Scène de chasse ordinaire

malpertuis VIScène de chasse ordinaire est une nouvelle qui m’a permis de me lancer un peu plus sérieusement dans l’écriture. Même s’il s’agit de ma dernière publication, elle est loin d’être la toute première écrite, et je suis heureuse qu’elle ait trouvé une anthologie – et non des moindres ! – pour l’accueillir avec Malpertuis VI en mai 2015 à l’occasion des Imaginales.

Le style et les thèmes d’inspiration de Scène de chasse ordinaire sont un peu différents de ce que j’ai écrit depuis, plus contemplatif, moins fantastiques aussi. J’ai poussé le concept plus loin avec un autre texte il y a quelques mois mais, comme celui-ci ne s’intègre absolument pas dans la littérature imaginaire, je ne sais s’il pourra s’inviter dans une publication un jour. En tout cas, avec cette nouvelle, j’espérais m’approcher davantage du polar. Je suis donc allée vers un fantastique très « classique » selon les mots de mon éditeur — qui précise néanmoins que ce n’est pas un reproche ! Tout commence par la mort d’un vieux châtelain. Le passé ressurgit autour d’une ancienne tapisserie qui illustre une scène de chasse à courre.
Le fantastique apparaît ici dans la forme très introspective du texte avec une réflexion sur la perte d’une imagination enfantine, l’ambiance particulière du château, la présence forte, un peu dérangeante, d’un objet autour duquel l’intrigue se construit.
J’ai l’habitude de donner à chaque fois l’origine de la nouvelle, et celle-là n’échappe pas à la règle. Il existe bien aussi un avant. J’ai repris l’idée d’un texte court écrit pendant un exercice d’écriture en licence. Je n’avais alors qu’une scène en tête, et la vague idée d’une amitié entre un vieil homme solitaire et un garçon esseulé. J’ai gardé le passage, sans doute le détail le moins ragoutant de l’histoire – mais je n’en dirais pas plus – et brodé par-dessus.
La touche polar, essentiellement concentrée sur la découverte du corps du vieil homme (expliquée dès le départ, ce n’est pas un spoil), est directement tirée d’un fait divers sordide arrivé dans ma famille. Rien de très grave, je vous rassure, pas de meurtre à déplorer ! Mais il est vrai que, parfois, une personne peut se perdre tout bêtement des années dans la nature avant d’être retrouvée. Quand certains s’ingénient à dissimuler des cadavres, ce genre d’ironie ne peut qu’interpeler.

En tout cas, très fière d’intégrer la petite bande des auteurs de Malpertuis et j’espère que ce texte vous plaira si vous avez l’occasion de le lire pour me découvrir dans un registre plus romantique que le reste de mes productions. A voir quel registre me convient le mieux !

Critiques des lecteurs :

« Un an, sept mois et six jours après sa mort, monsieur de Cherval était enterré avec les derniers membres de sa lignée », telle est la phrase introductive de la « Scène de chasse ordinaire » de Barbara Cordier, un texte fourmillant de personnages étranges qui aurait sans doute gagné à un être un rien plus ramassé mais qui produit son effet de belle manière. Le monde de Mateo

2 Responses to Scène de chasse ordinaire

  1. Dominique

    Intéressant de lire votre “petite cuisine personnelle” à vous aussi ! J’ai beaucoup aimé votre texte et la relation touchante entre le garçon et le vieil homme. Il y a beaucoup de justesse dans la description de ces rapports entre eux. Une très belle nouvelle.

    • UnityEiden Post author

      J’aime montrer et savoir que chaque texte a toujours sa petite histoire. Merci beaucoup pour votre commentaire et retour. Je n’ai pas encore pu m’attaquer à la lecture de l’anthologie mais ça ne saurait tarder. : )

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *