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Histoire de dire que je fais des trucs desfois…

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Bilan 2014

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Cet article est trop positif, je ne savais pas comment l’illustrer. Cette image m’a semblé parfaitement inappropriée.

Comme 2015 est arrivé, que beaucoup de choses restent à venir et, surtout, que 2014 a été plutôt riche, le moment semble important pour un bilan.

Activité éditoriale 2014
Cette année aura été la première véritable année des éditions Luciférines avec la publication de deux autres titres, des salons réussis, beaucoup de rencontres avec des auteurs, des éditeurs, des passionnés et, d’une manière générale, l’affirmation d’un projet prêt à vivre 2015 encore plus fort. Je suis vraiment satisfaite de toutes les expériences que les activités éditoriales m’ont permises de vivre. Les bonnes impressions de la fin 2013 avec mon arrivée à Paris et les premières découvertes se sont confirmées. J’ai déjà hâte de la sortie des titres actuellement en préparation et reste décidée à faire au mieux pour que la petite maison au poisson lanterne continue à conquérir la littérature française avec ses récits à glacer les os.
Je souhaite donc que le bilan 2015 soit plus de salons, plus de publications et, bien sûr, un public toujours plus étendu. A ce propos, l’année s’ouvre bien puisque je ferai bientôt une apparition à la télé pour en parler (bon, télé régionale, certes, mais ça reste une petite victoire).

L’écriture
Avec la fin des études, j’ai pu prendre un peu de temps pour moi, et rencontrer tous ces auteurs au cours d’événements culturels m’a vraiment aidée à me remettre – ou plutôt lancer –dans l’écriture. J’avais un peu commencé en 2013 avec la rédaction de 3 nouvelles (une longue, 2 courtes), et une petite publication dans la revue des étudiants de lettres de Rennes.
En 2014, j’ai trouvé un rythme un peu soutenu, avec 3 nouvelles, parmi lesquelles deux ont été publiées dans l’année (je viens d’achever l’autre) dans les anthologies, Nouvelles Peaux et Robots. Une promesse de publication dans une autre anthologie qui sortira au printemps 2015 m’a également été confirmée. Chose assez importante aussi, j’ai réussi à me faire violence pour écrire en un mois mon texte le plus long, une novella de 26 700 mots. Malheureusement, encore rien de très concret pour la publication, et j’aimerais écrire une seconde partie tout aussi longue avant de soumettre le texte à des éditeurs.
L’autre chose très réjouissante aura été la mise en scène de la nouvelle « Ils iront tous à la morgue » par une troupe d’amis.
Je commence l’année avec trois idées de nouvelles en tête que j’espère donc réussir à écrire. Il me reste aussi à commencer et finir la seconde novella. Mais, un des plus grands défis cette année sera surtout de réussir à conquérir davantage d’éditeurs, de lecteurs.

 Vie personnelle
Je m’éloigne un instant du côté éditorial pour évoquer le quotidien en général. Même si tout n’est jamais simple d’un bout à l’autre, et que la fin d’année notamment a été assez éprouvante moralement, je continue de penser que 2014 aura été mon année la plus tranquille depuis que j’ai quitté le lycée (voire depuis bien avant). Elle a été pleine de choses assez positives pour faire passer les problèmes au second plan, beaucoup de liens avec des amis faits fin 2013 se sont consolidés et perdurent encore aujourd’hui. D’une manière générale, je ne me suis jamais sentie aussi bien entourée alors, évidemment, je ne peux que souhaiter que cela dure. Ça n’aura peut-être pas été la période la plus riche émotionnellement mais, se reposer là-dessus fait aussi du bien. Je n’évoquerais pas les aspects négatifs et ne peux que croiser les doigts pour que les nuages qui restent à l’horizon continuent de s’y tenir.

En tout cas, pour tous ceux qui m’ont accompagné cette année, que ce soit en vrai ou par internet (hélas, la distance fait que certains amis deviennent difficiles à voir aussi souvent qu’on le souhaiterait), ceux que je n’ai pas encore eu la chance de rencontrer mais qui soutiennent mes projets, un grand merci à vous, et à bientôt pour de nouvelles grandes aventures !

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Anthologie Robots chez La Madolière

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10285785_782551021792989_6403282298771276457_oAprès une longue absence côté critique (mais enfin, les rendez-vous deviennent exceptionnels), je reprends le clavier pour un post un peu particulier. J’aimerais vous faire une vraie chronique de l’anthologie Robots, parue chez La Madolière, mais on pourrait mettre en doute mon objectivité. En effet, j’ai le plaisir d’être au sommaire avec la nouvelle De sang avide. L’autre raison est que je ne voudrais pas risquer l’incident diplomatique avec mes co-auteurs qui, je le sais, attendent tous des louanges sur leurs textes – et ont déjà préparé la hache en cas de désaccord. Que l’on se le dise cependant, je n’ai pas grand-chose à reprocher à ce livre en général. La date de la sortie permet de découvrir le travail des autres, d’avoir une idée de ce à quoi ressemble un projet auquel nous n’avons fait qu’ajouter une petite pierre, un texte noyé au milieu d’autres. Après la joie d’être retenu, l’autre bon moment est aussi celui de lire et apprécier les contributions de chacun.

Pour parler un peu de la maison d’édition, La Madolière publie une anthologie par an sur un thème spécifique depuis trois ans. Morts dents lames était consacré à la violence, Créaturedont vous pouvez trouver le billet – annonçait bien le sujet, tout comme Robots qui prend dignement la relève. Et, quoique le titre puisse laisser craindre le piétinement de sentiers rebattus par la SF populaire, les nouvelles utilisent la diversité et, surtout, loin des vieux clichés, donnent une vision très contemporaine du robot, souvent en accord avec les évolutions technologiques et questions éthiques actuelles.

Plutôt qu’une critique texte par texte, je vous propose un voyage entre les différentes histoires, même s’il est possible que je m’attarde plus sur certains écrits que d’autres. Tout commence avec Gaëlle Saint-Etienne, grande habituée des anthologies de La Madolière. Un génie récupère un robot envoyé dans l’espace bien avant de naissance et aimerait déchiffrer son langage. Plus léger, Jean-Marc Sire présente ensuite un robot qui fuit l’usine pour aller cueillir les pommes du verger et aider la femme de son maître à préparer des confitures. Une nouvelle très mignonne, pleine d’humour et au dénouement inattendu, mais heureux, chose qui risque de ne pas arriver très souvent par la suite. On reste dans la poésie avec Xavier Portebois. Un joueur de oud doit apprendre à utiliser des bras bioniques. Mais jusqu’à quel point devra-t-il sacrifié son humanité pour vivre sa passion ? Laurent Pendarias a fait dans l’original. Déjà remarqué dans l’anthologie Créature en donnant la parole au dernier représentant d’une race d’escargots géants, il présente cette fois le monologue d’une camionnette de livraison fort présomptueuse. En quelques pages, le véhicule s’appliquera à expliquer combien nous, humains, sommes prévisibles. La chute est délicieuse. Bien plus scientifique, le texte de Joël Tardivel-Lacombe s’amuse avec les lois de la robotique d’Isaac Asimov. Puis, cap au Far West en compagnie de Patrick Lorin, d’un robot sherif et d’un robot pasteur, venu dans un village de cow-boy apporter un peu de droiture et de valeurs morale. La nouvelle est assez longue mais agréable à suivre. On ne sait pas vraiment ce qu’on attend de la fin, mais je peux assurer que c’est un joli coup. En parlant de morale d’ailleurs, la suite pourrait heurter les âmes pudibondes puisque Pierre Berger s’applique à nous décrire une scène erotico-technologique teintée de mélancolie.

Sur un fond de paranoïa qui n’aurait rien à envier à Philip K. Dick, David Mons trace le portrait d’un tyran fou qui semble intouchable, avec quelques vaches-robot tueuses au passage (et oui, et pourquoi pas ?). On poursuit à couteaux tirés aussi avec Luce Basseterre et un robot capable d’imiter n’importe quel textile qui pourrait bien faire des envieux. Guillaume Lemaître, autre habitué mais aussi collaborateur de La Madolière peint un futur où les implants robotiques sont devenus une normalité, même si le coût du meilleur matériel fait que les indifférences sociales persistent. Sous m’avancer dans le scénario, qui part d’une étrange défaillante chez un cyborg de pacotille, j’ai beaucoup aimé tous les enjeux sociaux en arrière fond, et presque regretté que le format nouvelle ne permette pas d’en apprendre un peu plus sur ce monde. Plus léger, mais non moins glaçant, Alexis Potsche fait dans la simplicité apparente : un homme est très en retard à son examen, le contrôleur androïd d’un train pourrait bien tout faire rater. Court, et efficace.

Auteur que j’apprécie de suivre d’une anthologie à l’autre, Sébastien Parisot alias Herr Mad Doktor a encore réussi à sortir un texte bien loufoque de ses labos. Un savant fou a enfin mis au point un sérum, concentré de nanobots, qui doit le rendre invulnérable. Malheureusement, quand la mégalomanie touche le personnage d’une nouvelle de science-fiction, on doit toujours craindre les ennuis au tournant… Ensuite, vient donc mon texte sur lequel je m’attarde dans un autre post que celui-ci. Il est très agréablement suivi par Solveig Kulik, nouvelle débarquée qui mérite le détour avec son automate qui voulait devenir un humain. Ambiance plutôt « steampunk » cette fois, dans un XIXe siècle où pantins de bois et poupées de porcelaine n’ont rien à envier aux robots modernes. Un conte touchant, mais un peu cruel aussi. Jones Southeast est aussi un revenant, et c’est un monologue complètement délirant qui nous est servi à travers un narrateur un peu trop accro aux substances psychotropes, alcools et aux possibilités infinies de la technologie.

Retour au XIXe siècle avec Fanny Angoulevant qui nous emmène dans l’Angleterre Victorienne la plus convenue possible pour y faire atterrir une androïd perdue dans la timeline. Le ton passe progressivement de la romance à l’horreur et vu mon « amour » (très limité) pour ce qui touche au victorien, je ne peux qu’être interpellée. Je ne sais pas si c’est volontaire, mais le thème du robot créé pour incarner la femme parfaite m’a beaucoup rappelé L’Eve-Future de Villiers de l’Isle-Adam, comme la suite et les conséquences de l’expérience manquée – et déjà assez terrifiante – de ce roman. Plus sympathique, le robot de Frédéric Darriet, s’occupe de rescapés d’un univers post-apocalyptique et se prend d’amitié pour une petite fille.

Xavier-Marc Fleury propose d’une nouvelle d’anticipation sociale qui soulève aussi de nombreuses questions de fond. Nous voici dans un futur où il est possible de remplacer ses morts par des robots à leur image, en y transférant les souvenirs que gardent leurs proches d’eux. Evidemment, cette « mode » dérange et provoque de lourdes oppositions de la part de pro-humains. En fait, j’ai trouvé l’idée si passionnante que j’ai été un peu déçue du traitement très manichéen de la chose. Les pro-humains sont assimilés à des conservateurs du genre FN alors que je trouve pourtant difficile d’être du côté d’une société qui nie le deuil avec des machines. Ceci dit, ça donne à réfléchir, tout en présentant une jolie histoire et c’est bien le principal. Lilie Bagage nous montre comment un robot peut progressivement gagner une identité humaine et pour finir ce tour (plutôt long au final) Julien Chatillon-Fauchez entraîne le lecteur dans une jungle isolée où vit depuis des siècles un immense robot octopus qui a fuit les hommes pour ne pas finir démantelé. Sur ses traces, une journaliste au chômage va découvrir bien plus que sa curiosité ne l’espérait. La nouvelle clot le recueil avec quelques réflexions philosophiques et, surtout, une fin apaisée, véritable réconciliation entre l’homme et la machine, ce qui ne semblait pas toujours évident pendant ce voyage !

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Les Luciférines, 1 an après

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VECTORISATION LOGOBien des choses se sont passées depuis la création de ce blog, au point où j’en ai même finalement oublié de vous tenir informés de mes actualités. L’année dernière, je publiais un article pour vous raconter les débuts des éditions Luciférines, l’histoire de ma première publication. Depuis, après les stages en édition, un déménagement à Paris et un rôle d’éditrice qui s’affirme un peu plus chaque mois, il est devenu délicat de tenir ce blog à jour avec un pseudonyme. Je commence à réfléchir à une refonte. En attendant, puisque j’ai fait mes premiers pas sur cette adresse, le moment est venu de faire un petit bilan.

Comment devient-on éditeur…
Quand on parle d’édition, être à la tête d’une structure est tout de suite un grand rêve inaccessible et, surtout, complètement insensé. En intégrant mon M2 édition à Rennes en 2012, je ne pensais pas du tout m’embarquer dans un tel projet. L’idée me semblait (à raison) trop précaire, et je voyais bien assez de maisons en librairie ou sur le web pour alourdir la liste d’une nouvelle marque. Cependant, il fallait un projet d’année, et deux livres aboutis à présenter aux enseignants. Je me suis lancée sans vraiment avoir le choix en décidant de me faire le plus plaisir possible. L’idée d’un petit livre sur la culture gothique est venue tout naturellement, en hommage à un monde que je fréquente depuis mes quatorze ans. Créer une ligne éditoriale horreur fut un peu moins évident puisque je songeais d’abord à me tourner vers des textes transgressifs moins orientés imaginaire. Au final, tout s’est très bien rejoint.

Très vite, il m’a semblé impossible de créer un livre pour un exercice. J’avais à mes côtés deux auteurs passionnés (Chris Vilhelm et Guillaume Hantz) et Tim, un dessinateur de blog bd qui a bien voulu me faire confiance, même si je venais de surgir de nulle part avec mon petit projet d’étudiante encore hésitante. La première chose qui comptait était de ne pas les décevoir. Alors, au fil des semaines, l’idée de porter ce livre le plus loin possible s’est renforcée. Le nom des Luciférines est arrivé après de longues et pénibles recherches (la partie la plus dure, la plus décisive aussi), puis un site, un facebook, un tirage ambitieux, des libraires accueillants et plusieurs salons que Chris et Guillaume ont contacté eux-mêmes en véritables professionnels. Leur motivation a énormément joué. Deux autres personnes ont eu une grande importance en souterrain, Benjamin qui s’est occupé du graphisme et Daniel qui a cru en moi et m’a aidée à maîtriser l’interface et la communication web. Il y a bien sûr eu la famille qui a soutenu mes idées avec enthousiasme sans me prendre pour une allumée (à moins qu’ils ne se soient déjà faits à l’idée).

nouvelles peaux arrivage 1Le premier livre terminé, il m’a fallu passer très rapidement au second projet (à présenter à l’oral de fin d’année), un recueil de nouvelles dédiées à Edgar Poe et destiné à donner aux Luciférines un ton plus « horreur ». J’ai dû chercher d’autres auteurs, avec de l’expérience si possible. Quand on a passé les dernières années de sa vie à l’université de lettres, en compagnie d’écrivains morts, autant dire qu’on se sent très vite perdu. J’ai tenté quelques noms familiers, ce qui m’a amené à rencontrer Ayerdhal, qui m’a conseillé Morgane Caussarieu, qui m’a soufflé d’autres noms… Le fil était tiré pour une anthologie à laquelle se sont ajoutés les gagnants d’un appel à textes. J’ai même fini par signer une nouvelle sous le pseudonyme que vous connaissez bien. Gérer 9 auteurs n’a pas toujours été très simple mais, une fois de plus, la motivation de chacun a été déterminante pour aller au bout.

Apprendre sur le tas n’est pas toujours facile, ce qui a finalement repoussé la sortie du livre au mois de mai. En attendant, j’ai pu faire quelques salons avec mon guide gothique, rencontrer les nouveaux collègues, comme Malpertuis, La Madolière, Les Artistes Fous Associés, Trash, L’Homme sans nom, La guilde d’Altaride, … Bref, tout un monde dont il aurait été bien dommage de manquer les projets.

Aujourd’hui, Nouvelles Peaux est arrivé avec, pour le fêter, une soirée spéciale à La Cantada avec La Compagnie des Bons à Rien qui m’a surprise en adaptant mon texte (Ils iront tous à la morgue) en pièce de théâtre. Il y a deux semaines, Les Luciférines avaient leur stand à Geekopolis. Tout n’est pas encore au top niveau, mais Les Luciférines sont en progrès et ont bien l’intention de s’améliorer avec pas moins de trois nouveaux projets qui seront bientôt annoncés sur le site. Tant que les choses se présentent bien, aucune raison de s’arrêter !

Le choix d’un pseudo
On me pose parfois la question et je profite de l’article pour y répondre ici. Quand j’ai créé ce blog, je voulais présenter quelques textes personnels et ne savait pas très bien comment m’y prendre. Prendre une url à mon nom me semblait quelque peu exagéré étant donné mon absence totale de bibliographie. Je voulais aussi m’amuser à chroniquer quelques livres et n’avait pas tellement envie d’être identifiable par ma promotion ou mes enseignants. J’ai conservé « Unity Eiden » pour la nouvelle de mon anthologie afin de ne pas mêler trop directement édition et écriture. Cependant, maintenant que Nouvelles Peaux est sorti je me rends compte que cette double identité est vite assez ennuyeuse à tenir. Dans l’immédiat, j’ignore quel sera mon choix définitif. J’attends la prochaine opportunité de publication pour me décider.

04Je ne sais pas encore ce qu’il adviendra de ce blog, mais j’espère vous retrouver très bientôt pour d’autres bonnes nouvelles ! Dans tous les cas, le printemps est loin d’être terminé pour Les Luciférines puisqu’un stand sera tenu par Chris Vilhelm au Booldy Week-end en ce moment même et que je serai aux GeekFaëries la semaine prochaine. N’hésitez donc pas à suivre l’actualité sur le Site Web, le Twitter, ou le Facebook et un grand merci à tous ceux qui soutiennent le projet en achetant les livres ou, tout simplement, en prenant le temps de venir discuter sur le stand pendant les salons.

 

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Histoire d’une première publication

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livres reçusArrivé depuis une quinzaine de jours, mon premier livre en tant qu’éditeur, Une culture de l’ombre, à la rencontre des gothiques, me demande beaucoup d’attention et m’a complètement écartée de mes « critiques littéraires ». Entre la communication à assurer et mon déménagement, j’ai assez peu de temps pour mettre le nez dans un roman. Pour une fois, je vous parlerai donc plus concrètement de mes premières expériences dans l’édition. Toutes les coulisses de ma publication sont à vous !

Un premier livre

Mai fut un mois particulièrement stressant. Emballés par la sortie prochaine de leur premier livre, mes auteurs (Guillaume et Chris) avaient commencé à chercher des salons. Seulement, les dates étaient sans compter les retards de livraison et, quand les cartons n’arrivent pas, rien à faire, l’événement est fichu… à un jour près. Mais cette petite déception a bien vite été oubliée grâce à deux dédicaces réjouissantes et une table ronde que j’ai pu donner dans une librairie de Rennes (Planète Io).

Quand on crée un livre de ce type, une question inévitable se pose : va-t-il rencontrer son public ? Les premiers retours sont très encourageants. A Planète Io, un véritable dialogue intergénérationnel s’est créé autour du titre, l’occasion pour les parents de trouver enfin des réponses à leurs questions, et aux plus jeunes issus de milieux alternatifs de partager leur expérience, rapport à la société, à leur scène musicale. La bonne surprise a même été de voir des personnes issues du black metal réaliser qu’ils connaissaient finalement très mal leurs autres « cousins sombres » et se trouver des groupes en commun. Avec un lectorat très varié, A la rencontre des gothiques a permis la réunion de profils différents et l’ouverture d’un débat qui a largement dépassé la thématique gothique.

Pour juin, d’autres dates s’annoncent. Tim (le dessinateur) était en dédicaces au festival de la BD de Lyon ce week-end, les auteurs retrouveront le public à la bourse aux disques de Longwy (54) le 23 et au festival du film fantastique d’Audincourt du 28 au 30.
J’ai de mon côté commencé la rencontre des libraires et autres commerçants pour y déposer quelques exemplaires. De très bons contacts, toujours (à une petite exception près disons). Dans l’immédiat, le titre est en vente à Rennes dans deux librairies, un bar culturel et un disquaire alternatif. J’ai tenté quelques lieux plus « inattendus » pour garder l’esprit très accessible du livre. L’autre ville est Pau puisque j’y passe quelques jours en vacances. Deux librairies ont accueilli la publication, dont une de manga – ce qui rejoint le petit bémol de ma parenthèse. A l’origine, je m’étais adressée à une boutique de bandes dessinées puisque je me sens plus proche des créateurs occidentaux dans ce genre et que le dessinateur du livre est clairement de ce monde. J’ai été assez froidement envoyée à côté parce que « non, non, il n’y a pas de gothiques chez moi, ce sont les petits jeunes qui lisent des mangas. » Autant dire que je l’ai un peu mal pris, mais j’ai laissé une chance aux lecteurs de mangas. Pourquoi pas après tout ? La seconde librairie (générale cette fois) s’est montrée beaucoup plus intéressée, et même renseignée. D’une manière générale, je suis vraiment heureuse de profiter de la sortie de ce livre pour découvrir un tas de libraires qui font de leur mieux pour animer leur commerce et lui donner une belle identité.

Relation avec les auteurs, second projet

Le dialogue auteur/éditeur n’est pas toujours simple mais, sur ce premier projet, j’ai eu la chance de travailler avec trois personnes très agréables et pleines de talent. L’aventure continue d’ailleurs puisque chacun y met un peu du sien pour aider à la diffusion du livre. Je ne les remercierai jamais assez pour leur travail et leur investissement. Tim a même fait une page de présentation qui a la classe !
Pour mon deuxième projet, d’autres rencontres, toutes aussi réjouissantes, sont en train de se faire. Une seconde publication sera prévue pour octobre. Toujours dans le cadre de mes études, elle me permettra avant tout de présenter concrètement mon projet d’année qui est de créer une maison d’édition « fictive ». Son nom, Les Luciférines. Je vous invite donc à découvrir le projet sur le site internet (http://editionsluciferines.com/) où vous pourrez commander le premier livre, trouver plus de détails sur les librairies “amies” et aussi participer à un concours de nouvelles qui permettra l’édition de textes dans un recueil dédié à l’univers d’Edgar Allan Poe, une sortie qui, je l’espère, de permettre la survie associative de cette maison naissante.
La suite très bientôt !

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Une nouvelle, un concours affligeant

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Quatre pages pour un concours de nouvelles, c’est une chose qui se tente. Lorsque j’ai entendu parler d’un concours universitaire, j’avais déjà une vague idée du type de textes qui allait gagner mais, sait-on jamais, une surprise pouvait peut-être voir le jour au milieu du pré-formatage ordinaire… Au pire, les résultats confirmeraient mes réserves sur ce genre de manifestation. Que pensez-vous qu’il arriva ?
Le thème, Babel, était riche, vaste. Les participants ont retenu la tour, je suppose que c’était déjà bien. Je n’ai pas écrit de nouvelle sentimentalo-larmoyante pour toucher la brave ménagère. J’ai évité les affectations de style à coup de langage parlé mal maîtrisé, ponctuation aléatoire et vocabulaire simpliste. Trop pour permettre un quelconque développement. Je n’ai pas repris un mythe antique connu pour flatter les références culturelles du lecteur, qu’importe les fautes de syntaxe et autres lourdeurs. J’ai évité le coup trop classique du « ce n’est qu’un rêve ! », et de jouer sur les sujets de société qui plaisent, histoire de me donner un air engagé.

Comme vous pouvez-vous en douter, je n’avais pas mis grand-chose dans ma poche pour gagner. Mais, tout de même, comme l’a dit un ami concurrent, le sentiment d’humiliation est peut-être plus terrible lorsque l’on perd face à des adversaires qu’on ne peut admirer.
Plus désabusée que lui, je réfléchis encore et toujours à l’état déplorable de littérature. Le mauvais goût, acceptable, touchant, pour un jury d’amateurs pleins de bonnes intentions, ne l’est plus pour des enseignants de faculté. J’espérais trouver un peu plus de rigueur. Le fond ? La maîtrise des mots ? L’originalité ? Critères secondaires semble-t-il.

Le jury annonce ravi que la première place a été attribuée à l’unanimité cette année. Ils ont trouvé, peut-être, une future Anna Gavalda, en plus mauvais. C’est bien. On peut donc consacrer sa vie à la grande littérature du XIXe, et encourager cela. A ce niveau, il semble que l’on puisse également se permettre de distribuer un volume relié du concours en gardant les fautes des auteurs… Quatre nouvelles de quatre pages, l’effort de relecture était-il donc si difficile ? Belle image pour l’université.
Mais la plaisanterie ne s’arrête pas là. Une chose, surtout, m’avait poussé à venir à la remise des prix : une comédienne devait lire des bouts choisis des textes de chacun. J’étais curieuse d’entendre, pour la première fois, une lecture d’un de mes textes… Hélas, je crains qu’elle ne résonne à jamais dans ma pauvre tête, pour massacrer un peu plus le passage élu. Une comédienne, dites-vous ? J’ignorais que sur-jouer était un signe de talent. Je passerai sur les mimiques ridicules, la fausse émotion, nos envies de rires et nos regards en coin désespérés. Pourquoi cette brave dame s’infligeait-elle cela ? Je regrette de ne pas avoir écrit une suite de choses abominables.

Une heure perdue. On ne m’y reprendra plus… Sauf si un thème m’inspire, car je suis aussi heureuse de vous présenter une courte nouvelle de science-fiction sur un mythe de Babel inversé. Le projet me tenait à cœur et j’espère en faire dans le futur quelque chose de plus abouti.
Je vous invite à lire REMISE A ZERO

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Dernière ligne droite !

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Vous l’aurez sans doute remarqué, ce blog est entré en sommeil depuis une quinzaine de jours. Avec un mois chargé comme celui-là, toutes les activités qui ne concernent pas mon master se doivent, hélas, d’être mises entre parenthèses. Néanmoins – que l’on se rassure – je reviendrai certainement la semaine prochaine et peux dès lors vous annoncer que les prochaines chroniques littéraires se concentreront sur des romans des années 2000.

Je profite en attendant de ce court billet pour vous tenir au courant des dernières évolutions dans mes projets. La maquette du livre sur la culture gothique est quasiment terminée et devrait finir chez l’imprimeur à la fin de la semaine. Le livre fera tout au plus 100 pages. Il sera bientôt disponible sur internet et vous pourrez rencontrer les auteurs à l’occasion de quelques événements dont je vous parlerai plus en détails plus tard. En tout cas, cette petite aventure ne fait que commencer !

Toute mon énergie est actuellement portée sur l’écriture de la biographie de mon « célèbre inconnu » Fabrice Delphi dont j’ai chroniqué l’un des livres un peu plus tôt (L’Araignée rouge). Pas simple de faire un travail aussi sérieux avec un projet de livre à côté. Les 35 000 signes demandés par mon master s’écoulent dans l’urgence, alors j’espère ne pas écrire de grosses bêtises historiques sur cette contrainte. En tout cas, je fais de mon mieux pour coller à mon texte et explorer au plus prêt le Paris des décadents de la Belle Epoque. Je ne sais si le résultat sera intéressant, mais pouvoir affiner mes connaissances sur cette période et avoir un prétexte pour lire un peu plus de Huysmans et de Villiers de l’Isle-Adam est toujours un plaisir.

IMG00130-20130312-2112Je vous parlais la dernière fois de ma contribution au journal des étudiants de Lettres, L’Effeuillé. Le dernier numéro est paru la semaine dernière avec, pour ce mois, un dossier spécial Japon ! Je vous laisse regarder son visuel ainsi que la couverture du numéro précédent qui était consacré à la fantasy. Pour rester dans le thème japonais tout en parlant d’un auteur que j’aime (malheureusement, je suis au niveau zéro en ce qui concerne la littérature orientale) je me suis servie de l’expérience de J. G. Ballard dans les camps de prisonniers à Shangaï pour écrire un article qui se rapproche de ma chronique consacrée à Sécheresse (Donc, pas la peine de vous la remettre ici).
Le prochain numéro sera consacré à la cyber-littérature. Article à paraître sur l’évolution de la critique littéraire sur internet !

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Première page de l’article sur Gormenghast

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Article Ballard page 1

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Article Ballard Page 2

 

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Une culture de l’ombre : à la rencontre des gothiques

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Pour valider mon Master, je devais réaliser un livre, c’est-à-dire, trouver auteur, illustrateur, graphiste, imprimeur, suivre un ouvrage étapes par étapes. Le sujet était libre, j’ai fait le choix d’une publication sur la culture gothique et, bonne nouvelle, vous pourrez vous la procurer très prochainement [edit juin : il est désormais disponible ici]. Je profite de ce billet pour vous donner un aperçu plus précis de son contenu et présenter chaque intervenant.

Le projet : Une culture de l’ombre, à la rencontre des gothiques

Goth batcave par Tim.

Goth batcave par Tim.

Il n’est jamais simple de parler de la culture gothique, plus nébuleuse et nuancée que le mouvement punk, toujours à la croisée des chemins, à la fois proche et éloignée des autres clans de l’underground. C’est une toile dans laquelle on se perd très vite et, comme c’est une partie de mon univers, j’ai toujours bien du mal à l’expliquer aux gens qui s’interrogent sur mes goûts. Les clichés ont la vie très dure, les reportages des médias les entretiennent régulièrement, et les ouvrages spécialisés ont le défaut de s’adresser avant tout aux initiés, à commencer par leur prix qui découragera vite les simples curieux.
Une culture de l’ombre : A la rencontre des gothiques est donc né de la volonté de publier un livre tout public sur les gothiques, écrit par des gothiques. Nous voulons répondre à tous les curieux, donner quelques clés aux petits nouveaux et satisfaire un public qui pourra retrouver son univers familier. En une centaine de pages, l’ouvrage se propose de faire le tour de la question : différents genres musicaux, évolution de la scène, amitiés partagées avec punks et métaleux, thèmes de prédilection, littérature et arts, … Les auteurs s’appliquent à contredire chaque idée préconçue, à valoriser un mouvement qui privilégie avant toute chose la musique et la culture.
Pourquoi cet intérêt pour la mort ? Que dire des groupes qui revendiquent un style nazi chic ? A partir de quel moment artistes et auteurs intéressent-ils les gothiques ? En mettant toutes ces questions en lumière, le livre montre comment, au lieu d’imposer un style uniforme au mouvement – ceci n’est qu’un mythe – ce milieu se nourrit de toutes sortes d’influences.

Les auteurs

Pas facile de trouver des personnes motivées par l’écriture bénévole d’une œuvre de commande. Il fallait des gens assez passionnés pour donner de leur temps et s’approprier une partie du projet. Je leur ai laissé la parole avec un grand plaisir, en y mettant ma main de temps en temps, pour que se confondent dans ce livre les sensibilités de trois personnes différentes, toutes proches à leur façon des scènes ténébreuses.

Guillaume Hantz
Ma rencontre avec Guillaume s’est faite un an plus tôt, pendant la Metal Ride de Nancy (un petit festival consacré au Métal). A ce moment, il venait de créer une association gothique pour organiser des soirées dans les Vosges et soutenir de jeunes artistes : Luna prod. Nous avons gardé contact, et il m’était tout naturel de lui proposer cette aventure. Je ne sais si l’idée du petit livre gothique aurait pu voir le jour sans lui, tant il est rare de trouver des personnes prêtes à s’investir jusqu’au bout malgré la charge du travail et le stress des délais à tenir (et autant dire que nous sommes en plein dedans). Guillaume est aussi l’auteur d’un recueil de poèmes, le chanteur du groupe de métal Deadly Sins, et animateur de L’antre goth art, une émission radio dédiée à la culture gothique et métal sur RCN Nancy tous les mercredis à 22h. Si vous souhaitez y prêter une oreille, certaines émissions sont disponibles en podcast.

Chris Vilhelm
Créatrice de L’Antre goth art, Chris nous a rejoints rapidement pour un livre écrit à quatre mains. Auteur amateur, elle est aussi artiste peintre. Gothique de la première heure, elle nous a principalement fait profiter de ses connaissances dans les arts, la mode, les domaines fantastiques et ésotériques.

 L’Illustrateur

Par Tim.

Par Tim.

Le choix graphique était d’importance. Entre la photographie ou le dessin, le dessin l’a finalement emporté. Je voulais éviter la froideur de clichés en noir et blanc trop estampillés « goths » ou « sérieux ». Suivre la mode des portraits de rue était une possibilité, mais c’était prendre le risque d’un livre que l’on feuillette surtout pour s’amuser du style vestimentaire des gens… De toute façon, le livre n’est pas là pour montrer du goth à la M6, avec tout dans le paraître et rien dans la tête. Le dessin a un côté plus chaleureux, plus communicatif. Il permet de donner au livre de la personnalité et de continuer à défendre une image différente. Pas de ‘corbeaux’ exubérants ni de sépultures, mais des dessins pour faire entrer le lecteur dans un autre univers, celui d’un artiste pas franchement goth (eh oui !).

 

Tim
Comme je l’avais mentionné lors d’un prédécent article, Tim, auteur du site et de la page facebook jesuisgothique a participé au projet. Même s’il s’est un peu détourné de cet univers pour se lancer dans le blog BD en développant un style poétique et coloré, Tim revient ici aux origines de ses premiers succès internet. L’identité visuelle est une chose importante, je voulais qu’elle soit forte et puisse parler à tout le monde. Faire intervenir un dessinateur à la fois extérieur au monde dark et capable de le comprendre était un bon moyen de surprendre et, je l’espère, d’attirer plus volontiers des personnes qui n’auraient jamais songé lire un ouvrage consacré à la culture gothique. C’est donc tout en finesse et légèreté que Tim tire le portrait des artistes underground à sa façon. Un regard unique sur Robert Smith ou encore Boyd Rice.

Le graphiste

A l’origine, je devais m’occuper de la mise en page toute seule, mais j’ai finalement pu confier le travail à Dallas, étudiant en graphisme à l’ESAD d’Orléans. Vous pouvez retrouver ses travaux sur dallasisnotmyname.

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Festival de la BD à Angoulême, édition 2013

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Lorsqu’on m’a proposé de faire un tour au festival d’Angoulême, ma première réponse fut un « non ». Trop loin, trop cher, pas assez d’intérêt pour la Bande Dessinée franco-belge. La curiosité m’a finalement fait céder. Qui sait, j’allais peut-être découvrir des choses folles, passer un moment génial et risquer de m’en mordre les doigts les mois suivants en écoutant les anecdotes de mes amis…

Les rues d'Angoulême.

Les rues d’Angoulême.

Vendredi
Me voilà donc en route vendredi matin à l’arrière d’un co-voiturage avec un autre passager dont la discussion m’enchante. Pendant quatre heures, nous n’avons pas cessé de parler d’écriture, de littérature, de comics, … Le festival s’amorçait avant l’heure, et notre conducteur se retrouvait avec deux drôles de passionnés à son bord.
Le temps est gris à Angoulême. La pluie nous a suivi de Bretagne, elle battra le pavé jusqu’au soir. J’échange mon numéro de téléphone avec mon « nouvel ami », et je m’en vais retrouver mon petit groupe, arrivé plus tôt dans la matinée. Ils sont tous quatre déjà chargés de sacs et de petites histoires après un détour chez les auteurs indépendants.
Sans suivre de programme particulier, nous avons essayé d’en voir le plus possible. La ville semble grande pour des touristes mais, après quelques errances, on s’y retrouve assez vite. Cette première journée (ou devrais-je dire après-midi) nous a permis de prendre quelques marques. Le chapiteau des jeunes talents nous a abrités le temps d’une grosse averse. J’y ai découvert les planches de bd d’un certain nombre d’auteurs du web, avant de m’attarder plus particulièrement sur les travaux réalisés par les enfants… qui restent les créations les plus étranges de tout ce que nous avons pu voir ! Constatez par vous même sur esprit BD.
IMG00101-20130203-1325En face, « La maison du rock » présentait de vraies fausses affiches de films en version série b. Du côté des collectionneurs, la bande dessinée d’occasion et les produits dérivés étaient rois. Manque de chance, je connaissais les titres de très loin et mon porte-monnaie me soufflait de toute façon que je n’avais pas du tout envie d’en savoir plus. Le problème du festival pour un étudiant, c’est qu’il est déjà ruiné quand il passe l’entrée. Seul le chapiteau consacré aux comics a su me parler, mais ce n’était pas franchement le sujet. Comme beaucoup de monde, nous n’avons pas pu résister à la tentation de poser aux côtés d’Avengers grandeur nature.
Déjà presque 19h et nous sommes loin d’avoir fait le tour ! J’ai traversé le chapiteau principal – celui des grands éditeurs – assez vite, par manque de temps et de réel intérêt pour les sujets. La journée s’est conclue par la visite du Off, qui restait ouvert un peu plus tard que les autres. C’est tout de suite une autre dimension. Le lieu est plus sombre, des canettes de bière s’entassent un peu partout, au milieu des bandes dessinées des stands, et une musique psychédélique bat la mesure. Ici, personne ne veut se prendre au sérieux, le n’importe quoi est assumé, les dessins et sujets sont ouvertement trash, enroulés de bandeaux « prix Goncourt » et autres farces de ce goût là. Après, c’est un peu trop dans les délires d’étudiants de beaux-arts pour moi… Pas ce qui m’accroche le plus au-delà de l’ambiance.

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Là où se trouvait l’étrange DVD.

Le soir, tout le monde est bien fatigué, mais le festival, c’est aussi l’occasion de se retrouver entre amis en se déconnectant du quotidien, et donc de fêter un peu. L’un de nous avait acheté un film étrange ce jour-là, Villemole 81, par un certain Winshluss. Après quelques bières et verres de vin, ce film à petit budget, aussi absurde que débile, nous gagne si bien que tout le monde parle en même temps en se contentant des images. Nous n’entendons plus rien, et que les scènes qui défilent devant nos yeux sont déjà assez folles. La première partie n’est qu’une vaste blague pour se moquer gentiment des mairies et du comité des fêtes des villages du sud-ouest. Les habitants essayent de faire connaître leur commune en organisant une reconstitution historique complètement ridicule et arrosée par de la sangria (il va de soit que l’on boit beaucoup). La parodie de strip tease n’est pas très loin, une soucoupe en bois posée dans un champ fait un clin d’œil évident à l’émission. La deuxième partie se transforme en invasion zombis, mais plus personne ne suivait à ce moment là donc je ne pourrai en dire plus. Il faudra que je regarde plus attentivement cette étrangeté !

Samedi

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Derrière les gens, les stands sont bien cachés.

 Premier constat en arrivant, l’affluence a doublée. Les rues sont noires, l’accès au chapiteau principal est impossible à moins d’être motivé pour 3h de queue dans le froid et le vent (car après la pluie, nous avions la tempête). Nous renonçons à toute idée d’y entrer pour nous réfugier chez les auteurs indés. Là-bas, le monde rend l’accès aux stands difficile, mais, au prix de quelques bousculades, il devient possible de voir des choses intéressantes, comme des auteurs de comics français, un phénomène dont j’ignorais l’existence sérieuse, et je n’ai pas vraiment essayé d’en savoir plus dans l’immédiat. Je me suis contentée de prendre un petit livre avec des extraits de leurs séries, mais ça n’a pas l’air très fou. Les quelques pages donnaient surtout l’impression de pâles copies américaines, dans un style graphique assez peu marquant, mais il paraît que cet ‘underground’ du comic à la française est déjà une longue tradition.
Chaque stand se démarque en tout cas par une personnalité assez marquée, et c’est agréable. L’un d’eux est occupé par des métalleux qui nous tendent des autocollants « Gloire à Satan ! Que les anti-IVG et anti-homo crèvent dans d’horribles souffrances ! » en nous expliquant qu’ils les ont pressés à l’annonce des manifestations contre le mariage gay qui avaient lieu un peu partout en France ce week-end-là. Ils nous recommandent de les coller sur la tête des réactionnaires égarés que nous pourrions croiser. Sympathique idée. Je m’en fais une petite réserve, non pour agresser des personnes dans la rue avec, mais parce que les accessoires dédiés au trolling ne se refusent jamais.

IMG00077-20130202-1546De retour sur le stand des comics, je cède tout de même à l’achat d’un one shot de X-force (Sexe + violence) parce que j’avais prévu de l’acheter de toute façon, et qu’on m’offrait une jaquette spéciale si je le faisais (j’aime bien les cadeaux). J’avais d’ailleurs essayé la veille de vendre la série x-force à l’une des personnes qui m’accompagnait, en lui disant combien cette série était plus cool que x-men si elle voulait de bons titres pour mieux découvrir cet univers. Hélas, les dessins l’ont un peu effrayée je le crains, trop trashs pour elle. Ah… Le dessinateur, Gabriele Del’Otto, était en dédicace à ce moment là, mais comme je débarquais juste, je n’avais encore rien compris au système des dédicaces, et je n’ai donc pas pu en avoir. Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas du tout habitués aux festivals de BD, il fallait en fait s’inscrire 1h avant l’arrivée de l’artiste et croiser les doigts pour être sélectionné par un tirage au sort. Bref, une prochaine fois peut-être. A dire vrai, tous ces noms inconnus m’égaraient tant que je me suis assez mal organisée pour ce festival.
A 18h, je quitte les lieux pour la gare, et là, chose très insolite (mais aussi très plaisante) tout le monde lisait des bandes dessinées en attendant le train. Même chose sur le trajet. Pas un seul roman ni ordinateur en vue. La soirée se passe chez des amis à Limoges pour moi.

Dimanche
La foule est beaucoup plus clairsemée qu’hier, et le soleil est là (enfin !) par contre, mes amis se sont lassés et je retrouve donc mon pote co-voitureur et sa bande, vaguement lassés aussi. Je n’ai fait qu’un tour dans le chapiteau des collectionneurs. Mis à part un asiatique qui a essayé de nous donner un cours de lancer de pokeball sur le stand des goodies japonais, rien de particulier à noter.
Certains s’étonneront peut-être de ne pas avoir lu une seule fois le nom de Frenchnerd, qui était l’un des invités vedette. Vu l’affluence de samedi, et avec tout ce qu’il y avait à faire sur ce festival, je n’avais pas eu l’occasion de les voir. Heureusement, cette déconvenue a été rattrapée par le plus grand des hasards puisque nous sommes tombés sur François Descraques et Lénie Cherino en entrant dans un petit restaurant loin de la foule. On leur fait signe de loin, avant de prendre place à une table juste derrière eux. Ce n’est pas grand-chose, certes, car il n’était pas question de faire les fans gentils mais lourds, ceci dit, ça reste une petite satisfaction, surtout quand on se prépare à partir sans les avoir vus une seule fois.

Sur la table du restaurant.

Sur la table du restaurant

Bilan
Ce festival est vaste et assez fatiguant ! Je repars contente, mais avec l’impression d’avoir manqué un tas de choses. Le programme a le défaut d’être à la fois riche et confus… A moins d’être présent les quatre jours du matin au soir, il faut faire un choix entre les événements et dédicaces ou la visite. Pour moi, la visite aura primé. Je n’en ressors pas plus passionnée de BD franco-belge qu’avant, mais une voix me rappelle qu’il faudrait tout de même que je me familiarise avec les séries devant lesquelles tout le monde est en admiration… C’est une chose prévue depuis longtemps, mais la bande dessinée demande un investissement que je ne peux me permettre alors que je fais déjà quelques concessions financières pour suivre un peu de comics. D’ailleurs, comme vous l’aurez constaté, c’est plutôt cet intérêt qui est resté pendant le festival. Mon regret est de ne pas avoir préparé plus sérieusement ce voyage et m’être laissée dépassée par un trop plein d’activités. Je connaissais des titres, mais pas le nom des auteurs, ce qui pose problème lorsqu’on doit sélectionner des conférences ou chercher des dédicaces. C’était une façon assez directe d’entrer dans un monde encore assez mal connu finalement, et donc, rien de tel pour maîtriser parfaitement le prochain festival du genre auquel je pourrai me rendre !

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De retour chez soi…

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Nouvelle SF, livre sur les gothiques, article, biographie et projets en tout genres

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Mes publications se raréfient ces derniers temps, et pour cause, depuis le début de l’année, je n’ai pas vraiment l’occasion de me reposer. Pour tout dire, voilà une semaine que je n’ai pas ouvert un seul livre, et – là ça devient tragique – le x-men universe de décembre n’a toujours pas quitté mon sac.

Peu après le nouvel an, j’achevais un dossier pour un cours sur la littérature et l’Histoire. J’ai pris les années folles et la génération d’après-guerre : Les heureux et les damnés de Fitzgerald, Chéri/La fin de chéri de Colette, et Ces corps vils d’Evelyn Waugh… Mais finalement, j’avais surtout envie de parler d’Evelyn Waugh. J’en profiterai pour lui dédier un article dans la semaine.

L’université de Rennes organisait aussi un concours de nouvelles sur le thème de Babel. 15 000 signes à rendre pour le 14 janvier. En le découvrant le mois dernier je me suis dit qu’il serait trop bête de ne pas y participer. Mais, à cause du dit dossier, je n’ai pu m’y mettre avant cette semaine. J’avais un tas d’idées, il m’a fallu faire très vite et très court, en gérant avec les soirées du week-end. Pas sûr que ça ait du succès, néanmoins, je tenais à aller au bout de ma démarche pour respecter un pacte scellé avec moi-même en premier lieu, et aussi parce qu’à force d’y réfléchir, je pense sérieusement à utiliser cette nouvelle pour en faire la base d’un roman de SF. Quelque chose d’assez sérieux, qui pourrait aussi heurter la pensée actuelle (vraiment un pile ou face pour le concours à ce niveau). Je vous en parlerai un peu plus fin mars.

Pour être dans le concret, j’ai également proposé d’écrire un article pour le journal des étudiants de lettres de Rennes 2, L’Effeuillé. Ce mois-ci, le numéro porte sur la fantasy et c’est sans surprise que je me suis attachée à présenter la trilogie de Gormenghast. La revue sera prochainement dans tous les couloirs de la fac ! J’aimerais donner suite à cette expérience en février mais le thème est sur le Japon… Très franchement, je ne vois pas encore sur quel sujet m’épandre.

Cette semaine était également occupée par un stage en informatique organisé par mon master. Nous avons créé le site de notre projet commun où nous devrons tous écrire une biographie de 35 000 signes sur une personnalité oubliée du siècle dernier. J’ai choisi Delphi Fabrice, auteur de L’Araignée rouge, et je reconnais que, sur ce plan, je suis vraiment très en retard. Je crois que je me donne un peu trop de travail, je vais essayer de lui consacrer tout la deuxième moitié de ce mois.

Mais pour ce début de semaine, mon objectif est lire et annoter les quelques 33 pages que m’ont envoyé mes auteurs pour un projet d’édition qui se doit d’être achevé à la fin du mois de mars. J’ai choisi de ‘passer la commande’ d’un petit livre dédié à la culture gothique. « N’y en a-t-il pas assez ? » me diriez-vous ? Ah, les éditions Camion Noir et les Carnets Noirs ont déjà fait un super boulot pour les sujets de fond. Ici, le but sera plutôt de donner un panorama général, sans grande prise de tête, pour tous les curieux qui voudraient explorer ce monde au-delà des clichés. En plus, nous auront l’auteur de jesuisgothique.com pour l’illustration, et ça, c’est tout de même assez cool. Je vous en dirai un peu plus très prochainement car, de ce côté, les choses vont aller très vite. Donc à bientôt

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Participation à mon premier concours de nouvelles

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Hier, je suis allée poster une nouvelle pour mon tout premier concours. Je ne pensais pas oser le faire un jour et je suis plutôt heureuse d’être allée au bout de ma démarche.

L’inspiration m’avait complètement quittée avec mon Master de recherches. Entre les exposés et le simili mémoires à préparer, la partie imaginaire de mon cerveau refusait de s’activer. Néant total depuis janvier. J’ai songé pendant l’été à le réactiver, ce ne fut pas un grand succès, mis à part de vagues écrits pour du jeu de rôle (histoire de ne pas prendre de risques ni perdre la main).
Ce sont de vagues cours d’écriture en classe qui m’ont remotivée. Grâce à mes études, j’ai eu connaissances de quelques concours que je me suis laissée de côté, au cas ou, si jamais le thème m’inspirait une aventure… Les projets n’étant pas trop entamés en novembre, je pouvais bien me permettre une ou deux fantaisies personnelles.
Le sujet d’un concours de roman noir, en particulier, me tournait en tête. Une nouvelle avec l’obligation d’être sombre ? ça restait dans mon registre. Les consignes étaient assez libres pour ne pas contrarier ma créativité et me permettre d’utiliser mon texte futur en dehors de ce contexte.
Tout se précipita dans ma tête après un appel téléphonique de ma mère au sujet d’une veille tapisserie. Je tenais déjà les personnages et la fin de l’histoire.
Pour respecter les délais, je me suis imposée une page d’écriture presque tous les soirs, ce qui représente environ 2h de travail pour moi.
Il y a eu des doutes comme toujours, la crainte de ne pas être à la hauteur du projet, de ne pas être capable de respecter le nombre minimal de pages (bien heureusement dépassé !). Puis, au bout du compte, vient le moment de conclure et les grandes hésitations. J’avais une fin en tête dès la première phrase. Sur le coup, elle m’a semblée trop brutale. J’ai voulu en dire un peu plus, le résultat recevait des avis mitigés. Après de longues tergiversations, je suis donc revenue à mon idée initiale, preuve qu’il ne faut jamais contrarier son instinct !
Par souci de confidentialité, je ne peux malheureusement vous en dire plus pour l’instant. Contentez-vous de savoir que l’action principale se déroule dans un château. Les résultats arriveront au printemps, j’en donnerai un aperçu à ce moment (une éternité sur internet, je sais…).

D’ici-là, je vais m’atteler à la rubrique « Mes textes » et poursuivre d’autres projets qui s’écartent un peu du roman et de la nouvelle (impératifs universitaires obligent).