’est amusant. Mais l’ensemble manque de finesse et ne permet pas de grandes envolées sur la profondeur des psychologies de chacun. Du coup, en ce qui concerne les relations entre les personnages, tout semble joué d’avance.

Le scénario tombe par conséquent assez vite à plat puisque l’auteur préfère passer d’assez longs chapitres à mettre notre couple en devenir dans une pièce et voir ce qui va bien pouvoir arriver. On ne sait plus très bien à quelle intrigue se raccrocher : la disparition des vampires ou savoir si, enfin, Alexia et ce maudit loup-garou vont faire autre chose que se bécoter et se peloter en respirant très fort. En lisant quelques critiques, d’autres lecteurs avaient souligné le caractère trop sexuel de ce livre. Eh bien j’ai été presque déçue. Je m’attendais, au moins, à des scènes de tournures violemment arrachées et de levrettes sauvages sur un piano. Mais rien de tout cela ! Rien que du touche-pipi pour faire mouiller la culotte des adolescentes en fleur. C’est profondément ennuyeux. On voudrait que cela s’arrête enfin, que les deux imbéciles passent à l’acte une fois pour toute, et permettent à l’intrigue de reprendre un rythme décent. Sauf que, l’auteur semble décider en cours de route que cette affaire-là sera plus intéressante que son scénario… Alors, même si beaucoup de choses interrogent, les questions de fond sont passées à la va-vite, et surtout, le final est un ratage magistral où tout devient d’une violente incohérence, ou d’une facilité honteuse pour qui est en train d’écrire une histoire érotique déguisée en enquête.

Alors pour ceux qui ne veulent pas être spoilés, je dirais juste qu’il ne faut surtout pas s’attendre à ce que les méchants de cette aventure aient des réactions intelligentes ou même logiques, sauf si leur intention inavouée est juste de rapprocher les deux héros du roman.

Pour ceux qui ont lu le livre ou qui s’en fichent, voici quelques points plutôt édifiants : Apprenez que pour attraper un vampire, fût-il millénaire, c’est en réalité très simple, il suffit de leur mettre un mouchoir imbibé de chloroforme sous le nez. Donc, les mort-vivants respirent. Soit, on fait ce qu’on veut avec une espèce imaginaire, mais il faut reconnaître que l’extrême facilité de la solution est décevante. Les disparitions et apparitions de vampires contre-nature coïncident avec l’ouverture d’un club de scientifiques, mais personne n’a l’idée de mener une enquête là-bas. Le nom choisi a aussi de quoi laisser perplexe, club hypocras… Sérieusement, pourquoi ? Mais l’absurdité atteint tous ses sommets quand après avoir capturé toutes les créatures avec une honteuse facilité et bloqué un très vieux vampire avec des menottes (pas si terrible ces bêtes là franchement), les « méchants » ne reconnaissent absolument pas Alexia Tarabotti. Ils savent qu’une « sans âme » vit à Londres, connaissent son nom, mais ont été incapables de l’identifier alors qu’elle fréquente des vampires, des lycans et les milieux huppés de la société anglaise. Sûr que ça demandait une enquête violente ! Mais, malgré le fait qu’ils l’aient vue en si bonne compagnie à plusieurs reprises, ils pensent pouvoir la rallier à leur cause et lui faire confiance. Normal. Pour vérifier si son pouvoir fonctionne réellement, ils choisissent le loup-garou le plus féroce de tous, la laissent seule dans une cellule avec et vont se balader une heure en attendant. Je… Mais, ne venait-on pas de dire à quel point Alexia serait importante pour leurs recherches ? Non, les mecs prennent le risque de la tuer. Pire, si son pouvoir fonctionne, ils la laissent une heure avec le chef de meute qui n’est autre que son grand ami Lord Woolsey. A ce stade, j’ai voulu pleurer des larmes de sang, déchirer ce livre et insulter l’auteur de tous les noms. Je voulais y croire un petit peu quand même, pour l’univers, mais j’ai rarement vu une intrigue aussi improbable même dans un très mauvais film d’action. Donc, Gail Carriger offre une nouvelle scène de haute tension sexuelle dans les cachots et nous dit clairement qu’elle n’en a plus rien à foutre d’écrire un scénario crédible tant que ses personnages peuvent s’avouer leur amour dans une situation « originale ».

Sans âme donne beaucoup de promesses, et autant de déceptions. J’aurais pu pardonner l’aspect romance s’il ne dévorait pas impitoyablement une partie de l’intrigue. Objectivement, il s’agit d’un bon titre, à côté du reste de la production Bit-lit. Je ne suis pas sûre de donner sa chance au deuxième tome même si j’aurais aimé obtenir d’autres précisions sur l’univers (mais les aura-t-on réellement ?). En revanche, cette lecture m’a rappelé que Anno Dracula proposait la même chose avec plus de maturité et que le tome 2 est sorti en poche récemment, donc le temps est peut-être plutôt venu d’aller découvrir Le baron rouge.

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X-Force – Simon Spurrier

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Couv_225173Je suis décidément très prolifique ces derniers temps, au point qu’en voulant écrire un rapide avis sur la série x-force dont je viens de terminer le quinzième et dernier chapitre, je me suis rendue compte que cela faisait la taille d’un article. Du coup, même si c’est écrit à l’arrache, je vous en fais profiter avant d’autant plus de plaisir que je lis énormément de comics mais ne prends presque jamais le temps d’en parler sur ce blog.

Il y a des séries dont on ferme le dernier numéro avec tristesse, comme All New x-factor, et d’autres dont on vit la fin avec soulagement. Malheureusement, X-Force est de ces dernières. Comme j’aime les personnages de Psylocke et Fantomex, que je garde un très bon souvenir de la précédente équipe X-Force, j’ai d’abord commencé ma lecture avec enthousiasme. Mais, d’un numéro à l’autre, je n’ai pas trouvé le plaisir que j’espérais. De bonnes idées m’ont fait croire que le niveau allait remonter, comme le coup de théâtre assez osé en milieu de série, ou un numéro plutôt excellent qui exploite le personnage de ForgetMeNot et lui permet d’avoir un rôle dans un comics. Cependant, les mauvaises habitudes de l’auteur refont vite surface.

On sent que Spurrier cherche à faire original, à faire profond, et sombre, à s’amuser avec les personnages comme il en a envie, le problème, c’est qu’il est lourd. Affreusement lourd même. Tous les membres de l’équipe ne sont que de tristes caricatures d’eux-mêmes. Quel intérêt de ses les approprier pour en faire des versions creuses et moins bonnes que ce que d’autres ont proposé avant ? Le discours nihiliste et violent constant, qui t’explique sans aucune subtilité que c’est parce qu’ils sont tous complètement fous qu’ils vont sauver le monde blablabla, est tellement enfoncé à l’envie dans ton crâne, sans la moindre subtilité au long des 15 chapitres que ça en devient vite insupportable et indigeste. On a l’impression que Spurrier veut donner une certaine dimension philosophique à son œuvre mais n’est pas Remender qui veut. Ce n’est pas en prêtant des répliques surfaites à ses personnages toutes les deux bulles, en prenant un peu le lecteur pour un con incapable de comprendre où il veut en venir, même après une dizaine de numéro, que cela marchera mieux. Si ce parti pris fonctionnait, il n’y aurait, hélas, pas besoin de le mentionner. J’attends d’un univers torturé qu’il se révèle à moi petit à petit, que la logique cruelle, malsaine des protagoniste se révèle à travers leurs actes, et non qu’ils passent la moitié de la série à rappeler leur souffrance. On se croirait dans du Nolan (et cette comparaison n’est pas positive).

D’ailleurs, pour parler de l’écriture, je l’ai trouvée comme le reste, compassée, inutilement complexe, faussement stylisée, vraiment peu agréable pour tout dire. Plonger dans le nouveau x-force devenait chaque mois une sorte de punition, c’était le vilain canard de ma pile de comics. Spurrier tente de donner des styles différent à chaque personnage. Si l’idée est louable en soit, tout est, là encore, trop stéréotypé pour ne pas lasser très vite. L’intrigue me retenait à peine. Il se passe, certes, beaucoup de choses, mais tout est trop embrouillé pour qu’on entre vraiment dedans. Alors, quand il faut attendre plusieurs semaines pour lire la suite, on a tendance à avoir oublié plusieurs détails au milieu, mais tant pis, parce qu’on a absolument pas envie de reprendre le numéro précédent pour se les mettre en mémoire. L’intrigue, du coup, je suis un peu passé à côté aussi.
Pourquoi avoir continué alors ? Parce que j’ai longtemps espéré, longtemps hésité entre le j’aime/j’aime pas, et, quoique ça soit un peu faible comme argument, je voulais suivre le personnage de Fantomex ou, plutôt, le massacre de ce pauvre Fantomex (dont l’intervention dans la série Amazing x-men dans un même temps m’a un peu consolée).

Pour rester à peu près bonne la série aurait dû faire beaucoup moins de numéros. Là, elle se mord un peu la queue. J’attends donc la prochaine équipe x-force en souhaitant qu’elle me fasse oublier cette déception.

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La Communauté de l’Anneau – Tolkien

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product_9782070612888_244x0Il doit exister un si grand nombre d’articles sur le premier livre du Seigneur des anneaux que celui-ci n’apportera certainement pas grand-chose de plus. Cependant, je tenais à dire qu’après passé une dizaines d’années à me demander si oui ou non j’allais me lancer dans l’univers de Tolkien, je peux enfin parler de fantasy en citant ce que nombre de gens considèrent comme la « base » absolue. Etant passée cet été par Le Hobbit, et vu que la lecture était loin d’être si terrible, j’ai profité de la motivation de groupe pour une lecture commune (il fallait bien cela) pour franchir enfin le pas. Je ne le regrette pas. Je regrette par contre d’avoir reculé tout au long de mon adolescence en entendant d’inquiétants sons de cloches au sujet de descriptions abominablement longues et, phénomène d’époque oblige, « Harry Potter est beaucoup mieux ! », chose dont j’étais certainement très convaincue au collège. Personne n’a eu une bonne idée de m’offrir la trilogie, j’ai découvert d’autres séries de fantasy entre temps, j’ai vu avec plaisir les films et trouvé cela suffisant. Au final, je me suis estimée si fascinée par Gormenghast, une trilogie moins connue mais néanmoins contemporaine à celle de Tolkien, que je me suis donnée pour mission de défendre la mémoire de Peake, l’autre sieur britannique ayant déjà bien assez de fans zélés pour qu’il soit nécessaire de m’y ajouter.
Surtout, n’allez pas croire que je me cherche des excuses…

