12277985_10208418964418603_1405954683_n-290x400Je me souviens assez précisément du moment où m’est venue l’idée Des Naufragés de Calypso. Mes pensées vagabondaient au rythme de la musique pendant un trajet de train et, soudain, une vision m’a frappée. J’ai vu les abysses telles que mes personnages les découvrent à la fin de la nouvelle. Je ne connaissais pas encore le sujet du Salon Fantastique 2016 à cette époque, mais j’ai essayé d’imaginer une histoire à partir de cette chute. Alors forcément, quand j’ai connu le thème de la future anthologie (Légendes Abyssales, aux éditions Mythologica) j’ai tout fait pour y participer. On va dire que l’inspiration tombait à point. Elle arrivait d’autant mieux que les mondes sous-marins ont toujours eu une place très particulière dans mon univers. Depuis toute petite, j’ai la fascination et la terreur de l’océan. Je pouvais passer des heures à observer les poissons à travers la transparence des eaux de rivières ou derrière des aquarium. Je trouvais l’idée de vivre dans une maison dont les murs ne sont que des aquariums absolument géniale. J’en suis revenue depuis. Mais, pour autant, les prédateurs marins restaient à mon sens le danger le plus inquiétant et j’adorais me donner des frissons en regardant les photos des poissons abyssaux. Aujourd’hui, je sais qu’ils sont en réalité très petits, beaucoup moins impressionnants que ce que je me représentais en les voyant luire dans les ténèbres, tout efflanqués, avec leurs yeux pâles et leurs longues dents translucides. Comme pour conjurer le sort, je me suis donc passionnée pour le sujet. Alors pour ceux qui se demandent de quelle manière j’ai bien pu pêcher le mot Luciférines sans être biologiste pour mes éditions, vous avez votre réponse… Il suffisait d’une passion pour les bizarreries inquiétantes de la nature.

Au final, Les Naufragés de Calypso parle énormément de mon imaginaire d’enfant. Ce n’est pas un texte introspectif dans la forme, mais, puisque nous entrons dans un monde où le tourisme abyssale est un véritable phénomène de mode, cela pourrait ressembler à une société délirante qui m’aurait bien amusée plus jeune. Même si je connaissais déjà un peu le monde des fonds-marins, j’ai tenu à me mettre dans les meilleures conditions possibles pour rédiger ce texte. J’en ai donc profité pour lire 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne et Starfish et Peter Watts juste avant sa rédaction.
Dans la forme, Les Naufragés de Calypso est sans doute ma nouvelle la plus proche d’une histoire d’horreur un peu SF. Plusieurs submersibles ont disparu dans Calypso, une faille pourtant peu impressionnante en Méditerranée. Après des années de recherches, trois personnages décident de s’y aventurer pour comprendre ce qui a bien pu arriver à tous les passagers disparus. Et, bien entendu, ce qu’ils trouveront dépassera tout ce qu’ils pouvaient soupçonner.

Une thématique dans la nouvelle fait écho à d’autres textes publiés récemment. En fait, sans le faire exprès, j’ai fait quelques connexions d’un récit à l’autre, mais je vous les laisse découvrir, établir les liens avec On l’appelait Sombra et, surtout, Une Pièce scandaleuse. J’espère que vous apprécierez le voyage !

Reviews

“Parmi celles que j’ai beaucoup aimé figurent Les naufragés de la Calypso de Barbara Cordier qui mêle habillement la mythologie grecque et les abysses, Arche de David Bry et bien entendu Une robe couleur d’Océan d’Estelle Faye.”
“On ne retrouve pas vraiment de profonds ou des anciens dieux comme chez H.P. Lovecraft mais des créatures surnaturelles qui peuvent être tout aussi effrayantes, comme des médulaires chez Benedict Taffin, ou des spectres faisant étrangement penser aux profonds chez Barbara Cordier.” Au pays des cave trolls

“Je me suis donc laissé porter au gré du vent et j’ai découvert de magnifiques textes comme « Selanka » de Patrick Mc Spare, « Les naufragés de Calypso » de Barbara Cordier ou encore « Une robe couleur d’océan d’Estelle Faye.
Oh, toutes les nouvelles ont bien leur place dans ce recueil, mais j’avoue que ces trois plumes plus particulièrement ont été pour ma part celles qui ont été les plus à même de me toucher.” Par Leila sur Babelio