Plonger dans Le seigneur des anneaux après avoir entendu des amis débattre de long en large de la question sans rien y comprendre – et donc éprouver le moindre intérêt -, vu les films un nombre incalculable de fois, en avoir mangé malgré soi jusqu’à l’écœurement, avec le sentiment que certains en faisaient, à l’instar de la Bible, un livre de chevet unique, à la fin duquel la littérature s’arrêtait définitivement (en dehors de Tolkien et Lovecraft, la lecture c’est pour les faibles), plonger dans Le seigneur des anneaux après tout cela donc, permet-il néanmoins d’apprécier l’œuvre ? Je dirais oui. Quoique l’appréciation, ôtée de toute sa naïveté première, soit biaisée, j’ai passé un très bon moment en compagnie des hobbits, et un peu des autres aussi. Le fait d’être plus âgée m’a, semble-t-il, permis de ne pas être gênée par les descriptions. En réalité, j’ai attendu jusqu’à la fin du livre ces longues descriptions dont on me parlait tant. On ne passe pas plus d’une page sans avoir des dialogues, alors je me demande ce que les gens entendent pas « description », ou alors nous ne devons pas avoir la même définition du mot. S’il en est ainsi, en tout cas, je peux comprendre pourquoi un auteur comme Balzac fait trembler tant de monde. L’écriture est agréablement fluide, tout se suit avec une grande facilité.

L’action, il est vrai, n’est cependant pas très folle. Le fait de connaître l’avance l’issue des péripéties n’aide pas, mais je ne me suis jamais sentie très inquiète pour les personnages, je ne me suis pas surprise à tourner avec avidité les pages pour connaître la suite. S’il n’y a pas de descriptions aussi fournies que la légende le prétend, les bavardages cassent en revanche le rythme. On sent que l’auteur veut s’appliquer à décrire très précisément son univers, et cela l’empêche de développer ses personnages (qui existent plus au travers de leur espèce, fonction, que de leur caractère) et d’intégrer ses explications à une action, comme sauront le faire d’autres auteurs du genre après lui. Cependant, quand on a lu le Trône de Fer, en termes de bavardages inutiles, d’action qui patine, on relativise.
Rétrospectivement, le plus intéressant/amusant pour moi, a été de constater à quel point l’univers de Tolkien avait inspiré le monde du jeu de rôle. Je ne pensais pas que ce serait à ce point flagrant. Si les auteurs de fantasy s’en sont démarqués souvent habilement, on peut dire que l’univers rôliste a beaucoup de travail à faire pour s’émanciper de tous les clichés qui en sont nés.

En tout cas, j’attends avec beaucoup de curiosité de lire la suite, dont j’attends un peu plus d’action, et de vraies scènes de batailles, ce qui est quand même un gros intérêt du genre en général.

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Palissade – Franck Villemaud

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Palissade-franck-villemaudEn parcourant la liste du dernier masse critique Babelio, je me suis laissée tenter par la quatrième de couverture intrigante de Palissade, petit roman publié par les jeunes éditions Taurnada. Comme découvrir un livre, un auteur, et un éditeur est toujours un plaisir, je me suis donc réjouie de pouvoir faire les trois à la fois en recevant le livre dans ma boîte aux lettres. Un « Thriller », comme c’est indiqué sur la couverture, classification devenue un peu fourre-tout mais, si on se passera ici d’une enquête criminelle, ou du profil psychologique finement établi d’un tueur, le noir est bien présent, et s’affirme même de manière étonnante.

Résumé : Remis de sa séparation, Fred quitte l’hôpital psychiatrique et semble décidé à commencer une nouvelle vie dans une petite maison à l’arrière d’un immeuble. Son goût pour le rock, ses qualités de guitariste, lui attirent la sympathie de Roland, son unique voisin, un quinquagénaire alcoolique à la vie dissolue. Une amitié faite de musique, nuits blanches et sévères gueules de bois va se créer entre eux le temps d’un été, avant que tout ne finisse par dégénérer…

Critique : Palissade est le genre de lecture qui fait du bien de temps en temps, rapide, franche, pleine de sensibilité. L’écriture m’a semblé patiner un peu au début, notamment à cause d’une ponctuation hésitante, mais le ton tranché du narrateur s’affirme très vite. On entre très facilement dans sa vie, les ambiances décrites, ses sentiments et impression. Palissade est un texte qui respire l’expérience par tous les mots. Nous ne sommes pas dans le fantasme d’un auteur, on devine qu’une très large partie de ce qui nous est raconté appartient au réel, tant au niveau de la rupture amoureuse au début, que dans les soirées bien arrosées ou le personnage de Rolland. Qui n’a croisé aucun Rolland au détour d’un chemin ou même, comme Fred, à une période un peu trouble de son existence ? C’est tout à fait le type de personnage qui m’inspire autant de sympathie que de rejet. J’aime y voir l’ombre de certaines connaissances, je déteste pourtant qu’on les rappelle à ma mémoire. Pendant une partie de ma lecture, j’avais aussi dans la gorge l’âpre goût des lendemains de soirées qui s’achèvent en blackout.

L’amitié qui se lie entre Fred et Rolland est terriblement crédible, je me suis aisément laissée prendre au piège des apparences, celle de l’éternel « bon ami de bibine » qui s’invite un jour, devient d’un coup meilleur ami, ne part plus, a tous les soirs une nouvelle aventure éthylique à commencer. Et les jours défilent sans qu’on les voit, jusqu’à ce qu’on réalise qu’on y laisse peut-être un peu trop sa tête. Rolland est ce genre de personne, le soutien moral qui a trop besoin de se sentir approuvé dans sa vie débauchée pour te vouloir du bien. Et là, évidemment, les choses commencent à dégénérer. La thématique de l’ami oppressant m’inspire toujours, puisqu’elle est prétexte à créer un huis-clos psychologique vraiment angoissant, rend personnages comme lecteurs paranoïaques, et promet en général une chute inattendue.

S’il serait impossible d’en dire plus au risque de gâcher toute la surprise, je peux dire que le renversement de situation est surprenant. L’auteur nous donne quelques pistes, mais rien qui permette de deviner où il va nous mener. Quand un roman donne des soupçons, nous prépare à être surpris et réussi à le faire, c’est toujours une belle prouesse. Par contre, et là je vais souligner un bémol qui fait que Palissade ne sera pas le coup de cœur qu’il aurait pu devenir. Si le coup de théâtre est beau, je n’ai pas cru un seul instant à la fin. Les personnages sont bien cernés, tout le côté judiciaire laisse cruellement à désirer. Je regrette que l’auteur n’ait pas apporté plus de soin à cet aspect. On peut évidemment excuses les non-dits, le fait de ne pas vouloir s’embêter de descriptions trop administratives, mais les zones d’ombres ne doivent pas céder à la facilité, même si le roman est à l’origine l’adaptation d’une pièce de théâtre (format qui se permet plus facilement les invraisemblances). Parfois, des fins sont très tentantes, on aimerait les écrire, mais confronté à la complexité du réel, on se rend compte qu’il faudrait faire de sacrées acrobaties scénaristiques pour les faire entrer dans le domaine du possible. Alors, peut-être qu’en y travaillant plus, Franck Villemaud y serait arrivé, mais dans l’état, c’est trop surréaliste pour ne pas faire hausser un sourcil. Un peu déçue donc, cependant, Palissade reste une bonne lecture qui trouvera un véritable écho aux abonnés des amitiés à problèmes, fêtes chaotiques et séduira avec son basculement plutôt osé.

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Questionnaire littératures de l’imaginaire #1

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Categories: Bilan lecture du mois

En attendant une chronique qui devrait arriver dans quelques jours, un questionnaire trouvé sur le site sfsignal m’a donné l’envie d’ouvrir une nouvelle catégorie sur le blog pour faire le point sur mes expériences de lectures, étant donné que je chronique très peu. Le questionnaire est orienté sur les littératures de l’imaginaire (Science-fiction/Fantasy/horreur) mais je pense l’adapter à la littérature blanche, et à la bande-dessinée. Donc, à chaque début de mois, je me propose de faire un roulement, pour faire le point par genre tous les trois mois.

  1. What was the last sf/f/h book you finished reading ? La communauté de l’anneau. Je commence enfin à maîtriser Tolkien !
  2. What was the last sf/f/h book you did not finish reading and why ? J’abandonne rarement mes livres, même ceux qui ne me plaisent pas du tout. Si c’est probablement arrivé, alors le souvenir est trop lointain pour que je m’en souvienne.
  3. What was the last sf/f/h book you read that you liked but most people didn’t ? Aucun exemple ne me vient pour la littérature de l’imaginaire.
  4. What was the last sf/f/h book you read that you disliked but most people did ? Je n’irais pas jusqu’à dire que je n’ai pas aimé, mais Miroirs et fumée de Neil Gaiman m’a assez peu convaincue. Je m’attendais à apprécier davantage de nouvelles. Or, beaucoup m’ont semblé assez faibles ou m’ont, en tout cas, peu intéressée.
  5. How long do your 1-sitting reading sessions usually last ? Deux heures en moyenne.
  6. What are you currently reading ? Sans âme, premier tome de la saga Le protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger.
  7. Do you like it so far ? Très moyennement. Des choses intéressantes dans l’univers, mais ça semble trop bit-lit pour moi.
  8. How long ago did you buy the book you are currently reading (or the last book you read) ? Deux ans ! Il y avait de la poussière sur la tranche quand je l’ai sorti de ma bibliothèque.
  9. What was the last physical sf/f/h book you bought ? L’intégrale 4 du Trône de Fer. Je m’y mettrai sans doute prochainement.
  10. What is the sf/f/h sub-genre you like the most and why ? Je dirais l’anticipation sociale, parce que si j’aime aussi les histoires d’aventure de temps en temps, j’aime quand un livre me fait réfléchir et me laisse dans un univers assez familier (ou cruellement familier plutôt).
  11. What is the sf/f/h sub-genre you dislike the most and why ? La Bit-lit. En fait, je considère qu’il y a d’un côté l’urban fantasy, avec un univers, une intrigue travaillé, et de l’autre, un sous-genre assez mauvais dont univers, intrigue et créatures sont brossé à la va-vite pour coller une héroïne pénible et une histoire d’amour. Ça ne me parle juste pas du tout.
  12. What is your favorite electronic reading device ? Pour l’instant mon ordinateur, il faudra que je pense à la tablette un jour.
  13. What was the last sf/f/h eBook you bought ? Plusieurs d’un coup puisque j’avais profité de soldes chez Bragelonne. Il y a entre autres Le portrait du mal de Masterton, Les Pariries Bleues d’Arthur C. Clark, Les Faucons d’Outremer de Robert E. Howard. Je ne sais pas du tout quand j’y toucherais parce que je préfère quand même les livres physiques et ma bibliothèque n’en manque pas.
  14. Do you read books exclusively in 1 format (physical/electronic) ? Je lis depuis des années des livres sur mon ordinateur. J’aime bien découvrir de vieux textes non édités sur Gallica. Mais ça fait un moment que je n’ai plus lu un livre entier de cette manière (à l’exception des manuscrits pour les éditions).

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Bilan 2014

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Categories: Actualités & projets

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Cet article est trop positif, je ne savais pas comment l’illustrer. Cette image m’a semblé parfaitement inappropriée.

Comme 2015 est arrivé, que beaucoup de choses restent à venir et, surtout, que 2014 a été plutôt riche, le moment semble important pour un bilan.

Activité éditoriale 2014
Cette année aura été la première véritable année des éditions Luciférines avec la publication de deux autres titres, des salons réussis, beaucoup de rencontres avec des auteurs, des éditeurs, des passionnés et, d’une manière générale, l’affirmation d’un projet prêt à vivre 2015 encore plus fort. Je suis vraiment satisfaite de toutes les expériences que les activités éditoriales m’ont permises de vivre. Les bonnes impressions de la fin 2013 avec mon arrivée à Paris et les premières découvertes se sont confirmées. J’ai déjà hâte de la sortie des titres actuellement en préparation et reste décidée à faire au mieux pour que la petite maison au poisson lanterne continue à conquérir la littérature française avec ses récits à glacer les os.
Je souhaite donc que le bilan 2015 soit plus de salons, plus de publications et, bien sûr, un public toujours plus étendu. A ce propos, l’année s’ouvre bien puisque je ferai bientôt une apparition à la télé pour en parler (bon, télé régionale, certes, mais ça reste une petite victoire).

L’écriture
Avec la fin des études, j’ai pu prendre un peu de temps pour moi, et rencontrer tous ces auteurs au cours d’événements culturels m’a vraiment aidée à me remettre – ou plutôt lancer –dans l’écriture. J’avais un peu commencé en 2013 avec la rédaction de 3 nouvelles (une longue, 2 courtes), et une petite publication dans la revue des étudiants de lettres de Rennes.
En 2014, j’ai trouvé un rythme un peu soutenu, avec 3 nouvelles, parmi lesquelles deux ont été publiées dans l’année (je viens d’achever l’autre) dans les anthologies, Nouvelles Peaux et Robots. Une promesse de publication dans une autre anthologie qui sortira au printemps 2015 m’a également été confirmée. Chose assez importante aussi, j’ai réussi à me faire violence pour écrire en un mois mon texte le plus long, une novella de 26 700 mots. Malheureusement, encore rien de très concret pour la publication, et j’aimerais écrire une seconde partie tout aussi longue avant de soumettre le texte à des éditeurs.
L’autre chose très réjouissante aura été la mise en scène de la nouvelle « Ils iront tous à la morgue » par une troupe d’amis.
Je commence l’année avec trois idées de nouvelles en tête que j’espère donc réussir à écrire. Il me reste aussi à commencer et finir la seconde novella. Mais, un des plus grands défis cette année sera surtout de réussir à conquérir davantage d’éditeurs, de lecteurs.

 Vie personnelle
Je m’éloigne un instant du côté éditorial pour évoquer le quotidien en général. Même si tout n’est jamais simple d’un bout à l’autre, et que la fin d’année notamment a été assez éprouvante moralement, je continue de penser que 2014 aura été mon année la plus tranquille depuis que j’ai quitté le lycée (voire depuis bien avant). Elle a été pleine de choses assez positives pour faire passer les problèmes au second plan, beaucoup de liens avec des amis faits fin 2013 se sont consolidés et perdurent encore aujourd’hui. D’une manière générale, je ne me suis jamais sentie aussi bien entourée alors, évidemment, je ne peux que souhaiter que cela dure. Ça n’aura peut-être pas été la période la plus riche émotionnellement mais, se reposer là-dessus fait aussi du bien. Je n’évoquerais pas les aspects négatifs et ne peux que croiser les doigts pour que les nuages qui restent à l’horizon continuent de s’y tenir.

En tout cas, pour tous ceux qui m’ont accompagné cette année, que ce soit en vrai ou par internet (hélas, la distance fait que certains amis deviennent difficiles à voir aussi souvent qu’on le souhaiterait), ceux que je n’ai pas encore eu la chance de rencontrer mais qui soutiennent mes projets, un grand merci à vous, et à bientôt pour de nouvelles grandes aventures !

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Un homme effacé – Alexandre Postel

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unhommeeffacéMon dernier roman de l’année sera aussi une première puisque je n’avais encore jamais eu la curiosité de regarder un prix Goncourt du premier roman récent. Celui-ci est de 2013. Mais ce n’était pas mon intérêt principal lorsque j’ai choisi de faire un partenariat pour ce titre avec Folio. La quatrième de couverture m’a intriguée, j’ai pris le risque de me laisser tenter. Mon intuition ne m’a pas déçue.

Résumé : Damien North est l’homme le plus transparent du monde, un fantôme des classes dites favorisées dont la vie se joue depuis douze ans entre sa maison et les cours de philosophie qu’il donne à l’université de sa ville. Cette vie tranquille bascule quand on l’accuse d’avoir téléchargé un millier d’images d’enfants à caractère pornographique. Il se sait parfaitement innocent, mais la terrible machinerie judiciaire, les doutes grandissant d’un entourage qui le connaît si peu, feront tourner son existence au cauchemar.

Chronique :
Un homme effacé est très agréable à lire malgré son sujet difficile. Il est servi par une écriture maîtrisée, efficace, juste assez riche pour ne pas ennuyer le lecteur exigeant. On pourrait aussi se dire qu’elle n’a rien d’incroyable mais tout s’enchaîne parfaitement, avec des relances à chaque fin de chapitre qui donnent presque l’impression de lire un roman d’action à tiroirs, où l’on va de rebondissements en rebondissements. Pourtant, il n’en est rien. L’auteur parvient à nous faire suivre avec passion la vie et les malheurs d’un homme particulièrement ennuyeux.

Damien North est un peu l’archétype de cet enseignant timide que l’on trouve sympathique en classe, mais dont l’existence paraît terriblement sinistre. Cruel de réalisme, quoique peu de lecteurs voudraient s’identifier à lui, Monsieur North est un intellectuel solitaire, qui semble s’être toujours plus ou moins laissé porter par les événements, qui s’est vaguement amusé dans sa jeunesse, et ressemble déjà à un vieillard à quarante-cinq ans. Tel un automate de la vie moderne, il travaille sur son ordinateur, se rend à l’université, et s’occupe de son jardin. Imperturbable depuis plus d’une dizaine d’année, sa vie pourrait se poursuivre ainsi jusqu’à sa mort. On ne le sent pas malheureux, à l’inverse d’un héros de Huysmans dont il rappelle quelques traits, mais plutôt résigné à ce que rien d’incroyable ne puisse jamais lui arriver, formaté à être vide à l’intérieur et à s’en contenter.

Evidemment, la mécanique parfaitement huilée de son quotidien prend un virement terrible le jour où la police le convoque pour détention d’images illicites. Il y a d’abord l’incompréhension, puis la juste assurance de se croire hors de portée, puisqu’il ne s’est rien passé. Le pauvre North découvrira combien le monde a vite fait de condamner, et le fait que les images aient bien été téléchargées sur son ordinateur, n’est pas là pour clamer son innocence. Son vide intérieur le dessert, puisque, du point de vue des spécialistes qu’il rencontrera, sa vie n’a rien de très sain : solitude, célibat prolongé, unique expérience sexuelle avec une artiste du double de son âge… Damian North semble avoir tout de l’homme perdu, instable, proche de la dépression. Certains souvenirs évoquent de possibles traumatismes d’enfance, mais je ne les trouve pas particulièrement utiles. N’ayant aucun ami proche, et une entente assez relative avec son frère, l’enseignant fait figure d’un homme perdu dont on va soudain s’intéresser à l’existence sordide. Les soupçons vont naître dans le voisinage, dans son entourage, on se souvient de toutes ses attitudes troublantes et, puisque personne ne semble assez tenir à lui pour le défendre, la sentence arrive vite.

Nous suivons donc North dans son enfer, avec cette accusation injuste qui lui fera prendre conscience de l’inconnu qu’il est aux yeux de tous et, surtout, réveillera ses démons, lui fera craindre de posséder la perversion dont on l’accuse, par ce procédé psychologique qui fait qu’une fois un faux procès est mené par la vindicte populaire, on garde un sentiment de culpabilité, l’impression d’être du mauvais côté malgré soi. Toute cette partie est très bien vue.

J’ai trouvé plus dommage en revanche de ne pas réveiller un peu plus la conscience de Damien North, qui sera abattu mais restera inchangé. Il me semble que le roman aurait été plus fort si le drame l’avait réveillé, s’il avait montré une personnalité moins creuse que celle que l’on devine dès le départ, en rendant assez tristement compréhensible la défiance de son entourage. Après, le titre du roman va bien sûr dans ce sens, Un homme effacé présente la victime parfaite, le portrait de personnes qui pourraient aller en prison sans choquer, et dont on peine à compatir au malheur comme si leur existence si étrange et désolante le justifiait.

Le reproche plus sérieux en revanche est que les ficelles narratives qui permettent une telle histoire sont assez grossières. Si North est travaillé, tous les autres personnages, du voisinages, aux collègues et aux spécialistes ont des attitudes caricaturales qui sont plus vraisemblables que crédibles. Le choix d’imaginer une ville, un pays dans une sorte de futur proche permet aussi de faire l’impasse sur un certain nombre de procédés judiciaires qui pourraient empêcher à la situation de tourner de cette manière, afin de nous prouver notamment que même la plus innocente des personnes peut avoir le profil parfait du coupable. Pourquoi pas… Sauf que les conclusions des médecins semblent particulièrement hâtives, un peu trop caricaturales pour rendre la critique réellement corrosive. De même, l’explication finale est assez délirante, et les réactions du voisinage peuvent laisser sceptique.

Si « Un homme effacé » se défend bien dans son écriture, et le traitement du personnage principal, de sa souffrance, je trouve le propos assez fluctuant. Le décor planté autour du très vaporeux Damien North manque lui-même de consistance. Si la caricature avait été assumée jusqu’au bout, cela aurait pu donner quelque chose d’intéressant, mais le ton est un peu trop sérieux pour passer sur les irrégularités du roman. Un bon titre cependant, qui a le mérite de tomber juste sur la chose qui intéresse le plus, à savoir, les réactions d’un homme trop ordinaire face à une accusation aussi injuste que dégradante.

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Anthologie Robots chez La Madolière

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10285785_782551021792989_6403282298771276457_oAprès une longue absence côté critique (mais enfin, les rendez-vous deviennent exceptionnels), je reprends le clavier pour un post un peu particulier. J’aimerais vous faire une vraie chronique de l’anthologie Robots, parue chez La Madolière, mais on pourrait mettre en doute mon objectivité. En effet, j’ai le plaisir d’être au sommaire avec la nouvelle De sang avide. L’autre raison est que je ne voudrais pas risquer l’incident diplomatique avec mes co-auteurs qui, je le sais, attendent tous des louanges sur leurs textes – et ont déjà préparé la hache en cas de désaccord. Que l’on se le dise cependant, je n’ai pas grand-chose à reprocher à ce livre en général. La date de la sortie permet de découvrir le travail des autres, d’avoir une idée de ce à quoi ressemble un projet auquel nous n’avons fait qu’ajouter une petite pierre, un texte noyé au milieu d’autres. Après la joie d’être retenu, l’autre bon moment est aussi celui de lire et apprécier les contributions de chacun.

Pour parler un peu de la maison d’édition, La Madolière publie une anthologie par an sur un thème spécifique depuis trois ans. Morts dents lames était consacré à la violence, Créaturedont vous pouvez trouver le billet – annonçait bien le sujet, tout comme Robots qui prend dignement la relève. Et, quoique le titre puisse laisser craindre le piétinement de sentiers rebattus par la SF populaire, les nouvelles utilisent la diversité et, surtout, loin des vieux clichés, donnent une vision très contemporaine du robot, souvent en accord avec les évolutions technologiques et questions éthiques actuelles.

Plutôt qu’une critique texte par texte, je vous propose un voyage entre les différentes histoires, même s’il est possible que je m’attarde plus sur certains écrits que d’autres. Tout commence avec Gaëlle Saint-Etienne, grande habituée des anthologies de La Madolière. Un génie récupère un robot envoyé dans l’espace bien avant de naissance et aimerait déchiffrer son langage. Plus léger, Jean-Marc Sire présente ensuite un robot qui fuit l’usine pour aller cueillir les pommes du verger et aider la femme de son maître à préparer des confitures. Une nouvelle très mignonne, pleine d’humour et au dénouement inattendu, mais heureux, chose qui risque de ne pas arriver très souvent par la suite. On reste dans la poésie avec Xavier Portebois. Un joueur de oud doit apprendre à utiliser des bras bioniques. Mais jusqu’à quel point devra-t-il sacrifié son humanité pour vivre sa passion ? Laurent Pendarias a fait dans l’original. Déjà remarqué dans l’anthologie Créature en donnant la parole au dernier représentant d’une race d’escargots géants, il présente cette fois le monologue d’une camionnette de livraison fort présomptueuse. En quelques pages, le véhicule s’appliquera à expliquer combien nous, humains, sommes prévisibles. La chute est délicieuse. Bien plus scientifique, le texte de Joël Tardivel-Lacombe s’amuse avec les lois de la robotique d’Isaac Asimov. Puis, cap au Far West en compagnie de Patrick Lorin, d’un robot sherif et d’un robot pasteur, venu dans un village de cow-boy apporter un peu de droiture et de valeurs morale. La nouvelle est assez longue mais agréable à suivre. On ne sait pas vraiment ce qu’on attend de la fin, mais je peux assurer que c’est un joli coup. En parlant de morale d’ailleurs, la suite pourrait heurter les âmes pudibondes puisque Pierre Berger s’applique à nous décrire une scène erotico-technologique teintée de mélancolie.

Sur un fond de paranoïa qui n’aurait rien à envier à Philip K. Dick, David Mons trace le portrait d’un tyran fou qui semble intouchable, avec quelques vaches-robot tueuses au passage (et oui, et pourquoi pas ?). On poursuit à couteaux tirés aussi avec Luce Basseterre et un robot capable d’imiter n’importe quel textile qui pourrait bien faire des envieux. Guillaume Lemaître, autre habitué mais aussi collaborateur de La Madolière peint un futur où les implants robotiques sont devenus une normalité, même si le coût du meilleur matériel fait que les indifférences sociales persistent. Sous m’avancer dans le scénario, qui part d’une étrange défaillante chez un cyborg de pacotille, j’ai beaucoup aimé tous les enjeux sociaux en arrière fond, et presque regretté que le format nouvelle ne permette pas d’en apprendre un peu plus sur ce monde. Plus léger, mais non moins glaçant, Alexis Potsche fait dans la simplicité apparente : un homme est très en retard à son examen, le contrôleur androïd d’un train pourrait bien tout faire rater. Court, et efficace.

Auteur que j’apprécie de suivre d’une anthologie à l’autre, Sébastien Parisot alias Herr Mad Doktor a encore réussi à sortir un texte bien loufoque de ses labos. Un savant fou a enfin mis au point un sérum, concentré de nanobots, qui doit le rendre invulnérable. Malheureusement, quand la mégalomanie touche le personnage d’une nouvelle de science-fiction, on doit toujours craindre les ennuis au tournant… Ensuite, vient donc mon texte sur lequel je m’attarde dans un autre post que celui-ci. Il est très agréablement suivi par Solveig Kulik, nouvelle débarquée qui mérite le détour avec son automate qui voulait devenir un humain. Ambiance plutôt « steampunk » cette fois, dans un XIXe siècle où pantins de bois et poupées de porcelaine n’ont rien à envier aux robots modernes. Un conte touchant, mais un peu cruel aussi. Jones Southeast est aussi un revenant, et c’est un monologue complètement délirant qui nous est servi à travers un narrateur un peu trop accro aux substances psychotropes, alcools et aux possibilités infinies de la technologie.

Retour au XIXe siècle avec Fanny Angoulevant qui nous emmène dans l’Angleterre Victorienne la plus convenue possible pour y faire atterrir une androïd perdue dans la timeline. Le ton passe progressivement de la romance à l’horreur et vu mon « amour » (très limité) pour ce qui touche au victorien, je ne peux qu’être interpellée. Je ne sais pas si c’est volontaire, mais le thème du robot créé pour incarner la femme parfaite m’a beaucoup rappelé L’Eve-Future de Villiers de l’Isle-Adam, comme la suite et les conséquences de l’expérience manquée – et déjà assez terrifiante – de ce roman. Plus sympathique, le robot de Frédéric Darriet, s’occupe de rescapés d’un univers post-apocalyptique et se prend d’amitié pour une petite fille.

Xavier-Marc Fleury propose d’une nouvelle d’anticipation sociale qui soulève aussi de nombreuses questions de fond. Nous voici dans un futur où il est possible de remplacer ses morts par des robots à leur image, en y transférant les souvenirs que gardent leurs proches d’eux. Evidemment, cette « mode » dérange et provoque de lourdes oppositions de la part de pro-humains. En fait, j’ai trouvé l’idée si passionnante que j’ai été un peu déçue du traitement très manichéen de la chose. Les pro-humains sont assimilés à des conservateurs du genre FN alors que je trouve pourtant difficile d’être du côté d’une société qui nie le deuil avec des machines. Ceci dit, ça donne à réfléchir, tout en présentant une jolie histoire et c’est bien le principal. Lilie Bagage nous montre comment un robot peut progressivement gagner une identité humaine et pour finir ce tour (plutôt long au final) Julien Chatillon-Fauchez entraîne le lecteur dans une jungle isolée où vit depuis des siècles un immense robot octopus qui a fuit les hommes pour ne pas finir démantelé. Sur ses traces, une journaliste au chômage va découvrir bien plus que sa curiosité ne l’espérait. La nouvelle clot le recueil avec quelques réflexions philosophiques et, surtout, une fin apaisée, véritable réconciliation entre l’homme et la machine, ce qui ne semblait pas toujours évident pendant ce voyage !

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